Mythes

CRITIQUE : Gluten, il y a encore du travail à faire…

posted by Paléo Québec août 23, 2013 3 Comments
gluten paléo québec

Une lectrice nous à envoyé ce lien vers un article du Protégez-Vous décriant les diètes sans gluten. Vous nous connaissez, c’est difficile de rester impassible devant de telles affirmations. Voici donc ce que vous leur avons répondu :

Bonjour, j’aimerais réagir à votre article « Régime sans gluten: pas pour tout le monde ».

Votre article apporte plusieurs arguments qui sont incomplets et qui ne peuvent pas être excusés par la brièveté de l’article. Vous parlez 1) de monotonie 2) de densité nutritionnelle inférieure 3) de toxicité à la réintroduction et 4) du regain de poids.

Parlons d’abord de densité nutritionnelle. Les produits céréaliers contenant du gluten sont des sources de glucides, de vitamine B, de minéraux et de fibres. Saviez-vous qu’il n’existe pas de glucides essentiels? Contrairement à des acides gras essentiels (oméga-3, 6 et 9) et des acides aminés essentiels, aucun glucide n’est essentiel. De plus, les vitamines et les minéraux des produits céréaliers y sont car ces aliments sont fortifiés en nutriments. Autrement dit, ils n’y sont pas à l’état naturel : ça en dit long sur leur densité nutritive. Les vitamines B et les minéraux sont BEAUCOUP plus présents dans la viande que dans les produits céréaliers. Finalement, saviez-vous que les fruits et légumes sont une source sans gluten de fibres solubles et insolubles?

Autrement dit, en se privant de produits céréaliers et en les remplaçant par des aliments non transformés (viande, fruits, légumes, noix), on remplace des aliments moins denses en nutriments par des aliments plus riches en nutriments, et on ne se prive d’aucun nutriment essentiel.

Le nutritionniste cité dans votre article mentionnait la monotonie de l’alimentation sans gluten. Cela dépend du goût de chacun, évidemment, mais pensez à l’immense variété de fruits, de légumes, de viandes, de coupes de viandes, des huiles, des vinaigres, des épices et des modes de cuisson. C’est certainement possible d’être monotone – mais pas plus que dans une diète nord-américaine moyenne. Dans les deux cas, un peu de créativité brise la monotonie.

Vous parlez ensuite que quelqu’un qui réintroduit le gluten après s’en être privé est plus à risque de souffrir d’un « choc à la gliadine », que vous décrivez comme étant la partie « toxique du gluten ». C’est très probablement vrai. Le problème est que sachant cela… pourquoi s’alimenter de gluten en premier lieu si la gliadine est la portion toxique du gluten? C’est un non-sens, et il est beaucoup plus logique de s’en priver complètement. Imaginons que quelqu’un se privant de gluten complètement mange au restaurant et soit exposé à des traces de gluten (dans de la sauce soya, par exemple). Il reçoit une infime dose de la toxine par rapport à ce qu’il avait avant. Ce n’est pas une allergie ; cette personne aura peut-être de faibles symptômes au niveau du tract intestinal mais sans plus, car il ou elle n’est pas coeliaque.

Finalement, vous parlez de regain de poids. Le nutritionniste cité acquiesce que l’on perd du poids en suivant une diète sans gluten, que l’on regagne APRÈS avoir de nouveau adopté son ancien régime alimentaire. Encore une fois… pourquoi ne pas le maintenir? La perte de poids sera constante et se stabilisera éventuellement. De plus, la littérature scientifique commence à découvrir que la perte de poids n’est pas aussi simple que « dépensons plus de calories que nous en mangeons ». Cela fait fi de l’interaction des nutriments avec les différents systèmes de notre corps (système intestinal, hormonal et nerveux).

Je comprends que votre article était bref, mais il était également unilatéral et propageant de l’information incomplète. Toutefois, en suivant une diète de type « paléolithique » ou comprenant exclusivement des aliments non transformés, on obtient tous les bénéfices d’une alimentation sans gluten sans ses inconvénients.

Au plaisir,
Vincent Mandeville

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3 Comments

Dr Robert Vendittoli, d.c. août 23, 2013 at 4:36

Très bien répondu ; la médecine a changé de ton depuis quelques années au sujet des aliments, des vitamines et des diètes, mais elle a encore beaucoup de chemin à parcourir pour acquérir la rigueur nécessaire. Le meilleur exemple (venant d’un médecin) : « Nous ne pouvons divulguer ce que nous savons sur le lait de vache (fait pour les veaux, et non pour les humains), car l’économie en s’écraserait !

Au plaisir !

Dr Robert Vendittoli, d.c.

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Kim août 23, 2013 at 9:08

C’est fou de voir tous les arguments dépourvus de sens que certains tentent d’avoir contre le gros bon sens…à se demander quelle est leur réelle motivation….sont-ils commandités par des compagnies qui tentent de garder les mythes bien en place…?

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Stéphane CH août 27, 2013 at 8:40

Bonjour, concernant les arguments dépourvus de sens que nous pouvons lire et regarder à la télévision, ils émannent tous de prof, politique, chercheur ou docteurs travaillant de près ou de loin ou carrement mandaté par les sociétés agroalimentaires qui veulent faire passer leurs produits pour sains et sûrtout indispenssable pour l’humain.
Ces sociétés brassent telement d’argent… elles ont compris que si le message était transmit a grande échelles par les média via une entrprise public, gouvernementale ou un organisme de recerche ou hospitalier ils avaient de grandes chances pour qu’une grande partie de la population les croient sur parole sans autre recherche ou reference.
Ce n’est malheureusement pas naïf d’y croire mais une forme averée de manipulation et il faut être fort et détérminer pour croire la minorité que nous sommes.

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