Habitudes de vie

Sommes-nous prédestinés à être gras et malades?

posted by Paléo Québec février 3, 2016 0 comments
malades paléo québec


Récemment j’ai eu l’occasion de garder le chien de mon beau-frère, un beau grand mélange de rottweiler et de bouvier bernois. Il est tellement fin que tout le monde le traite de nono. J’adore les chiens, et même si je n’en ai pas j’aime les garder parce qu’ils me permettent de faire plein d’affaires plus paléos, comme sortir dehors et bouger pour jouer avec.

Interactions avec l’environnement

Lors d’une de nos séances de jeu sortie tout droit d’une bédé de Boule et Bill, je lui lançais une branche qu’il me ramenait. Évidemment, il ne voulait pas me la donner aussi facilement que ça, et il grognait, serrait les dents, et se faisait aller la tête dans tous les sens avec la branche dans la bouche. Même l’insignifiant shih-tzu de votre grande-tante fait ça avec sa coccinelle toutou et « mon doux qu’on trouve du ça donc cute ».

Saviez-vous qu’en réalité, le chien pense qu’il est en train de casser le cou de sa proie. Pas mal moins cute, hein? Ça m’amène à mon sujet d’aujourd’hui : et si l’obésité et les maladies chroniques dont l’être humain moyen souffre aujourd’hui n’étaient pas le résultat de décisions individuelles, mais plutôt le résultat de notre interaction avec notre environnement? Au même titre que votre pitou a une impulsion primale qui l’incite à simuler de briser la nuque de ses proies, est-ce que l’humain est prisonnier de son environnement, qui le rend gros et malade?

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Je ne sais pas de quoi tu parles, Vincent.

Biologie de l’évolution

Je sais que plusieurs observateurs dans le milieu de la santé lèvent le nez sur le concept de « santé fondée sur le biologie de l’évolution », citant entre autres que le code génétique n’est pas quelque chose de statique. « Même en un espace aussi bref que 10,000 ans, on observe des changements! », disent-ils. Ce qui n’est pas faux – mais qui ne laisse pas moins quelques centaines de milliers d’années d’intervalles ou certains comportements et certains réflexes ont pu se développer de façon importante de façon à assurer la survie de l’espèce. Par exemple, pourquoi si on se coupe le doigt on porte tout de suite le doigt à la bouche? Parce que la suction va atténuer la douleur et la salive est légèrement antiseptique. Même si intellectuellement on ne le sait pas, génétiquement, on le sait. p.s. : ceci n’est pas une incitation à ne pas acheter d’onguent antiseptique si vous en avez besoin. 

Comme autres réflexes génétiques, l’être humain a tendance, lorsque la nourriture est abondante et savoureuse, à se GAVER. C’est un impératif biologique –  votre bagage génétique vous dit : « Mange! On ne sait jamais quand la famine frappera! Regarde, ça sent bon, ça a l’air plein de calories, garroches-toi dessus avant que quelqu’un d’autre ne le fasse! ». Lorsque vous mangez de tels aliments, le sentiment de satiété du cerveau est moins efficace (1) d’autres facteurs entrent en ligne de compte, par exemple le volume de ce que vous mangez, mais la saveur et les calories sont le joker dans le jeu de cartes. (2).

La nourriture est partout, sans efforts à faire

Maintenant, tentez de vous promener n’importe où – à pied en ville, ou sur la route – sans croiser des magasins d’alimentation ou de restauration? La tâche va être ardue, pour ne pas dire impossible. Ces magasins sont omniprésents! Les plats sont préparés, donc facile d’accès, ils sont pleins de sel, de sucre, leur texture a été pensée pour être agréable en bouche. Ce n’est pas un crime d’être tenté – c’est un impératif génétique.

Côté effort, les études ne sont pas toutes aussi claires sur la dépense énergétique réelle de différents groupes de chasseur-cueilleurs. Des tribus sud-américaines observées par un anthropologue, Kim Hill Ph.D., rapportent des niveaux d’activités assez importants au niveau cardiovasculaire, avec des distances parcourues qui pouvaient atteindre jusqu’à 10km quotidiennement. Une étude sur les Hadza de Tanzanie rapportent plutôt une dépense énergétique similaire à celle d’occidentaux comme nous.

Pas très aidant! Mais imaginez être privé des commodités de la vie moderne quotidienne, et remplacez ça par de l’effort : le robinet du lavabo vous abreuve et l’épicerie du coin vous permet de repartir avec votre épicerie, votre pire effort ayant été de soulever votre carte de crédit. Une fois à la maison, quels efforts DEVEZ-vous faire? Le ménage? Les repas? S’occuper des enfants? Le luxe que nous permet la société moderne vous permet même de vous sauver de ces tâches si vous préférer payer pour. Et malheureusement, la tendance lourde est à celle du moindre effort. Qu’on parle de molécules qui ont tendance à s’assembler pour avoir des états plus stables ou des êtres vivants, le moins il y a d’effort pour atteindre le résultat souhaité, le mieux on se porte – cela signifie plus d’énergie pour des choses pas mal plus intéressantes, comme la reproduction, ou écouter Netflix sur son divan. Ou les deux.

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« Netflix » and « Chill »

Les gens en santé, des exceptions?

Vous comprenez alors que dans un environnement ou la nourriture est abondante et savoureuse et où les opportunités de dépenser de l’énergie sont minces, on se dirige vers une tempête parfaite. Est-ce possible que les gens en surpoids soient la norme, et que les gens en forme et en santé soient l’exception?

Attention : l’objectif ici n’est pas de déculpabiliser les gens gras et malades en leur disant que ce n’est pas de leur faute, car si on a bien pu constater une chose depuis que l’être humain est sur terre, c’est que s’il y a une espèce qui manipule son environnement comme il le veut, c’est bien lui. Les gens en forme et en santé ne sont pas exceptionnels, mais la plupart d’entre eux se créent un environnement qui favorise leur forme et leur santé. Chez moi, une partie du dimanche est consacré à faire le marché et à cuisiner les repas de la semaine. Il n’entre rien chez moi que je risque de manger en une soirée tellement mon cerveau me dit d’en manger. Mes sorties au gym sont planifiées dans ma semaine et mon entraînement est planifié également. En plus, je ne peux pas me permettre de ne pas avoir l’air en forme – si je croise l’un de vous sur la rue, ça ne ferait pas sérieux que je n’ai pas l’air au moins un peu en santé!

La conclusion: on recrée un meilleur environnement

Comment se créer un bon environnement alors? Premièrement, n’oubliez pas qu’une des premières choses que l’on recommande de faire lorsque l’on passe une diète paléo est de se débarrasser d’aliments non-paléo de son garde-manger. En plus, un article publié il y a quelques semaines sur le sujet : 5 trucs pour atteindre ses objectifs, qui va vous aider à structurer votre horaire pour vous entraîner et aussi faciliter vos pratiques alimentaires.

Il n’y en aura pas de facile et c’est compréhensible que la tentation soit grande, mais ne vous laissez pas abattre si facilement. Comme toute bonne chose, cela demande des efforts, mais cela vaut la peine.

Vincent

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