Nutrition

Les édulcorants

posted by Paléo Québec février 25, 2013 1 Comment
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Qu’est-ce qu’un édulcorant? Par définition, c’est une substance qui donne un goût sucré à un aliment, à une boisson, à un plat. Sans doute que le plus connu de ces édulcorants est l’infâme aspartame, que l’on voit ajoutée à des boissons gazeuses « diète ». Il en existe cependant un vaste éventail : le « splenda » (sucralose), le sirop d’agave, la saccharine…

Goût sucré

Vous n’êtes pas sans savoir qu’en suivant un mode de vie paléo, on privilégie la consommation d’aliments le moins transformés possible et qu’on cuisine nous-mêmes. Personne ne vous regardera dans l’oeil en vous disant « Les édulcorants sont paléo ». Le goût purement sucré que l’on a acquis en mangeant une diète nord-américaine est difficile à reproduire avec les aliments à notre disposition, mais ils sont si plaisants au goût! On désire renouer avec les goûts sucrés de temps en temps pour fêter un anniversaire avec une gâterie paléo, par exemple. Au niveau des sucres naturels, le miel et le sirop d’érable sont ceux qui viennent spontanément à l’esprit. Outre ceux-là, est-ce que les édulcorants artificiels sont « sécuritaires » ou non?

Édulcorants artificiels

Remarquons d’emblée que la raison pour laquelle certains édulcorants sont nommés « artificiels », c’est qu’ils peuvent avoir été chimiquement crées pour être des molécules qui ont un goût sucré, sans toutefois être des molécules avec une structure de glucides. Est-ce que cela vous rappelle une autre molécule dont on a parlé dans nos capsules vidéo? Les gras trans ont été transformés et sont peu assimilables par l’organisme et peuvent être stockés très longtemps dans nos corps. Nous en parlons ici. Toutefois, ne transférons pas directement cet état de fait des gras trans vers les molécules édulcorantes.

Aspartame et autres

Selon le Dr Peter Attia (lien ici), l’aspartame a été étudiée extensivement et aucun risque pour la santé n’y a été associé. Les autres édulcorants ont été moins étudiés, simplement parce qu’ils sont sont moins récents. Ils ne sont cependant pas associés à des troubles sévères de la santé, sauf chez certaines personnes – par exemple, quelqu’un souffrant de phénylcétonurie est incapable de métaboliser les molécule d’aspartame. Ainsi, ces molécules édulcorantes peuvent être très bien tolérées par 99.9% des gens, mais des gens à l’extérieur de la courbe standard pourraient ressentir des effets néfastes. On peut penser ici à des sulfites, ces agents de conservation que certaines personnes n’endurent pas du tout alors que d’autres les consomment sans problème.

Édulcorants et prise de poids

Une autre question valable est – est-ce que consommer des édulcorants fait prendre du poids? Il y a deux variables associées à cette question. La sécrétion d’insuline, qui est un marqueur de stockage de gras, a lieu lors de la consommation d’aliments sucrés. Les édulcorants font-il sécréter de l’insuline? Sinon, d’autres chercheurs ont émis l’hypothèse que la consommation d’édulcorants donne à notre cerveau l’impression qu’il consomme des calories sans vraiment en consommer, et que l’on mange une plus grande quantité de nourriture en conséquence.

Regardons l’insuline en premier, sujet que Mark Sisson de Mark’s Daily Apple a déjà abordé. Résultat : Niet. La consommation d’édulcorants n’a pas entraîné de variabilité dans la sécrétion d’insuline et lorsqu’elles ne sont pas conflictuelles, les études ne sont guère significatives.

Au niveau du cerveau, c’est un peu plus subtil. Le goût sucré aurait tendance à stimuler les régions du cerveau qui sont associées aux récompenses. On pourrait donc émettre l’hypothèse que consommer des édulcorants alors que l’on essaie de se débarasser de nos rages de sucre n’est pas la meilleure des idées. Selon cet article paru dans Neurosciences (2010), la réponse entre des aliments sucrés naturellement et artificiellement n’est pas exactement la même et même si le goût sucré est associé à une sécrétion de dopamine (hormone du bonheur = récompense), des rats préfèrent encore du sucrose (contenant des vraies calories) à un goût sucré artificiel.

Selon l’analyse du journal Neurosciences, on constate même que la consommation d’édulcorants est associée à un gain de poids ou à un maintien, mais jamais à une perte. Toutefois, rappelons-nous que l’étude épidémiologique analysée dans cet article permet de constater une corrélation, mais les corrélations n’impliquent pas la causation. Il est probable que des gens consommant des aliments édulcorés s’alimentent très mal au départ, occasionnant ce gain de poids.

Que retirer de tout cela? D’un part, nous avons vu que les risques à la santé semblent peu élevés, à moins d’être un cas spécial. D’autre part, il ne semble pas y avoir de sécrétion d’insuline ni de gain de poids individuel (mais de société, si).

Édulcorants naturels

Que dire des édulcorants plus « naturels », tels que le sirop d’agave, le miel et le sirop d’érable? Remarquons d’emblée que le sirop d’agave contient entre 70-80% de fructose vs glucose, du miel environ 55% et du sirop d’érable 50-50%. Rappellons que nous avons établi dans une précédente chronique que le fructose était une molécule idéale pour prendre du poids, en raison de la transformation de ce glucide en lipides dans le foie. Ainsi, on constate que le sirop d’agave n’est certes pas un produit idéal à consommer si on est en tentative de perte de poids. Le miel et le sirop d’érable sont marginalement meilleurs. Souvenez-vous que dans les temps plus ancestraux, le miel n’était disponible que lors d’occasions spéciales et qu’au prix de pas mal de piqûres. Maintenant que nous avons un accès raisonnable toute l’année à une variété de produits sucrés, notre goût pour le sucré nous trahit.

Conclusion

Donc, consommer des édulcorants? Si vous aimez les réponses pré-faites, vous n’allez pas aimer : ça dépend. Êtes-vous en train d’essayer de perdre du poids? Êtes-vous en train d’essayer de vaincre des rages de sucre? Si la réponse est oui, tentez d’éliminer les édulcorants de votre diète et de vérifier si vous atteignez l’effet désiré.

À la lumière de ces informations, si votre métabolisme est bien adapté, si vous êtes actif, si vous contrôlez bien votre consommation alimentaire, rien ne vous empêche d’ajouter des édulcorants à l’occasion – comme nous le disions plus haut, aux anniversaires et aux occasions spéciales.

Bonne consommation, mes hommes et femmes des cavernes!

Vincent

Références

http://coolinginflammation.blogspot.ca/2012/05/dr-oz-on-sweeteners-sugar-fructose.html

Do Artificial Sweeteners Cause an Insulin Spike?

On the Question of Sweeteners

http://www.voxxi.com/the-best-and-worst-sweeteners-you-can-have-in-your-pantry-health-diet-culinary/

What are the side effects of aspartame, stevia, and other sugar substitutes?

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2892765/

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Soyons nerds un peu! «Paléo Québec Paléo Québec mars 1, 2013 at 7:20 pm

[…] première étude va directement en lien avec des articles récents, “Les édulcorants” et “Le Sucre, une toxine?”. Il s’agit de “The Relation of Sugar to […]

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