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Les quartiers où les rêves vont pour mourir

posted by Paléo Québec novembre 8, 2017 1 Comment
quartiers paléo québec

Un de mes leitmotivs est « change ton environnement ». Manque de motivation? Change ton environnement. De la difficulté à dormir? Change ton environnement. C’est dur de bouger? Change ton environnement!!! J’ai été frappé la dernière fois que je suis passé déposer quelqu’un à Mirabel dans un quartier tout neuf en retournant à Gatineau: c’était un des pires quartiers que j’ai vus pour la santé de ses occupants. Logements dernier cri qui coûtent cher, asphalte partout, rues pleines de voitures et généralement… un crime contre la santé humaine.

Voici une image qui représente bien les quartiers dont je parle.

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Voyons Guillaume, de quoi tu parles? C’est joyeux pis toute! Regarde les cyclistes pis les ti-chiens!

L’image (fictive, on ne verrait pas de piétons et de cyclistes) représente quasiment tous les quartiers construits dans les 10-15 dernières années au Québec. J’en ai vus des semblables à Laval, à Gatineau, à Mirabel, à Sherbrooke et je suis pas mal sûr que c’est le modèle de base des urbanistes et des compagnies de construction en ce moment. Dans un sens, c’est génial. Ça rejoint ce que beaucoup de gens veulent: une habitation neuve pas trop chère avec quelques salles de bain, dans un quartier à part pas trop près de la folie du centre-ville, avec des bonnes places de stationnement. Qu’est-ce qu’il y a de mal avec ça? À première vue il y a tout pour nous rendre heureux, mais malheureusement, les humains sont généralement terribles pour identifier ce qui les rend heureux.

On change d’angle et on regarde ça comme des paléos

La liste des problèmes avec les nouveaux quartiers est longue:

  • Peu/pas de parcs, peu/pas d’espaces verts. Vous avez des bons souvenirs de vous être amusés à courir dans le bois et à jouer au parc? Oubliez ça pour vos enfants, ils vont être cloués à leur X-Box, faute de meilleures options. Les terrains sont petits, en plus les nouveaux développements pensent rarement à aménager des espaces publics. Ils sont d’ailleurs souvent construits à la place des boisés publics dans lesquels les enfants auraient pu jouer.
  • Loin des services de base. Avec les règles actuelles de zonage, les quartiers résidentiels sont souvent étendus sur de grosses zones. Les épiceries/banques/pharmacies/loisirs/autres sont à 10-15 minutes de voiture minimum. Dans l’exemple de Mirabel que j’ai mentionné au début, si les gens veulent faire leur épicerie, ils doivent se rendre au centre d’achat inhospitalier pour les piétons de l’autre côté de l’autoroute 15. Allo trafic!
  • Rues conçues pour les voitures. Un autre plan pour engraisser les enfants. Vu qu’il n’y a rien à faire dans le quartier (voir les deux points précédents) et que les trottoirs sont rares, il y a une circulation automobile constante. Oubliez le hockey dans la rue avec les amis, les enfants qui font de la corde à danser et les parties de cachette. Un enfant qui joue dehors a 50% de chances d’être un enfant encastré dans un pare-brise.
  • Terrains petits et béton partout. Pas toujours mal, mais dans ce cas-ci, ça veut dire que 90% du territoire est gris béton, ce qui provoque des îlots de chaleur et du vent. En été la température au sol augmente de 1000 degrés et en hiver le manque d’arbres amène des vents polaires en pleine mouille.
  • Béton partout, prise 2: Je suis témoin d’un phénomène intéressant cette année à Gatineau. Il pleut plus que la normale et il y a constamment des inondations. Normalement, en cas de précipitations le sol et les milieux humides absorbent beaucoup d’eau de pluie et le niveau des rivières monte modérément. À Gatineau, vu que des champions ont recouvert la majorité du sol d’asphalte et de ciment, en plus de construire des quartiers sur des milieux humides (mention spéciale pour Laval, la championne dans ce domaine), l’eau coule directement vers les rivières et les fait déborder. Résultat: rues inondées, sous-sols inondés, maisons détruites.
  • Loin des centres d’emploi. « Oh, c’est juste à 30 minutes de ma job! … sans trafic, sans construction, à 3 heures du matin ». On se retrouve avec une heure dans le trafic matin et soir. 10 heures perdues par semaine, en plus de l’argent perdu en essence et en usure de voiture. Chiffres punch: une étude britannique vient de montrer qu’ajouter 20 minutes par jour de transport au travail à quelqu’un a un impact aussi négatif que lui couper 19% de salaire.

Changement de paradigme: qu’est-ce qu’on veut alors?

J’ai déménagé 7 fois dans les dernières années, en plus d’avoir acheté un quadruplex à Sherbrooke. Je commence à avoir une bonne idée des trucs à regarder avant de choisir un nouvel endroit où habiter.

Je cherche:

  • Un accès à des espaces naturels pour bouger. Quand tu as l’impression d’être dans les jardins d’Éden quand tu mets le pied dehors, ça motive à sortir de ton trou et à prendre du soleil un peu! Les enfants y sont aussi sensibles: s’ils peuvent grimper/courir/ramper dans des environnements stimulants, le iPad prend le bord.
  • Des pistes cyclables et des espaces favorables pour les piétons. Non seulement on gagne à se déplacer activement, on a aussi avantage à ce que les autres le fassent. C’est moins de pollution sonore et un air plus pur pour tous. Au niveau personnel, savoir que je suis plus en sécurité quand je me déplace en vélo ou à pied, ça compte pour beaucoup.
  • Si on a le choix, on veut un quartier avec des grands terrains à la place de grandes maisons. Généralement il y a plus de vie sauvage et les enfants peuvent jouer plus facilement dehors.
  • Des services à proximité, idéalement à distance de marche. Bibliothèque, piscine, gym, épiceries et banques.
  • Un endroit proche de mon emploi. Trop peu de gens calculent les impacts négatifs du temps passé sur la route. On perd généralement au change en habitant loin de son emploi, que ce soit en argent ou en temps.

Est-ce que c’est trop demander? Je crois que non et j’ai quelques exemples en tête.

Exemples de bons quartiers où j’ai habité

Vimont/Auteuil, à Laval

J’appelle souvent Laval une ville ratée, parce que l’administration de la ville a fait un travail dégueulasse pendant au moins 30 ans. Les coins verts ont été rasés pour mettre des condos laids et des centre d’achats qui s’étendent à perte de vue, et le centre-ville a été raté de A à Z. Pourtant, le quartier où j’ai grandi était, si on le regarde de plus près, pas loin d’être idéal.

Au bout de la rue de mes parents il y a un parc avec une piscine publique. La rue n’est pas très passante, donc les enfants peuvent y jouer sans se faire trop déranger. L’école primaire et l’école secondaire sont accessibles à pied, en plus des parcs qui les entourent. À pied/vélo on a aussi accès à des épiceries, des banques, des gyms, tout ce qu’il faut pour fonctionner au quotidien. La piste cyclable de la route verte et des lignes d’autobus qui mènent directement au métro ne sont pas loin. Cerise sur le sundae: les maisons du quartier sont encore à un prix raisonnable vu que les gens sont attirés par les nouvelles baraques avec 2-3 garages et pas de terrain.

Vieux-Nord et Fleurimont à Sherbrooke

Je suis vendu Sherbrooke, en particulier le Vieux-Nord et Fleurimont, mais honnêtement, plusieurs autres secteurs de la ville feraient l’affaire. Si je regarde autour de mon quadruplex, j’ai, à 30 minutes de vélo, accès à pas mal tout ce que je veux. Des écoles primaires, des écoles secondaires, un cégep, une université, des épiceries, le centre-ville et plusieurs endroits pour profiter de la nature (des gros parcs, deux rivières, un marais aménagé pour les piétons, un mont avec des pistes de vélo de montagne, ski et raquette). Le quartier est généralement vert et plein de vie. Gros bonus: le coût de la vie à Sherbrooke est nettement plus bas que dans des plus grosses ville comme Montréal ou Québec.

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Sherbrooke c’est magique!

Le quartier Lac-des-fées, à Gatineau

Le quartier où j’habite présentement. Un vrai… conte de fées. Ottawa est à 20 minutes de vélo sur des pistes cyclables splendides (pistes cyclables qui sillonnent Gatineau et Ottawa et qui font de l’Outaouais la meilleure région cyclable au Québec). En allant travailler et m’entraîner je roule 80% du temps sur des pistes cyclables et je croise régulièrement des animaux comme des chevreuils, des dindons sauvages, des hérons et même des castors. Le Parc de la Gatineau est juste à côté, avec ses sentiers de randonnée et de raquette, ses pistes de ski de fond et de vélo de montagne, ses lacs, ses pistes cyclables, ses pentes de ski alpin et même plus. Au niveau des services, même chose que les quartiers mentionnés plus haut: TOUT est proche. Banques, épiceries de qualité, bibliothèques, écoles, cégep … tout ce qu’on veut. Facile de trouver de la motivation pour bouger!

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Ailleurs et conclusion

Chaque ville du Québec a probablement des quartiers qui sont nettement plus favorables que d’autres pour la santé de leurs résidents. Bonne nouvelle: ce sont rarement ceux où le coût de la vie est le plus cher, parce que beaucoup de gens pensent, à tort, que le secret d’une vie en santé et heureuse c’est un manoir avec 57 pièces et 3 voitures dans un quartier dortoir à 1 heure de voiture de leur lieu de travail.

Si vous n’êtes pas dans le quartier idéal, pas de panique, mais gardez en tête ce que vous voulez pour la prochaine fois que vous changez d’appartement ou que vous achetez une maison.

Et restez loin de Mirabel si vous travaillez à Montréal.

Guillaume

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1 Comment

Sylvain novembre 8, 2017 at 3:36 pm

J’habite Ville-Émard, un quartier qui s’est développé il y a environ un siècle. Les rues sont calmes, c’est plein de parcs, toutes les maisons ont des cours et le métro est à côté. On se demande pourquoi il faut oublier ce qu’on savait déjà.

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