Maladies chroniques

6 raisons pour lesquelles l’humanité grossit

posted by septembre 8, 2014 1 Comment

Bonjour, groupe!

Aujourd’hui nous abordons une question à laquelle il sera presque impossible de répondre complètement : pourquoi est-ce que l’humanité grossit? Pourquoi sommes-nous gros?

Si je dis qu’il sera presque impossible d’y répondre complètement, ce n’est pas pour diminuer les attentes que vous pourriez avoir envers cet article, mais plutôt pour souligner que les raisons pour lesquelles nous devenons obèses sont multiples et complexes. L’opposé de cela, c’est qu’il ne faut pas tomber dans la simplicité de la balance énergétique (dépenser plus de calories que l’on en absorbe = perte de poids automatique, ou l’inverse).

 

Résumé de l’article

– De nombreux facteurs vont influencer la prise de poids: la consommation de calories, la dépense énergétique, les facteurs métaboliques, les facteurs génétiques et épigénétiques, le rythme circadien (sommeil) , le stress, la flore bactérienne , et d’autres inconnus.

– De ne regarder qu’un aspect du problème pour le solutionner équivaut à ne traiter qu’un doigt sur une main cassée.

Facteurs pouvant jouer sur l’obésité

Plusieurs facteurs vont jouer sur l’obésité : la balance énergétique (oui, oui, ça compte!), la dépense énergétique, les facteurs métaboliques, les facteurs génétiques et épigénétiques, le rythme circadien, le stress, la flore bactérienne et sans doute plusieurs autres phénomènes inconnus à ce jour. Déjà nous partons avec 7 facteurs, + x (nombre inconnu) – il est statistiquement peu probable qu’un seul de ces facteurs explique complètement l’actuelle épidémie mondiale d’obésité. De plus, vu l’ampleur du problème, même le moins important des facteurs vaut la peine qu’on tente de le régler.

Selon le lien ci-haut, la prévalence d’obésité et de surpoids a augmenté mondialement de 27,5% chez les adultes et de 47,1% chez les enfants – et le pire là-dedans, c’est qu’à part la région sub-saharienne d’Afrique, personne n’est épargné. Pire encore, aucun pays n’a vu d’amélioration.

Laissez-ça fumer dans votre pipe quelques instants. AUCUN pays n’a vu sa population s’amincir en moyenne. Habituellement, le hasard fait que quelque part dans le monde, avec toutes les actions prises par différents gouvernements, il y a quelqu’un quelque part qui devrait avoir un peu de succès, mais pas dans ce cas-ci.

Tentons donc de jeter un peu de lumière sur les causes multifactorielles de l’obésité.

Balance énergétique

Le concept de la « balance énergétique » est fondée sur le principe que le corps humain est un système fermé et que dans un tel système, « rien ne se perd, rien ne se crée ».

paleo balance

Représentation simpliste de la balance calorique

Nous avons déjà rédigé un article sur le sujet que vous pouvez trouver ici : Ceci n’est pas une calorie.

Si vous avez l’œil un peu paresseux, nous disons essentiellement dans cet article que la balance énergétique n’est pas un mauvais concept, mais que son application est mauvaise – c’est-à-dire que oui, si on dépense plus de calories qu’on n’en mange, on va perdre du poids. Le problème est qu’en dehors des études, il est difficile de forcer quelqu’un à maintenir un déficit calorique. Les diètes paléo ont tendance à couper plus la faim, ce qui peut expliquer pourquoi les gens l’adoptant trouvent la perte de poids plus facile.

Facteurs métaboliques et dépense énergétique

Par « facteurs métaboliques » j’entends l’environnement endocrinien du corps (les hormones), qui ont une influence sur ce qu’on mange, la quantité qu’on en mange, et comment notre corps traite les micro et macronutriments.

Par exemple, la leptine est responsable d’indiquer à notre cerveau d’arrêter de manger quand nous sommes pleins. Toutefois, si nous devenons résistants à la leptine, le signal ne se rend plus. Les causes de la résistance à la leptine ne sont pas toutes connues, mais on soupçonne entre autres un apport calorique moyen systématiquement supérieur à nos besoins.

L’insuline est une hormone sécrétée par le pancréas lorsque le corps doit métaboliser des glucides. Outre son rôle de transport, l’insuline a un effet de lipogenèse (création des gras à partir des glucides) et inhibe la lipolyse (utilisation des gras comme source d’énergie). Lorsque l’on mange beaucoup de glucides jour après jour, les récepteurs d’insuline peuvent y devenir « résistants » et être moins efficaces. Pour se faire entendre, le pancréas doit sécréter encore plus d’insuline, ce qui accentue l’effet de lipogenèse et inhibe la lipolyse encore plus. C’est un cercle vicieux.

Autre phénomène assez moderne, la consommation d’aliments à partir de récipients en plastique. Le plastique, cette « matière du futur », a l’inconvénient de contenir des molécules xénoestrogènes, des molécules qui imitent l’hormone œstrogène. En situation de surplus d’œstrogène, le corps diminue la production de testostérone, ce qui est associé à une prise de poids (particulièrement abdominale). Pire encore, le gras corporel contient une enzyme qui transforme la testostérone en œstrogène! Une molécule au banc des accusés est le Bisphénol A – ce qui a mené les chimistes à développer des contenants n’en contenant pas… mais on ne se sauve pas si facilement des xénoestrogènes. La page Wikipédia sur le sujet décrit de nombreuses substances (dont les phtalates) qui peuvent avoir un effet similaire.

L’exercice a aussi un impact sur notre milieu hormonal. Quel type d’exercice devrions-nous faire pour perdre du poids? Qu’entends-je? Du cardio? Erreur! Faire de l’entraînement cardiovasculaire très fréquemment chez les femmes va avoir un impact négatif sur leur production de T3 – donc, créer une hypothyroïdie et ne pas encourager la perte de poids. C’est un mécanisme de survie parfaitement logique – si vous courez tout le temps, votre corps interprète qu’il faut se sauver de prédateurs constamment, et il veut conserver son énergie pour s’assurer qu’il y ait toujours assez d’essence dans le réservoir pour le faire. La résistance à l’insuline et le syndrome métabolique sont des facteurs de risque pour des troubles de la glande thyroïde.

Il serait long et fastidieux d’énumérer toutes les hormones pouvant être atteintes par notre mode de vie, mais la courte liste énumérée ci-haut devrait vous donner une idée, même minime, de l’impact négatif que peut avoir notre mode de vie sur l’obésité.

Facteurs génétiques et épigénétiques

Si pour vous le concept « épigénétique » n’est pas familier, permettez-moi de vous référer à l’article que nous avons écrit sur le sujet. De façon concrète, si nos gènes sont une série d’interrupteurs et de cadrans, notre épigénétique représente l’habilité de nos corps à allumer ou éteindre ces interrupteurs.

Notre environnement a un impact direct sur notre épigénétique, notamment la nutrition. Manger trop de glucides, par exemple, augmente l’expression de gènes associés à des facteurs de risque de diabète.

Un des problèmes associés à l’épigénétique est que, de manière un peu analogue à nos gènes, nos épigènes se passent également de génération en génération. Dans l’étude suédoise suivante, on a constaté que les grand-parents et parents d’enfants ayant eu un accès limité ou illimité à de la nourriture avaient un impact sur le risque de ces petits-enfants de développer des maladies cardiovasculaires ou du diabète.

C’est assez inquiétant, parce que nous sommes en train de créer des générations de gens qui passent des gènes prédispodant à l’obésité et aux maladies du syndrome métaboliques. « Cercle vicieux » ? C’est l’expression!

Rythme Circadien / sommeil

Se lever et se coucher avec le soleil, c’était l’affaire de nos arrière-grand-parents. Cela fait belle lurette que l’on laisse nos activités dicter notre horaire de sommeil.

Le sommeil est un aspect important dans le contrôle de notre poids. La durée et la variabilité du sommeil peuvent avoir un impact sur le gain de poids. De plus, le manque de sommeil ou du sommeil de mauvaise qualité (apnée du sommeil, baisse du taux d’oxygénation) vont augmenter notre résistance à l’insuline et notre appétit.

Côté lumière, une étude comprenant 100,000 femmes britanniques a vérifié si l’exposition à la lumière (brisant le rythme circadien, n’allez pas éteindre vos ampoules) était corrélée à l’obésité. Il semblerait que oui, et ce, même en contrôlant pour divers facteurs tels que le tabagisme et la consommation d’alcool. Le mécanisme causal n’est pas clair. Les études animales nous indiquent que malgré un apport calorique et une activité physique constants, si vous occupez un emploi qui brise votre rythme circadien (milieu de la santé et de la sécurité du public, souvent)… vous êtes mal pris. Les dettes de sommeil sont associées à un poids corporel plus élevé.

Stress

Le stress est un terme très, très vaste. Hans Selye, « l’inventeur du stress », le décrit comme étant « la réponse non spécifique du corps à n’importe quelle demande qu’on lui impose ». Comme nous le disions, c’est très vaste : cela peut être dû à de l’exercice, une restriction calorique, de l’insomnie, des infections, ou même des émotions.

"Stress" : La confusion entre l'esprit de quelqu'un et son désir irrépréssible d'étrangler autrui.

« Stress » : La confusion entre l’esprit de quelqu’un et son désir irrépréssible d’étrangler autrui.

Qu’arrive-il lorsque l’on « stresse » ? Il y a sécrétion de deux hormones, le cortisol et l’adrénaline/noradrénaline, qui préparent le corps à une réponse de survie. Le corps va relâcher du glucose dans le système – les glucides étant un moyen rapide de générer de l’énergie, c’est logique. Sauf que l’augmentation de glucose dans le sang est accompagnée par une augmentation de la lipogenèse et une baisse de la lipolyse – nous avons donc moins tendance à brûler du gras.

Si vous êtes stressé avant une entrevue ou avant une compétition, ce n’est pas grave – l’apport d’énergie et d’éveil pourraient fort bien vous aider. Si vous êtes stressé de façon chronique (que le stress soit de nature physique ou psychologique), que pensez-vous qu’il arrive? Le cercle vicieux se perpétue, et la roue de la prise de poids continue à tourner.

 

Flore bactérienne

La flore bactérienne est un sujet très en vogue dans la paléosphère, surtout en raison de ses possibiités et de ses promesses, mais ses effets demeurent très mal connus (et mes connaissances sont également assez limitées dans le domaine). Néanmoins, on constate des différences dans le nombre et le type de bactéries chez des gens obèses et des gens ayant un poids normal. Le type de bactéries de gens obèses perdant du poids va également se modifier pour refléter ceux ayant un poids plus normal.

Les bactéries pourraient avoir un impact sur notre corps de multiples façons. Elles peuvent avoir un impact sur la façon dont nous digérons les aliments. Dans un cas insolite, des souris élevées dans un milieu parfaitement aseptisé, sans bactéries, ont pris moins de poids que des souris avec des microbes, car ces derniers participent habituellement à la fermentation et la digestibilité de certains nutriments. Les bactéries affectent aussi notre métabolisme en fermentant les sucres pour les rendre digestibles. Cette élévation du taux de glucides dans notre corps crée quoi? De la lipogénèse!

La flore bactérienne est vraiment un monde merveilleux dont nous n’avons effleuré que la surface. Les scientifiques ont cartographié le génome humain ; ils doivent encore cartographier l’épigénome, et la flore bactérienne en relation avec l’humain. Plus à venir dans un futur article.

Donc, il n’y a pas qu’une cause à l’obésité?

Bien sur que non! Comme on l’a vu, de nombreux facteurs se mêlent de la partie, et ils constituent un cercle vicieux qui s’auto-entretient. Nous n’avons probablement pas fini de découvrir de nouveaux facteurs de risque.

Agir sur l’un seul de ces facteurs de risque est déjà bien, mais ce serait un peu comme l’Hydre de la mythologie grecque – un serpent avec de nombreuses têtes dont n’en couper qu’une seule ne mène qu’à la regénération de trois autres.

Pour un seul individu, il est beaucoup plus facile d’agir sur tous ces facteurs de risque à la fois en adoptant un mode de vie paléo. Manger des aliments nutritifs et non transformés, s’entraîner intelligemment, diminuer ses niveaux de stress en dormant mieux, en s’exposant au soleil et en ayant une vie sociale bien développée mène à de nettes améliorations à la santé chez beaucoup de gens. Demander à nos gouvernements d’agir sur tous ces facteurs en même temps? Je pense que mes petits-enfants l’attendront encore.

Vincent

 

Articles connexes

1 Comment

Pour continuer avec la mode SANS GLUTEN | Paléo Québec septembre 15, 2014 at 9:16

[…] à manger tellement de calories qu’ils deviennent obèses et qu’ils ruinent leur santé? ». On vient tout juster d’en parler, les facteurs qui amènent les gens à trop manger sont multiples et ce n’est surtout dire aux […]

Reply

Leave a Comment