Habitudes de vie

Redéfinir la normalité

posted by Paléo Québec octobre 14, 2014 4 Comments
normalité paléo québec

À travers votre expérience paléo, vous avez sûrement déjà entendu le classique ‘ »pourrais-tu manger/vivre normalement? ». Ça vient souvent de gens qui ont la maturité émotionnelle d’un caillou, mais c’est dérangeant quand ça revient souvent et quand c’est utilisé pour mettre de la pression négative sur nous (vas-y, juste un peu de gateau, fais comme les autres!). Ça amène aussi souvent des remises en question, surtout si on nous fait sentir qu’on impose quelque chose aux autres en n’étant pas « normal ». Est-ce que vous devriez vous en faire si vos comportements sont « anormaux »? Est-ce que ça veut même dire quelque chose? La normalité, c’est quoi? On explore!

Résumé

  • Ce qui est normal, c’est seulement ce qu’on est habitué de voir/faire au quotidien.
  • Le fait que quelque chose soit normal ou non n’a aucun lien avec sa valeur intrinsèque.
  • En prenant conscience que ce qu’on va trouver normal c’est ce qu’on va faire au quotidien et ce que les gens autour de nous font, on se retrouve libre de faire les meilleurs choix possibles pour nous-mêmes.

Normal: n’importe quoi

Voici une photo d’un déjeuner typique au Vietnam:

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Comme personne n’a expliqué aux Vietnamiens qu’ils devaient manger des céréales sucrées en boîte dans du lait écrémé, ils se sont dits que de la soupe ça ferait très bien.

En se promenant dans le monde, on peut remarquer que ce que les gens considèrent comme un déjeuner normal varie énormément d’un endroit à l’autre et d’une culture à l’autre. Même chose pour les comportements quotidiens. Il y a très peu de comportements « normaux » de base.

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Des Japonais qui mangent un repas… sans être assis sur des chaises!!!

Les gens qui demandent aux autres d’agir « normalement » dans des situations de la vie courante sont vraiment en train de dire « fais comme MOI, parce que MOI je fais comme ça et que ça ME rend mal à l’aise que tu ne le fasses pas ». Ce n’est surtout pas parce qu’ils veulent aider les autres.

Normalité: aucune valeur

Il n’y a pas si longtemps, fumer absolument partout était parfaitement normal*. Certaines personnes justifient encore frapper leurs enfants avec « mes parents l’ont fait, c’est normal ». Selon une nouvelle étude, la plupart des enfants américains obèses n’ont aucune idée qu’ils sont obèses, surtout si le reste de leur famille l’est aussi. Pour eux, des gens obèses, c’est normal. L’Américan moyen utilise 167 bouteilles d’eau en plastique par année. Ce que les gens considèrent comme normal n’est clairement pas nécessairement sain pour eux/les autres/l’environnement. Ils acceptent la réalité à travers ils ont grandi et vivent et continuent dans le même paradigme sans se questionner.

* J’ai d’ailleurs voyagé en 2006 dans un avion d’Air Bangladesh qui avait encore des cendriers dans les accotoirs des sièges. L’idée d’un vol de 12 heures dans un avion plein de fumeurs me donne encore des cauchemars.

Ce qui est important à retenir, c’est que le fait qu’un comportement soit normal ou non n’a potentiellement aucun lien avec sa valeur. Franchement, est-ce que ça fait vraiment une différence morale que certaines cultures préfèrent s’asseoir par terre que sur des chaises, ou que d’autres préfèrent manger de la viande et des légumes le matin à la place d’un paquet de sucre? Encore plus, pourquoi est-ce qu’on devrait continuer à garder un comportement « normal » s’il est carrément négatif et nuisible?

Parenthèse: je suis constamment surpris des gens qui ne remettent jamais en question leurs propres comportements et leurs propres idées. C’est flagrant dans mes cours de plein air, où les étudiants sont poussés à l’extrême et doivent faire des choses incroyables comme marcher plusieurs heures (!!!) ou dormir deux soirs de suite dans des tentes (OH MON DIEU NON!!!). La tête de certaines étudiantes quand je leur annonce qu’il n’y a pas de douches sur le site vaut au moins 5 paquets de bacon.

Redéfinir sa propre normalité

Comme un comportement n’est normal pour nous que parce qu’il correspond à ce qu’on vit au quotidien, nous sommes libres de choisir les meilleurs comportements possibles! C’est incroyablement libérateur. On ne se fie pas sur ce que les autres font, ou sur ce que nous avons fait dans le passé, on choisit le meilleur! Après quelques mois/années avec des nouveaux comportements ou une nouvelle situation de vie, tout va nous sembler normal à nouveau.

Personnellement, je me base sur quelques critères pour décider si un comportement devrait sembler normal pour moi. Pour que je le garde, il doit:

  • Être bon pour ma santé mentale/physique/financière à long terme.
  • M’amener à me développer au meilleur de mon potentiel.
  • Être viable à long terme au niveau environnemental.
  • Être un comportement positif qui respecte les gens autour de moi.

Si le comportement respecte ces critères, je le garde, qu’il soit « normal » pour les autres ou non**. C’est pour ça que je mange souvent la même chose qu’aux autres repas pour le déjeuner, même si ce n’est pas le typique « toasts-confiture-jus-d’orange ». C’est aussi pour ça que je m’assois par terre le plus souvent possible, que je vis sans m’enterrer dans le crédit et que je me déplace en vélo quand je peux… même EN HIVER! J’ai redéfini ce qui était normal pour moi pour que ça corresponde à mes valeurs.

**Ça reste un principe général, pas une règle absolue.

Plus encore, si ma conception de ce qui est « normal » dépend des gens autour de moi, aussi bien m’entourer de gens qui vont me motiver à garder un normal positif.  Si mes amis sont une bande de patates de divan qui écument les bars la fin de semaine, je vais me sentir mal de ne pas faire comme eux. Par contre, si mes amis sont une bande de crossfitteux, je vais sentir que mes désirs de m’entraîner et de bien manger sont tout à fait normaux. Je change mon environnement pour qu’il me change!

Pistes de solution

Si vous manquez d’idées, voici quelques comportements que j’ai développés au fil du temps pour qu’ils deviennent « normaux » dans ma tête:

  • Utiliser mon vélo le plus possible, beau temps mauvais temps, surtout pour les déplacements de moins de 10 kilomètres.
  • Faire du covoiturage le plus souvent possible (ma situation d’emploi me demande de faire beaucoup de route, Amigo Express m’a sauvé environ 2500$ en deux ans).
  • Ramasser au meilleur du possible les bouteilles de plastique et les canettes que je vois dans la rue pour les recycler. J’en suis à environ 10 bouteilles/canettes par jour.
  • Toujours commencer et/ou terminer mes entraînements avec des exercices de yoga et de gymnastique.
  • Toujours faire ma vaisselle immédiatement pendant/après le repas ou le lendemain matin en me levant.
  • Ne pas utiliser mon ordinateur pour autre chose qu’écouter de la musique (surtout éviter de regarder mes courriels) pendant au moins 45 minutes après mon réveil.

À long terme, ils m’ont tous aidé à performer plus, réduire mon stress et améliorer ma santé. Chacun est un petit pas de plus vers l’avant. Je travaille encore sur une dizaine d’autres en ce moment. Ma conception de ce qui est « normal » et ma vie « normale » ne sont clairement pas les mêmes qu’il y a 5 ou 10 ans et j’en suis très content!

Pour terminer, si vous avez plusieurs changements à faire en tête, mais que vous vous demandez encore comme y arriver, suivez l’article de Vincent la semaine prochaine, vous serez éclairés!

Guillaume

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4 Comments

Sylvain octobre 15, 2014 at 1:41 am

Salut Guillaume,

Super article.

Vivre en mode paléo demande certainement un esprit critique face à des habitudes de vie de masse.

La difficulté, c’est accepter le « rejet » (le mot est un peu fort, mais bon) par les partisans de cette normalité.

Ma solution : être un exemple, et donner aux autres l’envie de changer. Non pas parce que je le dis, mais parce que je suis l’incarnation de mes principes de vie « anormaux », et que l’expérience montre qu’il fonctionnent mieux !

Merci.

A bientôt,
Sylvain

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spika12 octobre 15, 2014 at 8:30 am

J’aurais bien besoin de redéfinir ma normalité.

D’ailleurs à chaque fois que ma grand mère viens chez nous elle me dit  » met quelque chose dans les pieds! Tu vas tomber malade comme ça, c’est pas normal! »

Je marche pied nue chez moi depuis que j’ai 5 ans. Je me sens mal alaise avec des chaussettes ou des pantoufles. Dans le pire des cas, je met des gougounes et tout le monde est contant….sauf moi bien sur, qui deviens grognonne (des gêne de Cro-Magnon qui ressort peut-être.?..)

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Michael octobre 17, 2014 at 1:00 pm

C’est un peu hors sujet mais ça mérite peut-être un billet: devrait-on imposer des cours de nutrition aux élèves du primaire et secondaire?

Une coalition d’experts en santé réclament au futur gouvernement des cours de nutrition obligatoires à l’école

http://www.newswire.ca/fr/story/1324827/invitation-une-coalition-d-experts-en-sante-reclament-au-futur-gouvernement-des-cours-de-nutrition-obligatoires-a-l-ecole

Leur site officiel ici:
http://coalition-nutrition.com/

J’ai déja écouté une entrevue avec Richard Béliveau sur les problèmes de santé publique et il semble être un suprémaciste des calories. Dominique Garrel est un suprémaciste des calories dans son livre sur l’obésité il invoque les lois de la physique pour tenter de discréditer le régime Atkins et (de mémoire) dans une entrevue à une émission à Télé-Québec il se désole que les gens ne comptent pas les calories de l’huile d’olive qu’ils mettent sur leur salade.

Est-ce que la présence de plusieurs cardiologues dans cette coalition laisse présager que leur conception de la prévention des maladies cardiaques se base sur la théorie du cholestérol? La déconstruction qu’en a fait Gary Taubes dans Good Calories Bad Calories est très bonne.

Je vois d’un mauvais oeil les tentatives d’inculquer des dogmes à des jeunes naifs. S’ils mangent mal ce n’est pas parce qu’ils ne savent pas que le fast-food est mauvais pour leur santé mais parce que ça goûte bon c’est tout et qu’étant donné qu’ils sont jeunes ils ne ressentent pas les effets négatifs sur leur santé.

Et si après avoir suivi le cours obligatoire de nutrition un élève se met à manger une diète végétalienne faible en gras pleine de céréales de blé entier sa santé ne sera pas mieux qu’avant. Robb Wolf a été un végétalien misérable pendant combien de temps avant de réaliser qu’il s’était trompé? En fait c’est peut-être mieux d’être accro à certaines malbouffes à cause du goût que d’être accro à certaines diètes pour des raisons intellectuelles qui ne sont pas solides.

On devrait foutre la paix aux jeunes. Et on devrait même se semander si passer autant d’heures à chaque jour assis sur une chaise dans une salle de cours n’est pas une source plus importante de problèmes de santé à long terme que de manger au McDo 2 ou 3 fois par semaine.

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Noël 2.0: Le paléo contre-attaque | Paléo Québec décembre 9, 2014 at 7:21 pm

[…] truc avec les traditions, c’est que c’est comme la normalité: c’est très, très vague. Ça change d’une famille à l’autre et, même si certains se […]

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