Habitudes de vie

L’erreur Mcdo: comment on conditionne les enfants à mal manger pour se réconforter

posted by Paléo Québec février 8, 2017 0 comments


Bonne semaine groupe! Vu la popularité de mon article récent sur comment Tim Horton’s est une perte de temps ET d’argent, on pourrait croire que je fais la même chose avec Mcdonald’s cette semaine. Je m’attaque plutôt à un concept parallèle, le lien entre le Mcdo et le réconfort émotionnel, parce qu’honnêtement, si j’ai besoin de vous dire que manger du fast food c’est mauvais pour votre santé, on part de très très loin.

Les enfants, c’est l’heure de l’histoire: l’erreur Mcdo

Histoire entendue dernièrement: la maman laisse ses enfants chez grand-maman. Grand-maman amène les petits-enfants en secret chez Mcdonald’s et justifie ensuite ses actions en disant « c’est juste pour une occasion spéciale ».

FIN.

Où est l’erreur ici? L’occasion spéciale.

Entracte: le lien puissant entre la nourriture et le réconfort

Un des moyens les plus puissants de rassembler des humains est de les faire manger ensemble. Partout sur la planète, dans toutes les cultures, on retrouve des rituels importants autour de la nourriture. Le temps des Fêtes? Nourriture. La famille s’en vient? Nourriture. Événement sportif? Nourriture.

Quand les gens repensent avec nostalgie à certaines époques de leur vie, particulièrement leur enfance, ils ont souvent un attachement particulièrement fort à ce qu’ils ont mangé à l’époque. « Recettes de grand-mère ». « Recettes du terroir ». « Recettes traditionnelles ». « Les classiques! ». « Comfort food! ». C’est une façon facile de vendre quelques milliers de livres de cuisine de plus. L’odorat est d’ailleurs le sens qui touche la mémoire le plus fortement, une odeur de tarte aux pommes peut nous faire faire un voyage émotionnel puissant dans le passé.

En résumé, au niveau émotionnel, la nourriture c’est très puissant!

Retour à l’erreur

On revient à l’erreur dans l’histoire: l’occasion spéciale. Les enfants sont à un âge clé où se développent un paquet de liens émotionnels importants et sont avec une personne clé dans leur entourage familial, grand-maman. Grand-maman, qui est déjà réconfortante par elle-même, vient de créer un précédent: elle vient de montrer que quand on va au Mcdonald’s, c’est spécial.

C’est un combo incroyable pour garantir que les enfants vont devoir combattre des envies de restauration rapide toute leur vie. On combine ‘réconfort de grand-maman + réconfort de manger + goût super attirant du combo sel-sucre-gras du Mcdo + excitation de faire quelque chose de spécial’. Espérons qu’il n’y avait pas de jouet avec le menu. Pourtant, aller dans un restaurant de fast-food ça devrait être une situation triste. Une défaite. C’est de la nourriture de mauvaise qualité, fabriquée sans amour, qui nous fait sentir mal ensuite. Même avec une discipline personnelle solide, les enfants ont un dur combat devant eux pour développer une bonne relation avec une alimentation santé.

Comprendre le rituel

Les gens ont souvent de la difficulté à faire la différence entre l’importance d’entretenir des traditions et l’importance des traditions elles-mêmes. La vraie nostalgie est liée à ce qu’on faisait « quand on était jeune », rien de plus. Rien n’est cristallisé dans le temps, rien n’est « correct » ou « incorrect ». Les enfants n’ont aucune idée des traditions correctes de 1930/1820/1787, ils vont prendre ce qu’ils ont vécu comme référence. Par exemple, même si je suis aux 3/4 Québécois-Canadien-Français de souche d’érable, c’est le 1/4 italien qui a primé pour la nourriture. Ma nostalgie d’enfance c’est un paquet de pâtes avec 5-6 sortes de viande et de saucisse et des pâtisseries italiennes. La tourtière, bon vieux classique Québécois, je n’ai pas grandi avec. Chaque fois que j’en ai mangé, j’ai trouvé que ça goûtait le jus de fond de botte. Dans le meilleur des cas, le jus de fond de bottes avec beaucoup de ketchup.

 

Votre bonheur. Mon malheur au goût de vieille bottine.

Depuis au moins 2 générations, en Amérique du Nord, les gens se sont fait avoir par les campagnes de publicité. Acheter de la nourriture de mauvaise qualité est devenu synonyme de profiter de la vie. Un vrai homme ça mange des hot dogs et ça rit des légumes! Le Ginger Ale c’est pour les gens avec du goût! S’il y a de l’écriture dorée sur le paquet de biscuits, c’est que ce sont des biscuits pour l’élite!

Pourtant, dans plusieurs endroits du monde ou à d’autres moments dans notre histoire, les aliments réconfort n’étaient pas nécessairement mauvais pour la santé. Et en ce moment les gens qui ont des moyens ne se lancent généralement pas dans une orgie de chips au ketchup et de gateaux Vachon, ils mangent des aliments haut de gamme.

Continuer, mais corriger la tendance

Les traditions autour de la nourriture, c’est bien. On veut les garder. On veut simplement les réorienter dans une direction santé. L’important est que les éléments « on fait un spécial! » et « on crée un rituel! » restent, parce que ce sont eux qui forment la magie. Qu’est-ce qu’on peut faire? Quelques exemples!

  • Acheter et décortiquer une jeune noix de coco. Ça ne coûte pas trop cher (3-4$), le goût est unique et ça donne deux récompenses: la chair qu’on mange à la cuillère et l’eau de coco. Le processus d’ouverture de la noix de coco est aussi une occasion parfaite pour impliquer les enfants et les laisser s’amuser avec un marteau.
  • Remplacer le chocolat chaud en sachet hyper sucré par du bouillon de poulet chaud (avec sel, poivre et persil). Les enfants jouent dehors pendant 3 heures? Un bon bouillon de poulet en revenant. Même pas besoin de le faire soi-même, on peut maintenant trouver du bouillon de poulet bio à un prix raisonnable. Assez raisonnable pour « faire un spécial » de temps en temps.
  • Un des gros rituels quand j’étais jeune était lorsque mon père prenait le mélangeur et faisait un (en bon Québécois) « drink ». Un gros smoothie qu’on partageait en famille dans le salon. J’en mange encore, mais je remplace la crème-glacée et le lait par du lait de coco. 1 pelletée de fruits congelés (ceux du Maxi sont à un prix très raisonnable), 1 banane, 1 canne de lait de coco Aroy-D, des éclats de cacao, une touche de vanille et une touche de miel. Si je congèle la banane en avance la texture finale rappelle la crème-glacée et c’est DÉLICIEUX.
  • On en a parlé dans un podcast avant les Fêtes, un des bons moyens de ramener un aspect santé sans sentir qu’on se prive aux jours de fête (anniversaires, Noël, Pâques, Action de Grâce, …) est d’acheter de la nourriture top qualité. Pour Noël cette année on avait des huîtres, 3-4 sortes de saucissons fancy, du mousseux, du vin rouge, des os à moëlle rôtis au four, du fromage trop cher, du boudin artisanal, de la buche de noël paléo et quelques autres à-côtés. Digne d’un resto haut-de-gamme, 85% paléo, 95% primal (pour les fans de Mark Sisson) et 100% délicieux. Le coût total était d’environ 20$ par personne, plus que raisonnable pour quelque chose qu’on fait une fois dans l’année.
  • En général, il est aussi possible (et facile) de modifier quelques recettes réconfortantes classiques. Plusieurs de mes amis se réunissent à chaque semaine pour jouer à des jeux vidéos et cuisiner et déguster une poutine paléo maison haut de gamme. On peut faire de la soupe à l’oignon et omettre le pain. Faire des mijotés à l’automne. Faire son propre bacon. Une infinité de possibilités!

Si des enfants sont présents, il est toujours pertinent de les impliquer dans le rituel. Les amener chez le boucher quand on achète un super morceau de viande pour un anniversaire (message subtil pour la famille: je veux du bon steak pour ma fête). Leur faire couper des légumes. Leur expliquer comment on fait cuire les aliments. Les laisser mélanger les ingrédients. Ils vont en garder d’excellents souvenirs, d’aussi bons que s’ils avaient été trainés pour attendre en ligne chez Mcdo.

Conclusion

On n’ignore pas le lien important entre le réconfort émotionnel et la nourriture, on continue à créer des traditions, on continue à créer des rituels, mais on se tient loin des aliments transformés et des chaînes de restauration rapide. Tout le monde gagne et on reprend en main notre santé familiale et notre relation avec la vraie bonne bouffe!

Guillaume

Articles connexes

Leave a Comment