Nutrition

Superaliment ou superarnaque?

posted by Paléo Québec juillet 17, 2017 0 comments
superaliment paléo québec

Le terme Superaliment est définitivement plus utilisé que le bouton « like » par nos mamans qui utilisent Facebook (mais on vous aime pareil, même si vous faites honte un peu, les mamans!). Les définitions peuvent varier, mais grosso modo, le terme décrit un aliment qui, par ses caractéristiques, permettraient d’atteindre un meilleur état de santé ou de performance.

J’associe l’envolée du terme superaliment à la tendance humaine d’effectuer le moindre effort possible. Cette tendance n’est pas nouvelle et se manifeste différemment à travers les époques. Dans le temps de nos parents (« le bon vieux temps », diront certains), la médecine pharmacologique faisait des miracles, et encore aujourd’hui les gens de l’âge de mes parents ont beaucoup de difficultés à décrocher des médicaments : une pilule guérit tout!. Je perçois donc le « superaliment » comme l’équivalent contemporain du médicament de notre époque.

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Encore une goutte et je vais ressembler à Brad Pitt!

 

Que ce soit une pilule ou de l’extrait de carotte septentrionale laossienne, qui n’a pas envie de perdre du poids / gagner en performance / guérir les verrues nasales en un claquement de doigts? Pourquoi chercher à modifier durablement son mode de vie si on n’a qu’à consommer un aliment ou une boisson miracle pour atteindre tous nos objectifs?

En tant que lecteur de Paléo Québec, vous savez que nous prônons un mode de vie paléo comme étant la clé du succès pour vivre longtemps et en santé. Cependant, la question se pose : Y-a-t’il du mérite à la notion de superaliment, « un aliment pour les gouverner tous »?

Mécanismes d’action proposés d’un superaliment

Comment un superaliment pourrait-il remplir ses douces promesses? Voici quelques suggestions de mécanismes d’action :

  • L’aliment contient des vitamines ou des minéraux en quantité ou en proportion magiques pour la santé ;
  • L’aliment présente un profil macronutritionnel (glucides / lipides / protéines / fibres) spécialement désirable ;
  • L’aliment présente des propriétés anti-oxydantes ;
  • L’aliment présente d’autres caractéristiques intéressantes (probiotique, prébiotique, synergie alimentaire, augmentation de la biodisponibilité d’autres nutriments, etc).

Notez bien que cela sous-entend que ces caractéristiques permettraient ou bien :

  • De pallier à un déficit important chez son consommateur ;
  • De sur-saturer la caractéristique chez le consommateur.

Mettons ces différents aspects sous la loupe…

Les superaliments riches en vitamines ou minéraux

Les vitamines et les minéraux, c’est essentiel à la vie. Toutefois, est-ce que « plus, c’est mieux »?

Comme beaucoup de chose, la quantité de nutriments que l’on ingère suite une courbe en « U Inversé ». Consommez-en trop peu et vous n’aurez aucun bénéfice ; consommez-en trop et vous n’en aurez pas également. Consommez juste la bonne quantité et vous vous trouverez dans une zone magique ou tous les rêves sont permis.

superaliment paléo québecCe n’est donc pas très logique de vouloir se gaver d’un aliment en particulier pour avoir un excès de vitamines ou de minéraux. Vous pouvez le constater en consultant cette ressource sur la toxicité de l’excès de vitamines ici.

Peu d’aliments vont présenter un profil de vitamines ou de minéraux si élevé que vous risquez une surdose… à moins que vous mangiez du foie de veau matin, midi et soir (100g de foie de boeuf contiennent 740% le seuil minimal de vitamine A recommandé) ou encore des noix du brésil à la pelletée (8 noix contiennent environ 700% du seuil minimal recommandé de sélénium).

Les superaliments avec un ratio de macronutriments magique

Si vous êtes dans des cercles sportifs un peu compétitifs, vous avez peut-être déjà entendus l’expression suivante :

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C’est quoi tes macros?

Les « macros » font référence à la quantité de protéines / gras / glucides que quelqu’un peut se permettre pour atteindre ses objectifs (sans tenir compte des vitamines et minéraux – ce qui peut mener à des festins de croquettes de poulet dans des chaînes de restauration rapide, par exemple).

Le problème avec le concept de « macros » est que c’est un concept statique dans un monde dynamique. Par exemple, j’ai mes jours de repos, et mes jours d’entraînement. J’ai différents types d’entraînement – en musculation, en étirement, et en conditionnement métabolique. Mes macros vont varier selon mes activités de la journée.

Par exemple, un jour de repos ou d’étirements, je viserais un peu plus de lipides et moins de calories totales.

Mes jours d’entraînement en musculation, j’augmenterais un peu ma quantité de protéines et un peu de glucides.

Mes jours d’entraînements cardiométaboliques, j’augmenterais ma quantité de protéines et beaucoup de glucides.

Je ne connais pas d’aliment qui répondrait à ces besoins variables de macronutriments… la plupart des végétaux ne contiennent habituellement pas de lipides et de glucides en grandes quantités égales. La viande est riche en protéines et en gras, selon la coupe, mais pas en glucides. Les produits laitiers les plus naturels sont habituellement assez riches en gras et contiennent un peu de glucides et de protéines. Les produits céréaliers sont presque toujours composés de glucides. Sans compter que les besoins nutritionnels en micronutriments (vitamines et minéraux) auront bien de la difficulté à être comblés!

Superaliment, super antioxydant?

Les « antioxydants » font référence à des molécules qui ont la propriété de combattre les « radicaux libres ». On subit « radicaux libres » en plus grande quantités à cause entre autres de la pollution, de la cigarette, de l’alcool, mais simplement par le fait d’exister – lors du nombre incalculable de réactions biochimiques se déroulant dans notre corps à chaque seconde, certaines réactions créent des « radicaux libres » qui augmentent notre « stress oxydatif » et le risque de souffrir de maladies chroniques.

Les antioxydants prennent plusieurs formes : la vitamine C dans les fruits et légumes, les caroténoïdes/flavonoïdes/resveratrol dans certains fruits et légumes, la mélatonine (qui est une hormone), des acides aminés comme la gluthathione, et j’en passe.

L’ami Guillaume a rédigé il y a de cela quelques années maintenant un article ou il recensait plusieurs méta-analyses (regroupement d’études) sur les antioxydants.

Conclusion : bof.

On dirait que les meilleurs bénéfices des antioxydants ont lieu lorsqu’ils proviennent d’une grande variété d’aliments complets, et que les bénéfices ne seraient peut-être pas entièrement dûs aux antioxydants en soi, mais peut-être aussi au simple fait de consommer ces aliments complets.

 

Les superaliments : pas un « magic bullet ». La solution?

Malgré ce que l’on voudrait bien croire, malheureusement, on ne peut pas conclure que l’addition d’un seul aliment parviendrait à régler tous les problèmes de santé et de performance de quelqu’un.

J’aimerais aussi avoir une solution miracle pour régler tous mes problèmes. Malheureusement, en attendant de l’avoir, je me contente de :

  • M’entraîner régulièrement
  • Manger une grande variété d’aliments non transformés
  • Avoir une hygiène de sommeil
  • M’amuser!

C’est pas mal plus agréable que de chasser la pilule miracle.

Bonne semaine!

Vincent

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