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Dépendance à la nourriture

posted by mai 12, 2015 0 comments

Bonjour, groupe!

La nourriture peut-elle créer une dépendance? Pour faire une longue histoire courte… oui. Tellement qu’en 2009, l’université de Yale a crée une échelle de dépendance à la nourriture en se basant sur les critères de dépendance à des substances autres. Lors de l’évaluation de la dépendance des usagers à certains aliments, les questions suivantes sont posées :

1. La substance est prise en grande quantités et pour de plus longues périodes que ce qui était prévu.

2. Le désir de consommer la substance est persistant, et les tentatives d’arrêter d’en consommer ne sont pas fructueuses.

3. Beaucoup de temps et d’efforts sont mis en oeuvre pour obtenir, utiliser et se rétablir de l’utilisation de la substance.

4. Des activités sociales, professionnelles ou récréatives sont abandonnées ou réduites à l’utilisation de la substance.

5.  L’utilisation continue malgré la connaissance que l’utilisation risque d’avoir des impacts négatifs sur notre situation.

6. On développe une tolérance à la substance (plus on consomme, moins on a d’effet).

7. Des symptômes de dépendance apparaissent lorsque l’on retire la substance.

Ces descriptions se prêtent très bien à l’usage de drogues, cigarettes et alcool. À la nourriture? Eh bien… Pensez à vos premiers jours à suivre une diète paléo. Vos premiers repas de viande + fruits + légumes + noix étaient probablement satisfaisants au seul niveau de la satiété mais vous ressentiez peut-être le besoin de compléter le repas par quelque chose de sucré. Si vous persistez, ces envies sont progressivement plus faibles et une tisane ou un fruit font amplement l’affaire.

Qu’arrive-il toutefois si vous vous dites que vous passerez Noël sans aucune barrière? La dinde et les patates pilées et les petits pois ne sont pas si mal, mais vous vous lancez dans le dessert, puis vous en reprenez d’autres assiettes… le lendemain, il y a plein de restants et vous avez le goût d’en prendre encore. Vous le faites sûrement en vous disant « Ça va se perdre sinon! »

Une étude récente a tenté d’évaluer si certains aliments occasionnaient une plus grande dépendance que d’autres. Les 20 premiers aliments cités comme « problématiques » au niveau de la dépendance par les participants contiennent 17 aliments transformés mais 3 non transformés : le fromage (16), le bacon (18 – quoique on pourrait arguer que le bacon est transformé) et les noix (20). Le top 6? Le chocolat, la crème glacée, des frites, la pizza, des biscuits et des chips. Tous des aliments à la fois gras et sucrés (ou amidonnés), dont le goût est extrêmement plaisant et qui nous incite à manger encore et encore.

Comment se crée la dépendance à une substance?

Pour comprendre la dépendance, il faut comprendre ce qu’est la dopamine. Essentiellement, c’est un neurotransmetteur : un messager du cerveau. Il se rend spécifiquement au nucleus accumbens, une région spécifique du cerveau, responsable du plaisir. Ce messager est donc associé à l’apprentissage et au développement de comportements à travers le plaisir – car l’être humain est une vraie mouette pour le plaisir. Nous en cherchons constamment, même si nous n’avons pas tous les mêmes moyens pour l’obtenir.

Plusieurs activités de la vie de tous les jours libèrent de la dopamine dans notre cerveau : l’exercice (si vous vous êtes déjà senti « planer » après un effort intense, voilà pourquoi!), les relations sexuelles, le magasinage, les jeux d’argent mais aussi la consommation de substances qui procurent du plaisir… les drogues évidemment, mais la nourriture également.

Toutes ces activités peuvent être inoffensives prises à petites doses, mais il est évident que chaque activité puisse être abusée de façon à être rendue excessive pour l’organisme. La dose excessive est très variable d’un stimulus à l’autre : une dose de cocaïne ou de methamphétamine risque de nous rendre plus dépendant qu’une séance de jogging. Autre substance pouvant créer une dépendance? Si vous pensiez au sucre, vous avez raison!

Peu importe le stimulus, lorsque l’on ressent le plaisir, d’autres centres du cerveau viennent en jeu. L’hippocampe et l’amygdale enregistre le contexte dans lequel on ressent le plaisir et conserve ses informations dans l’objectif d’acquérir de nouveau la substance plaisante. Il est donc facile d’associer des choses plaisantes ensemble – comme courir avec un groupe d’amis ou de collègues… ou bien de trop manger de pizza et de bière avec ses meilleurs chums lors d’une soirée inoubliable.

Freiner sa dépendance

Tenter de stopper sa dépendance à la nourriture n’est pas une chose facile. Je donne quelques pistes ici, mais je ne suis pas psychologue et pas à vos côtés. N’hésitez pas à chercher de l’aide spécialisée.

Couchez sur papier les impacts négatifs de votre dépendance. Est-ce que la dépendance à la nourriture a des impacts sur votre vie personnelle? Sur vos finances? Sur votre vie professionnelle? L’écrire et le constater va vous permettre du même souffle de constater les impacts positifs qu’aura l’arrêt de la dépendance chez vous.

Trouvez vous une raison, ou quelqu’un, pour vous aider à tenir promesse. Pourquoi VOULEZ-vous arrêter? est-ce parce que vous voulez économiser pour partir en vacances? Est-ce que c’est parce que vous voulez retrouver votre forme de vingt ans? Est-ce que pour rendre votre famille fier de vous? Peu importe la raison, en avoir une qui vous tient a cœur sera important pour supporter les changements que vous ferez. Si vous vous trouvez un partenaire avec qui vous relevez un défi, encore mieux! C’est plus difficile de décevoir quelqu’un d’autre que soi.

Donnez-vous une date d’arrêt. Cette date peut être instantanée, ou éloignée… mais pas trop! Si vous pensez « d’ici un mois », c’est déjà trop loin! N’essayez pas de passer par-dessus un anniversaire ou une soirée ou un party, car il y aura toujours des exceptions.

Identifiez le déclencheur de vos envies et éliminez-les. En général, un élément déclencheur stimule la consommation de substance. Est-ce simplement post-repas? Est-ce que c’est en fréquentant certaines personnes? Est-ce en fréquentant certains endroits? Si vous connaissez ce qui vous stimule, vous serez en mesure de l’éviter.

Éliminez la substance. Devait-on vraiment le dire? N’empêche, si vous supprimez de chez vous la nourriture de laquelle vous dépendez, c’est moins facile de se la procurer.

Doit-on y aller à petit feu ou tout arrêter d’un coup sec? C’est une bonne question, et la réponse dépend de chacun. Certaines personnes vont très bien fonctionner à progressivement arrêter l’exposition à une substance. D’autres vont arrêter d’un coup sec, car ils savent pertinemment qu’une petite exposition au stimulus de dépendance ne fera que les rendre fous de ne pas pouvoir en prendre plus. Si ce n’est pas vous mais un proche qui tente d’arrêter une dépendance, NE LE JUGEZ PAS selon son type d’arrêt. Ceux qui arrêtent doucement pensent que ceux qui arrêtent d’un coup sec sont cinglés, et vice-versa. Acceptez que votre proche progresse, et supportez-le dans sa démarche.

C’est normal d’avoir un péché mignon, paléo ou pas – mais si vous êtes carrément dépendants au point de ne JAMAIS pouvoir vous en passer*,  c’est un signe qui n’est pas bénin.

* La seule exception, c’est paleoqc.com ! C’est normal de ne pouvoir se passer de nous.

Vincent

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