Témoignages

Résultats de tests, paléo depuis 8 ans + je souffre pour la science

posted by Paléo Québec mars 1, 2017 1 Comment

Bonne semaine groupe!

En octobre dernier j’ai frappé 30 ans. L’âge où on devient vieux. J’avais déjà pris un peu d’avance avec mes REER, donc le changement n’a pas été trop drastique. J’avais envie de m’amuser un peu et d’avoir des données gratuites sur mon état de santé cet automne*, donc j’ai contacté le département de kinésiologie de l’Université d’Ottawa pour savoir s’ils avaient besoin de participants pour des études et tests sur la performance physique. Voici ce que ça donne!

*Depuis plusieurs années, un de mes plaisirs est de participer à des études scientifiques. Ça me donne accès à un paquet d’expériences intéressantes (comme me faire zapper avec des chocs électriques) et ça me donne accès à des trucs cools comme des tests sanguins gratuits.

Première étude: huile de poisson gratuite et tests sanguins.

J’ai déjà mentionné l’étude sur la supplémentation en huile de poisson à laquelle j’ai participé en détails précédemment, donc je vais aller à l’essentiel: j’ai eu accès aux résultats de fin d’étude, en juillet 2016. Un peu avant mes 30 ans, mais ce sont les résultats les plus à jour que j’ai. Je voulais aussi faire un suivi sur l’histoire.

Bonne nouvelle, tout roule toujours sur des roulettes. Mes résultats sont même meilleurs qu’en janvier.

Deuxième étude: quand on manque d’oxygène.

Une étude marrante. Le concept est le suivant: je passe 5 heures à jeun dans une chambre fermée. Je dois rester au repos et à toutes les heures j’ai des prises de sang et je dois passer 30 minutes sous une bulle où les échanges gazeux sont mesurés pour voir quelle quantité d’énergie je brûle. Je recommence la semaine suivante, mais cette fois l’air a moins d’oxygène pour simuler comme si j’étais à 5000m d’altitude. Je me suis amusé pas mal à rester assis et ne rien faire et le plus dur était de ne pas m’endormir (ça affecte le métabolisme et ça fausse les données).

POUR LA SCIENCE!

Le GROS bonus de cette étude a été que j’ai eu accès à un DEXA-Scan. L’étalon d’or pour la mesure de la composition corporelle. On te couche sur une table et une machine louche scanne ton corps en entier. J’ai été pas mal content du résultat: 8.5% de gras corporel à 172lbs (78kg) et densité osseuse nettement au-dessus de la moyenne pour mon âge. Je devais avoir les résultats de mes tests sanguins, mais je n’ai pas de réponse de la part du responsable de l’étude, je suis sur son cas!

Troisième étude: comment suer 9 litres d’eau en 90 minutes.

Une folle aventure. Initialement, le but était de pédaler sur un vélo tranquillement et de mesurer la quantité de sueur produite par mon corps. Le premier bonus de l’étude était l’accès à un test officiel de VO2max (capacité à brûler de l’oxygène, un marqueur d’endurance cardiovasculaire) sur un vélo stationnaire. On te met un gros masque sur la tête et tu pédales jusqu’à ce que tu casses.

  • En partant, j’avais la plus grosse tête qu’ils avaient vue jusqu’ici selon les ajustements du masque. Ma copine rit toujours de moi parce que j’ai une grosse tête, donc ce n’était pas une surprise. Je maintiens que c’est pour accommoder mon gros cerveau.
  • À toutes les deux minutes, la puissance à produire en pédalant augmente de 20 watts.
  • Le test a été arrêté après environ 12 minutes, quand ma fréquence cardiaque a atteint 200 battements par minute.
  • Résultat: un VO2max de 53. Rien de spectaculaire si je me compare à des athlètes olympiques en endurance, mais très satisfaisant considérant que je n’ai jamais fait d’entraînement cardiovasculaire organisé de ma vie. Le VO2max est aussi lié au poids corporel et les gens plus légers ont un avantage. Mon poids compétitif dans les activités d’endurance serait sûrement autour de 145-150lbs (65-67kg), mais je perdrais trop en force et en explosion à mon goût. Comme point de comparaison, les cyclistes et skieurs de fond de haut niveau ont régulièrement au-dessus de 70 et même 80, et la moyenne des joueurs de la LNH est de 55.

Jusqu’ici, tout allait bien. Très bien même. Si bien que le jeune homme en charge de l’étude m’a offert de participer au niveau plus élevé. N’étant pas homme à reculer devant une occasion de souffrir sans aucune raison valable, j’ai accepté avec enthousiasme. Le plan: me brancher des aiguilles et des fils directement dans l’avant-bras pour injecter différents produits et mesurer la quantité de sueur que je génère à l’effort. À un niveau de résistance de 120 watts sur un vélo incliné vers l’arrière. À 40 degrés Celsius. Sans eau. Pendant 2 heures.

  • 120 watts est juste assez facile pour pédaler longtemps, mais juste assez difficile pour être toujours inconfortable.
  • Le vélo assis était extrêmement inconfortable. Je devais générer beaucoup de force en gardant le dos bloqué contre le banc et j’avais des crampes folles dans le haut des fesses. De tout le test, l’inconfort du siège était le pire. J’ai eu besoin de 1-2 mois pour que mon bas de dos récupère et décoince un peu.
  • Après 10 minutes, je me suis rendu compte que j’avais peut-être fait une erreur en acceptant de participer à l’étude. J’ai aussi commencé à regretter les 30 minutes de vélo plus tôt dans la journée pour me rendre au laboratoire.
  • Après 30 minutes, j’étais sûr d’être rendu à la moitié. J’ai paniqué un peu quand j’ai su que c’était le 1/4.
  • La période entre 45 minutes et 80 minutes est disparue de ma mémoire.
  • J’ai cassé à 90 minutes. J’ai un vidéo (trop gros pour le mettre ici) où je crie des trucs et je sacre comme un bûcheron pendant les 3 dernières minutes.
  • Bonus: il fallait que je reste sur le vélo 45 minutes de plus après avoir arrêté de pédaler, toujours sans eau.
  • En discutant avec le chercheur, j’ai appris que j’étais la sixième personne à faire l’étude à ce niveau de difficulté. Et le deuxième meilleur résultat. Le seul qui a réussi à tout terminer était un triathlète ironman beaucoup plus lourd que moi (ça donne un avantage en pédalant) et j’ai battu un olympien en aviron qui a cassé après 85 minutes.
  • Je me suis pesé nu avant et après. Résultat: j’ai perdu 8.9 litres de sueur au total, environ 20lbs de poids corporel.
  • Note pour la photo: j’ai des shorts, même si l’angle me donne un look de nudiste.

Prêt à souffrir!

Après l’étude j’ai eu droit à une pesée hydrostatique, l’ancien étalon d’or (avant le DEXA-Scan) pour mesurer la composition corporelle. On te rentre dans une cage pour te peser, on te coule dans l’eau et on te demande d’expirer le plus possible. Un des gros désavantages de cette méthode est que la quantité d’air qu’on expire influence le résultat. Premier test: 12% de gras. Je me concentre un peu et j’expire plus: 9% de gras. J’utilise mes techniques secrètes de yoga, j’expire encore plus, je m’évanouis presque dans l’eau et…. 6% de gras corporel!!! J’utilise le 8.5% du DEXA-Scan comme référence quand même.

Je me sens comme la vache dans Jurassic Park

Test extra: le test Cooper

Dans certains des cours d’éducation physique que je donne, les étudiants doivent faire un test de course au début et à la fin de la session, et s’entraîner pour améliorer le résultat. Personnellement, je ne cours presque jamais. Je blague généralement que courir est une mauvaise habitude qui nous entraîne à fuir, mais c’est surtout que je manque de temps et d’énergie à force de faire d’autres activités.

Le test de course est le test Cooper, où on doit faire le plus possible de tours du gymnase (longueur du tour: 100 mètres) pendant 12 minutes. Le test est pratique parce qu’il convient à des gens de tous les niveaux (on peut marcher) et il est utilisé pour mesurer la capacité physique des étudiants en technique policière. J’ai réussi à faire 29 tours, 2 tours au-dessus de la catégorie « Excellent » pour mon âge et assez pour me qualifier pour les forces policières si jamais je n’ai plus envie d’enseigner. Seul hic: vu que mon entraînement comporte rarement de la course et que j’ai poussé la machine pendant le test, j’ai eu mal aux mollets pendant 4 jours. Oups.

Interprétation et mise en contexte

Je suis content des différents résultats que j’ai obtenus. Très content. Je suis nettement au-dessus des valeurs moyennes pour mon âge et je me sens dans une excellente forme. Je gagne en flexibilité et en mobilité avec les années et si j’avais à m’affronter à l’âge de 20 ans, je me donnerais toute une rince.

Le plus important pour moi est surtout que la raison #1 pour laquelle je mets des efforts sur mon mode de vie est que je veux que ça fonctionne. Ça a toujours été mon meilleur argument de vente pour le paléo: ça fonctionne trop bien pour être ignoré. Certains vont mentionner que je bouge énormément et que ça influence les résultats, je veux donc mettre quelques choses en contexte:

  • Effectivement, comme prof d’éducation physique, je bouge beaucoup. Beaucoup plus que la moyenne des gens de mon âge. Généralement, récupérer adéquatement est un plus gros défi que bouger assez. Cependant, si je regarde le profil moyen des éducateurs physiques, peu s’en tirent aussi bien. Les bedaines de mononcle abondent. Ce sont généralement des gens qui adorent faire du sport, mais qui mangent un peu n’importe quoi. Les deux dernières fois où j’ai été en présence d’un paquet d’éducateurs physiques, j’ai été un peu découragé de voir la quantité de cochonneries qui se mangeaient autour de moi.
  • Même chose côté jiu-jitsu brésilien. C’est un sport intense, on pourrait croire que ça me garde mince. Pourtant, au gym où je suis actuellement, peu de gens arrivent à gérer facilement leur composition corporelle. Encore une fois, la bedaine est la norme pour les trentenaires. Le seul groupe que je connais où les gens restent systématiquement minces et musclés est mon groupe d’amis proches de Sherbrooke, qui mangent tous paléo. Anecdote: quand nous sommes allés à la Cabane à Sucre du Pied de Cochon ensemble, ils sont la seule table de tout le restaurant qui ont TOUT mangé (tout un défi), même s’ils étaient de loin la plus mince.
  • Côté bouffe, j’ai l’air spartiate pour certaines personnes, mais je contrôle seulement la qualité de ce que je mange. Pour la quantité, je suis un principe général assez simple: je me goinfre autant que je peux. Je mange tout le temps dans mes temps libres et je mange de la nourriture super calorique. Aucune considération pour les macronutriments (glucides, lipides, protéines).

Une des possibilités est que j’ai frappé le jackpot génétiquement pour l’accumulation de gras corporel et le profil sanguin modèle et ça mérite un espace complet. Voici mon profil familial proche, je vous laisse juger par vous-mêmes.

  • Grand-père paternel: obèse la majorité de sa vie. 1ère crise cardiaque à l’âge de 48 ans, mort de sa 7ème à 70 ans.
  • Grand-mère paternelle: mince la majorité de sa vie (la cigarette a aidé), en surpoids depuis les 20-30 dernières. Victime d’Alzheimer’s (probablement un problème métabolique, souvent appelé « diabète de type 3 ») depuis plusieurs années.
  • Grand-parents maternels: malgré un mode de vie très physique sur une ferme, ils ont été atteints tous les deux de diabète de type 2 et victimes de ses conséquences.
  • Oncles et tantes des deux côtés: généralement en surpoids ou obèses.
  • Parents: en surpoids depuis longtemps, mais rien qui ne sorte de l’ordinaire pour des gens de leur âge.
  • Les 3 soeurs: ont toujours eu plus de difficulté à perdre du poids qu’à en prendre.

Conclusion

Tout roule sur des roulettes et mon corps performe comme une machine bien huîlée, j’ai hâte de voir où j’en serai à 40-50-60-70 ans!

P.S. Si vous entendez parler d’études un peu bizarres, je suis toujours volontaire pour participer!

Guillaume

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1 Comment

Johanne mars 2, 2017 at 9:35

Wow Guillaume, je t’admire dans ta recherche de la souffrance, trop cool!
Tu m’as fait bien rire avec cet article, merci! 😀

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