Habitudes de vie

Gestion du stress avec Dunbar

posted by Paléo Québec avril 7, 2014 2 Comments
Dunbar Paléo Québec

Cette semaine, une approche paléo pour gérer son stress et ne pas se laisser engouffrer par la mondialisation et les problèmes de 7 milliards d’habitants! On parle du nombre de Dunbar.

Points-clés

  • Notre cerveau peut gérer au maximum 150 personnes.
  • On veut stresser au niveau local, à la place de mondial.
  • On veut couper dans l’information superflue.

Le nombre de Dunbar

Le  »nombre de Dunbar » (150) vient de l’anthropologue Robin Dunbar, qui a remarqué que différentes espèces de singes, la taille du néocortex déterminait la capacité à gérer les relations sociales. En conséquence, la taille du néocortex déterminait la taille des groupes de singes. Dunbar a émis l’hypothèse qu’on pouvait appliquer ce principe chez les humains et que l’humain moyen pouvait gérer au maximum environ 150 connaissances à la fois, c’est-à-dire qu’au delà de 150 personnes, on commence à perdre des gens de vue et à ne plus sentir de lien émotionnel.

Concrètement, c’est ce qu’on observe quand les humains forment des groupes. Le noyau dur des tribus de chasseurs-cueilleurs était souvent composé de 30 à 50 personnes, et au-delà de 100-150 personnes, de nouveaux clans se formaient. Dans un petit groupe, on connait chaque personne et on a des relations émotionnelles avec chacune. Au-delà de 150 personnes, notre cerveau n’est plus capable de gérer les relations sociales additionnelles et tout devient flou. Les gens deviennent des étrangers. Leurs problèmes ne sont plus nos problèmes et leurs succès ne sont plus nos succès. Ça explique, entre autres, que les gens des grandes villes soient considérés comme  »moins chaleureux ». Ils ont simplement développé des systèmes pour ne pas se faire engouffrer par la masse de gens à qui ils sont confrontés chaque jour.

Où ça bloque

Le problème est, comme toujours, que le décalage entre nos environnement et nos gènes s’agrandit avec les avancées technologiques. Nous sommes maintenant quotidiennement exposés à de l’information provenant des 4 coins de la planète, 24h sur 24. Sans blague, d’après une étude de 2011, la personne moyenne est maintenant exposée quotidiennement à l’équivalent de 174 journaux de 85 pages en information, soit 5 fois plus qu’en 1986. Si on ajoute le biais naturel du cerveau pour se souvenir plus des événements négatifs, on a une recette pour se sentir dépassé par les malheurs du monde assez vite.

Gérer son stress

Être conscient du nombre de Dunbar et de la capacité limitée du cerveau à gérer les relations sociales et le surplus d’information amène deux approches intéressantes (et complémentaires) pour gérer son stress.

1. Laisser aller. Si on accepte le fait que notre cerveau n’est pas capable de gérer les problèmes de centaines (voire des milliers/millions/milliards) de gens différents, on peut simplement commencer à laisser aller les choses qui vont plus loin que notre vie immédiate. Un des plus gros stress de notre vie quotidienne vient de l’accumulation d’information sur plein de problèmes dans le monde. Pourtant, dans les faits, notre vie va très bien. Quand on accepte que les problèmes en Ukraine, en Syrie, ou en Somalie sont hors de notre capacité de gestion et de compréhension, on commence à se détendre un peu en lisant les nouvelles. On devient un observateur à la place de quelqu’un d’impliqué dans le problème et on peut relaxer un peu.

2. Couper le superflu. C’est la suite appliquée de la solution 1: en sachant qu’on ne peut biologiquement pas gérer les problèmes du monde, on les coupe et on se concentre sur ce qu’on PEUT gérer. Fini se lever et lire les nouvelles. Fini les documentaires larmoyants sur la faim en Afrique. On se concentre sur notre entourage et les problèmes de notre quotidien. On aide les gens qu’on connait et qu’on apprécie et on ne regarde même pas le reste.

Je pense que les deux stratégies sont indispensables si on veut rester sain d’esprit à long terme et que se battre contre le tsunami d’informations quotidiennes n’est qu’une recette pour devenir cynique et négatif (je connais trop de gens dans cette situation).

Dunbar Paléo Québec

 »Bye bye potins sur Pierre-Karl Péladeau »

Élagage 101: 3 trucs pour laisser aller et couper dans le superflu

1. Arrêtez de lire et d’écouter les nouvelles générales dans vos temps libres. Bye la propagande, bonjour le calme. Réservez votre énergie mentale pour des nouvelles précises dans un domaine qui vous passionne.

2. Si vous utilisez Facebook, utilisez aussi ses fonctions. Votre ami #576 n’arrête pas de publier des nouvelles négatives ou de parler de ses problèmes? Un simple  »Unfollow » et c’est réglé. Je veux voir deux choses sur mon Facebook: des articles sur le sport et la nutrition et des trucs drôles/motivants. Est-ce que l’information m’aide à devenir un meilleur être humain et à vouloir améliorer ma situation et celle des autres? Non? OUT. Ce principe s’applique à Twitter et Instagram ainsi que leur variantes. Si vous êtes vraiment un homme des cavernes, vous pouvez également appliquer cela à MSN ou ICQ.

3. Moins virtuel: coupez les gens négatifs de votre vie (et donnez tout ce que vous avez à ceux qui en valent la peine). Sachant qu’on peut s’investir émotionnellement avec un nombre limité de gens, pourquoi s’entourer de ceux qui nous empêchent de progresser et volent notre énergie? Pas besoin d’en faire un gros cas et de leur lancer des roches, il suffit de ne plus les appeler.

Fini la paralysie par suranalyse

Les possibilités s’ouvrent quand on arrête d’essayer de gérer des situations incompréhensibles pour ses capacités émotionnelles. Qu’est-ce qu’un simple humain peut faire pour changer le monde? Rien, probablement. Qu’est-ce qu’un simple humain peut faire pour améliorer sa vie personnelle, son lieu de travail ou son quartier? TOUT. Il peut faire installer des bacs de recyclage ou des modules d’entraînement à l’extérieur de son cégep*, planter un jardin plein de fleurs pour les insectes pollinisateurs avec des refuges pour les reptiles et amphibiens, ou aider un élève à se sentir mieux en prenant quelques minutes de son temps pour l’aider à maîtriser un concept.

* Exemple totalement fictif de quelqu’un qui travaille au Cégep de l’Outaouais en éducation physique.

Conclusion

J’espère que vous avez compris avec le paragraphe précédent que le but ici n’est pas de se refermer sur soi-même, mais bien de mettre son énergie à la bonne place. Tenir compte de ses propres limites, couper dans l’information de trop et s’entourer d’un environnement plus adapté à son cerveau évite une quantité énorme de stress et laisse de l’énergie pour porter des actions concrètes qui vont amener de vrais changements. La quantité d’information produite par les humains augmente exponentiellement à chaque année. Plus tôt les gens mettront en place des stratégies pour mieux le gérer, mieux ils se sentiront.

Extra: Un exemple d’application judicieuse du concept

Bill Gore, le fameux Gore de GORE-Tex (le tissu imperméable si populaire avec les adeptes de plein air), s’est justement rendu compte de l’importance du nombre de Dunbar. Quand il est entré dans son usine et qu’il ne reconnaissait plus les visages de ses employés, il a compris que la même chose allait se passer pour eux et qu’il devait diminuer la taille des groupes de travail pour garder des liens sociaux forts. Il s’est mis à construire des usines avec 150 places de stationnement. Quand les employés commençaient à se stationner n’importe où à cause du manque de place, il ouvrait une nouvelle usine, même si c’était une rue plus loin. C’est un exemple génial parce qu’il démontre que construire un environnement de travail qui tient compte de la biologie de ses employés** peut être payant en terme de productivité.

**Je vois où vous voulez en venir et non, la nutrition moderne est catégorique, ça serait absurde d’appliquer le même raisonnement à la nutrition. Mangez vos bagels.

Guillaume

Articles connexes

2 Comments

La révolution VERTE! | Paléo Québec novembre 10, 2014 at 2:06

[…] de mon 120$ est multiplié par un facteur de 200. C’est sûr que je ne verrai pas l’effet direct dans mon entourage, mais c’est une exception pour le bien de […]

Reply
De quoi tu parles "tu n'as pas de vélo"? - Paléo Québec mai 10, 2017 at 12:46

[…] honnête, j’aime bien rester dans ma bulle. J’ai déjà parlé de l’importance de ne pas se laisser écraser par les mauvaises nouvelles, et c’est quelque chose que je pratique. Si je prenais le temps de penser à tout ce qui va […]

Reply

Leave a Comment