Rafales

Rafale 18 : Plogue, végétarisme et maladies, chocolat noir, validité scientifique

posted by Paléo Québec avril 5, 2014 4 Comments

Paléo Québec radio-diffusé… une 2ème fois!

Si vous nous suivez depuis un bout de temps, vous avez sans aucun doute entendu notre 1ère entrevue à Radio-Canada au début de l’année. Nous avons remis ça au 98.5 cette fois-ci, à l’émission d’Isabelle Maréchal, où Guillaume s’est fait un plaisir de vanter les mérites de la diète paléo.

Les diètes végétariennes peuvent augmenter certains facteurs de risque de maladies

Une étude récente comprenant quatre groupes de 330 personnes chacun a étudié le niveau d’incidence de certaines maladies. Les groupes étaient composés respectivement de participants suivant une diète végétarienne (Veg) , une diète carnivore « riche en fruits et légumes » (Carn + FL), une diète carnivore « moins riche en viande » (Carn – V) et « plus riche en viande » (Carn + V).

Résultats: Les végétariens avaient significativement plus de risques de cancer, de maladies mentales et d’allergies. Ils avaient toutefois significativement moins de risque d’incontinence urinaire* (voir tableau ci-bas).

 

  Veg Carn + FL
Carn – V Carn + V
Cancer 4.8 3.3 1.2 1.8
Maladies Mentales 9.4 4.8 5.8 4.5
Allergies 30.6 18.2 20.3 16.7
Infections urinaires 2.1 3.9 2.7 6.4

Les chiffres représentent le pourcentage de gens affectés par une maladie et ceux en rouge signifient que la différence est significative par rapport aux autres groupes.

Note: Il n’y avait pas de différences significatives pour les autres maladies analysées, telles que l’asthme, le diabète, les cataractes, le « tinnitus », l’hypertension, les infarctus, les attaques d’apoplexie, les bronchites, l’arthrite, les plaintes sacro-spinales, l’ostéoporose, les ulcères intestinaux, les migraines et d’autres conditions chroniques.

Ce qui est intéressant pour le public, ce n’est pas seulement que les végétariens ont plus de facteurs de risque, c’est que ces facteurs de risque étaient présents malgré le fait que les végétariens buvaient moins d’alcool et avaient un IMC moyen moins élevé.

* Espérons que ça va être assez pour les consoler quand ils vont être déprimés à cause de leur cancer.

Une autre raison de se gaver de chocolat noir!

Le chocolat, ce superbe aliment dont un seul carré conclut beaucoup de repas paléos, a trouvé une autre raison de se faire aimer (comme s’il en avait besoin) : il contribue à améliorer la tolérance au glucose!

Les chercheurs vantent le chocolat en disant qu’il est doté de propriétés anti-obésité et anti-diabète. Soyons sérieux, il ne s’agit pas d’une panacée, mais ça donne une autre raison de ne pas se sentir coupable de prendre un carré de temps en temps!

scientifique paléo québec

 »J’augmente ma tolérance au glucose »

La validité scientifique

Un article répertorie en 12 points les moyens d’identifier la science douteuse. Voici ces points :

1. Un titre sensationnaliste. Si le titre à l’air trop beau ou trop terrible pour être vrai, ça l’est probablement. (Voir: LA VIANDE CAUSE AUTANT LE CANCER QUE LA CIGARETTE!!!!!)

2. Des résultats mal interprétés. Les données peuvent être interprétées de diverses façons… et on voit des articles qui arrivent à des conclusions erronées et sensationnalistes pour en tirer notoriété ou pour se conformer à des idées préconçues.

3. Conflits d’intérêts. Si les chercheurs payés par Kellogg trouvent que les céréales à déjeuner Kellogg contribuent à la perte de poids, est-ce que c’est juste et équitable, selon vous? Si vous avez répondu non, vous n’êtes pas paranoïaque, vous êtes prudent.

scientifique paléo québec

 »On n’est jamais trop prudent »

4.  Lien de cause à effet. Trouver une association significative ne signifie pas qu’il y a un lien de cause à effet. La disparition des pirates dans les deux cent dernières années est fortement corrélée à une augmentation de l’effet de serre (et sûrement à une diminution de la consommaton de rhum). Est-ce relié…? Je n’espère pas, parce que sinon il va falloir bientôt déclarer la Somalie zone protégée pour l’environnement.

5. Le language trop spéculatif. Les « Peut-être » et « il est possible que » sont communément employés par la communauté scientifique, car on avance toujours sur des oeufs. Ceci étant dit, si on a confiance en nos résultats, on ne devrait pas avoir à se cacher derrière des « peut-être. »

6. Échantillonnage faible. S’il y a peu de participants, ou si des échantillons plus volumineux étaient disponibles mais ont été ignorés, les résultats sont moins valides. Les études scientifiques devraient être généralisables.

7. Échantillonnage non représentatif. Comme on vient de le dire, les études devraient être généralisables. Extrapoler qu’un surplus de protéines est mauvais pour tous parce que ça l’est pour ceux qui souffrent de maladies rénales en est un exemple.

8. Échantillonnage sans groupe contrôle. Un groupe contrôle est un groupe identique au groupe sur lequel on fait un essai, mais qui ne subit pas réellement le test. Dans le cadre pharmaceutique, ça serait de prendre 2 groupes de personnes dont un seul prend un médicament expérimental et l’autre prend un placebo, soit une pilule de sucre ou une injection inerte. Sans cela, il est difficile de vérifier exactement la portée du médicament ou de l’intervention.

9. Il n’y a pas de groupe à l’aveugle. Si on teste un médicament et que le groupe médicamenté sait qu’il prend un médicament et l’autre sait qu’il prend une pilule de sucre, comment pensez-vous que les groupes vont réagir? Le fameux « effet placebo » pourrait se manifester, les gens prenant le médicament étant certains qu’ils vont guérir. C’est pourquoi les interventions nutritionnelles sont si dures à évaluer. Il est difficile de manger « aveuglément » paléo (c’est trop déicieux, c’est louche), ou méditéranéen, ou encore la « diète béluga« .

10. Des résultats pris à la pièce. Si on trouve beaucoup de corrélations significatives dans une étude, mais qu’on en cite que quelques-unes qui sont les plus conformes à notre idéologie, on ne rend pas justice au processus. La fameuse « China Study » s’est rendue coupable de ce phénomène à quelques reprises.

11. Des résultats non reproductibles. La science est faite pour être reproduite – si les études ne peuvent pas être dupliquées ailleurs, il y a possiblement des failles dans la méthodologie ou la prise de données. Il y a anguille sous roche.

12. Être cité, être dans un journal. Ceci n’est pas un critère absolu, mais plus une étude scientifique est citée, plus les pairs du groupe de recherche se fient sur l’étude en tant que telle. Si l’étude est de mauvaise qualité, on espère que les pairs vont moins s’y fier. Évidemment, ce n’est pas un gage absolu de qualité. Le fait d’être publié dans un journal « peer-reviewed » (revu par les pairs) est également un gage de crédibilité.

Et voilà! Profitez bien de votre fin de semaine!

Vincent

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4 Comments

Michael avril 5, 2014 at 4:33

(C’est un peu hors sujet mais) j’ai écouté l’émission au 98,5 Jeudi et j’ai bien aimé. Mais un truc qui aurait été bien de clarifier c’est la distinction entre paléo et kéto: une diète paléo n’est pas nécessairement faible en glucides mais une diète faible en glucides risque fort d’être paléo par défaut. Parce que un ou deux des auditeurs qui ont téléphoné ont mentionné un manque d’énergie après avoir commencé la diète paléo mais je savais très bien que c’était pas la partie ‘paléo’ de la diète qui était le problème.

La phase d’adaptation du corps et du cerveau aux cétones peut être difficile pour certains. Je me souviens que dans son entrevue à l’émission de Ben Greenfield le médecin Peter Attia (que vous connaissez Eating Academy est dans vos liens) a dit que ça lui a prit 6 semaines pour retrouver ses performances athlètiques sous un régime cétogénique, alors qu’il était sous la supervision de Stephen Phinney et Jeff Volek.

Alors ça serait bien de clarifier tout ça pour les néophytes. Ici on trouve un très bon article d’explications sur la phase d’adaptation/transition de la diète low-carb/cétogénique écrit par un athlète amateur qui lui fait du cétogénique à long terme un peu comme P.Attia:

http://primalnorth.blogspot.ca/p/keto-adaptation-vs-low-carb-limbo.html

Et aussi compter ses glucides. Tous ceux qui décident de changer leur alimentation devraient savoir comment faire ne serais-ce que pour éviter de tomber en cétose par accident et d’attribuer le blâme à la diète paléo au lieu d’être conscient de ce qui se passe lorsque le cerveau fait la transition glucose -> cétones.

Et je lis ces jours-ci plusieurs histoires de peur sur le régime cétogénique faudrait peut-être remettre les pendules à l’heure: à chaque hiver durant des milliers d’années le corps de nos ancêtres n’avait pas le choix d’être en mode cétogénique alors si c’était si mauvais que ça on se serait éteint il y a longtemps. Peut-être qu’en mode kéto on a besoin de plus de vitamines et de minéraux (on mangeait aussi les organes des animaux ce qu’on ne fait pas vraiment aujourdhui) mais de là à paniquer et à croire que le ciel va nous tomber sur la tête ben voyons.

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paleoquebec avril 6, 2014 at 10:18

(Guillaume) J’aurais bien aimé avoir le temps de clarifier quoi que ce soit à la radio haha. J’ai dû avoir 5 minutes au total de temps de parole et c’est Isabelle Maréchal qui était en charge du sujet à venir. La prochaine fois je vais m’imposer plus, mais la priorité ne sera pas d’expliquer les différents effets physiologiques des macronutriments sur le corps, ça va devoir attendre à des formats plus longs.

Personnellement, je suis au courant de ce que Peter Attia et Ben Greenfield font, mais c’est quelque chose avec lequel j’ai arrêté de me casser la tête. J’essaie de manger de la nourriture vraie et riche, sans trop stresser sur les macronutriments et sans trop faire de micro-managing.

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Michael avril 8, 2014 at 7:37

Moi non plus je me casse pas trop la tête mais ça serait bien d’expliquer aux gens la distinction kéto / paléo pour ne pas qu’ils attribuent le blâme de leur phase de manque d’énergie au fait qu’ils ne mangent plus de pâtes de blé ni de céréales en boite le matin alors qu’ils peuvent éviter de tomber accidentellement en cétose et de manquer d’énergie s’ils mangent quelques patates oranges, des fruits, et les autres. Le crash d’énergie n’est pas une étape inévitable de la transition et si les gens comprennent comment l’éviter ça va faire en sorte que plus d’entre eux vont continuer l’expérience

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François mars 28, 2015 at 9:24

Je parcours votre site depuis que je l’ai trouvé y’a deux jours et deux choses, qui se contrastent, me frappent:

Vous avez un bon discours scientifique. Vous semblez être familier avec la méthode scientifique et l’esprit critique. Votre discours donne confiance que vous allez nous donner une interprétation neutre des évidences et que vous savez de quoi vous parlez.

Ceci étant, il y a un clair biais en faveur de la diète paléolithique et contre les diètes végétariennes sur votre site – en plus d’une attitude élitiste et condescendante ou vous dénigrez constamment les nutritionistes (pas surprenant par contre , je suis sur le site paleoqc, et vous vous êtes associés à une idéologie, ce qui en soi est anti-scientifique) et ça fait que vous interpréter mal les évidences que vous présentez, et cet article-ci comporte un bel exemple.

Vous citez un article contre les diètes végétariennes, parce que votre philosophie paléolithique vous incite à manger beaucoup de viande et donc être contre les diètes qui ne favorisent pas la consommation de la viande, sans faire deux choses que ferait quelqu’un de réellement scientifique et de neutre:

1) Mettre l’étude dans le contexte de la littérature scientifique. La littérature scientifique sur la nutrition, dans son entier, est clairement en faveur des diètes végétariennes. La majorité des méta-analyse trouvent que ça réduit le risque de certains types de cancer, de diabètes, d’obésité, d’hypertension, de maladie cardiovasculaires, et autres.

Encore récemment :

Cardiovascular disease mortality and cancer incidence in vegetarians: a meta-analysis and systematic review.

CONCLUSIONS:
Our results suggest that vegetarians have a significantly lower ischemic heart disease mortality (29%) and overall cancer incidence (18%) than nonvegetarians.

Mais bien sûr aucune mention de cet article sur votre site, puisque vous êtes pas là pour la science, mais pour faire la promotion d’une philosophie.

2) Expliquer correctement de quel type d’étude il s’agit et de pouquoi les résultats sont ce qu’ils sont – et pourquoi ils vont à l’encontre de ce que la littérature, dans son entier, suggère par rapport aux diètes végétariennes.

L’étude que avez choisi est de type cross-sectionel. Je suis certain que vous savez ce que ça l’implique. Les auteurs de l’étude, l’étaient, eux, et évidemment ce pont là, très important dans l’interprétation de vos résultats, n’est pas divulgué à vos lecteurs. Pour les lecteurs qui ne le savent pas, une étude cross-sectionel c’est une photo dans le temps. On demande aux gens ce que vous mangez présentement et comment vous allez présentement, sans égart à ce que vous avez fait avant et ce qui va se passer après. Donc, on est absolument aucunement pas en mesure d’établir même un lien d’association entre des variables. Il est donc fort possible que les végétariens aient adopté ce régime là après leur maladie pour se donner une chance, et l’étude pourrait jamais faire la distincton. Ce type d’étude est parmi le plus faible niveau d’évidence et devrait être pris avec un grain de sel, surtout quand on a des meilleures etudes qui démontrent le contraire, comme dans le cas des diètes végétariennes.

Voici ce que disent les chercheurs dans la discussion :

This might indicate that the vegetarians in our study consume this form of diet as a consequence of their disorders, since a vegetarian diet is often recommended as a method to manage weight [10] and health [46].

Et plus loin :

Potential limitations of our results are due to the fact that the survey was based on cross-sectional data. Therefore, no statements can be made whether the poorer health in vegetarians in our study is caused by their dietary habit or if they consume this form of diet due to their poorer health status.

Croyez-vous encore que ce soit honnête d’utiliser cet étude là pour donner l’impression à vos lecteur que les diètes végétarienne peuvent être nocive pour la santé?

C’est un peu ironique ensuite d’écrire sur la validité scientifique quand vous interpreter une étude et la littérature comme ca…

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