Nutrition

Vous ne consommez pas assez d’épices

posted by Paléo Québec juin 28, 2016 0 comments
épices paléo québec

Nombreux sont ceux qui essaient de démolir la crédibilité d’une diète paléo, mais qui se font rebuter par l’expérience terrain et par les faits scientifiques. Toutefois, puisque le discours rationnel ne fait jamais changer personne d’avis, on se fait servir des arguments de seconde zone. Vous savez, des arguments indiscutables parce qu’ils sont de nature éthique (ex. : « manger de la viande tue des animaux, ce n’est pas éthique, donc je gagne le débat ») ou de nature entièrement personnelle (ex. « Ton mode de vie c’est monotone, donc ça ne marche pas, donc je gagne le débat »).

La « monotonie » est un de ces arguments de seconde zone que j’entends le plus régulièrement, et s’en est un que je rejette du revers de la main. Mon alimentation est sans doute plus monotone que celle d’une nutritionniste qui ne se prive de rien et qui cuisine 100% de ses plats, mais est-elle plus monotone que celle du citoyen moyen qui se gave d’aliments transformés? J’en doute fort.

épices paléo québec

« J’en meurs d’ennui! »

Pour éviter la monotonie, que l’on soit paléo ou pas, cela demande une certaine capacité à cuisiner ses plats. Que l’on soit un cuisinier qui ne se sent aucunement à l’aise si on ne suit pas un recette ou un aventurier culinaire, quand on se met aux fourneaux, on s’ouvre à un monde d’épices et de complexité de saveurs. Personnellement, j’ai les épices suivantes dans mon garde-manger :

Thym, romarin, origan, basilic, graines de coriandre, graines de cumin, poudre de cumin, poudre de chili, poivre de cayenne, turméric / curcuma, paprika, paprika fumé, cannelle, clou de girofle, muscade, noix de muscade, poudre d’ail, poudre d’oignon, safran, poivre 3 couleurs, sel de l’Himalaya, et je suis pas mal sûr que j’en oublie parce que je suis pas dans ma cuisine à écrire cet article. Bref, vous imaginez bien qu’en combinant les épices, les possibilités sont infinies!

Au-delà du goût, toutefois, certaines épices sont réputées pour avoir des impacts significatifs pour la santé. Ces impacts peuvent se situer à plusieurs niveaux, mais les plus étudiés sont :

  • L’action antimicrobienne
  • Le taux d’antioxydants
  • L’action des épices sur le métabolisme du glucose
  • La diminution de l’inflammation

Penchons-nous sur certaines de ces propriétés…

Le turméric (et son composé actif la curcumine) a pour effet de diminuer certains marqueurs d’inflammation et semble réduire la douleur autant que 2g d’acétaminophène (tylenol). À noter que pour augmenter l’efficacité de l’absorption de la curcumine, un composé appelé piperine (que l’on retrouve dans le poivre noir moulu) devrait être consommé en même temps, ainsi qu’un corps gras (car la curcumine est liposoluble).

L’ail, même les bonnes vieilles gousses, ont des effets très attrayants de réduction de cholestérol LDL et d’augmentation de HDL. Il pourrait même réduire la chance de souffrir de rhumes.

La cannelle est prisée des diabétiques, car cela peut les aider à contrôler leur glycémie, spécialement si elle est mal contrôlée.

Le gingembre est un remède naturel contre la nausée (de grossesse, de mal des transports ou de chimiothérapie!), semble réduire les courbatures suite à l’exercice et diminue l’inflammation de cellules du côlon.

Comme vous pouvez le voir, ces épices ont des propriétés assez intéressantes! Plusieurs propriétés ne sont pas nécessairement supportées par la science (par exemple, de dire que la capsaïcine contenue dans les piments sont anti-cancéreux n’est pas exact), et je m’en suis tenu aux propriétés des aliments, car en transformant certaines épices, on obtient également des effets intéressants. Par exemple, l’huile d’origan est antimicrobienne – mais qui a de l’huile d’origan qui traîne dans ses placards?

Et la valeur nutritive des épices?

Petite parenthèse sur l’apport nutritif des épices : lors du Ancestral Health Symposium (symposium sur la santé ancestrale) de 2012, un certain Mat Lalonde Ph.D. avait présenté son analyse de la densité nutritionnelle des aliments, et il en était ressorti que les épices étaient extrêmement denses en nutriments, plus que les légumes! C’est tentant de conclure qu’en se gavant d’épices on peut combler des carences nutritives. Toutefois, les épices sont séchées : c’est normal qu’en enlevant de l’eau (qui n’a aucune valeur nutritionnelle), on se retrouve avec une densité plus importante. L’autre phénomène c’est que ne mangera pas 100g de turméric comme on mangera 100g de carottes, par exemple!

Le truc, c’est d’intégrer ces épices un petit peu partout. De l’estragon dans vos omelettes, de l’origan dans vos sauces tomates, des graines de fenouil, de l’ail, du poivre de cayenne dans votre viande hachée, et que dire d’un petit mélange d’épices sec (un « rub », en bon français) de sel-poivre-cumin-cayenne sur vos steaks?

Vous verrez, vos papilles gustatives vous remercieront!

Où trouver des épices à bon prix?

Si vous achetez des épices dans les supermarchés, vous allez être déçus – les portions sont inversement proportionnelles aux prix, et même une recette de curry ou de chili maison pourrait vous faire sortir avec une facture de 15$ d’épices. N’hésitez pas à aller dans les magasins de vrac pour chercher des épices – et appelez d’avance pour vous assurer qu’ils aient tout ce dont vous avez besoin. Si vous ne voulez pas encourager l’épicerie du quartier, Bulk Barn a une excellente sélection d’épices.

Sur ce, bonne dégustation!

Vincent

Articles connexes

Leave a Comment