Opinion

Entraîner sa résilience face au stress

posted by Paléo Québec novembre 13, 2017 1 Comment

Dans ma vie professionnelle, j’interagis constamment avec le public. Une remarque qui revient à l’occasion est à quel point j’ai l’air calme. Pourtant, ce n’est pas un air que je fais exprès de cultiver pour me donner un genre… je pense que je suis, la majeure partie du temps, difficilement perturbable.

La « résilience » est un concept en biologie qui fait référence à « la capacité d’un système à absorber une perturbation, à se réorganiser, et à continuer de fonctionner de la même manière qu’avant » (Wikipedia). Toujours en biologie, le « stress » est justement un stimulus venant perturber le système et qui peut occasionner une réponse adaptative de l’organisme.

Nous sommes constamment exposés à des stimulus qui perturbent notre équilibre physique et mental. Ces éléments « stressants » peuvent être positifs (comme de l’activité physique, ou les antioxydants dans les aliments) ou négatifs, visant à détériorer notre organisme.

Voici quelques trucs que j’utilise pour améliorer ma résilience et diminuer mes réponses stressantes.

S’inoculer du stress incontrôlé… en s’imposant du stress contrôlé

Le principe des vaccins est de donner une petite dose d’un agresseur afin que le système immunitaire apprenne à « reconnaître » cet agresseur, et ainsi savoir comment y faire face la prochaine fois qu’il croise notre chemin.

Le stress que l’on associe au fait d’être en retard, coincé dans le trafic, dans les transports en commun ou de parler en public stimule notre système nerveux sympathique – celui qui est responsable d’augmenter notre fréquence cardiaque, de dilater les vaisseaux sanguins et les pupilles et qui nous fait prendre des respirations rapides mais peu profondes.

Savez-vous ce qui active aussi notre système nerveux sympathique? De l’exercice physique.

La tendance du corps humain est à l’absolu moindre effort. Le moins on bouge et le plus on mange, le plus notre corps est heureux. Toutefois, sans cette stimulation occasionnelle et contrôlée de notre système nerveux sympathique, qu’arrive-il lorsque nous subissons du stress contre notre gré? Nous cassons ; le stress prend le dessus, et il devient difficile d’être performant sous pression.

Je recommande à tout le monde d’avoir une séance d’entraînement très intense par semaine, si leur santé physique le permet. Il y a quelque chose de primal dans le fait de « vider le réservoir » au complet et dans la recherche de nos limites physiques ou mentales.

Approx. la 15e minute d’un AMRAP (As Many Rounds As Possible) compétitif de 20 minutes.

Quelle est la première chose que les dresseurs de chien font dans les émissions de dressage lorsqu’un chien a un mauvais comportement? Ils les amènent marcher. Mon type de marche a un peu plus de burpees et de barbells, mais ça fonctionne aussi bien.

Un example particulier dans mon entourage est celui de nouveaux parents. Je suis à l’age ou plusieurs amis ont des enfants en bas âge, et même si cela n’a aucune base scientifique, j’ai remarqué que ceux qui s’adonnaient à des activités physiques intenses avaient beaucoup moins de difficulté à gérer le stress associé à leurs enfants : les habiller, choisir comment les habiller, les nourrir, choisir ce qu’ils vont manger, changer leurs couches et j’en passe…  et multipliez ça par le nombre d’enfants présents! Les parents très actifs sont beaucoup plus relax dans la gestion de leurs enfants.

Entraîner « la dureté de mon mental » à répondre au stress

Ceux qui ne sont pas familiers avec « la dureté du mental » peuvent se référer à l’équivalent du TedTalks sur le sujet ici.

De manière plus sérieuse, je fais plutôt référence à l’état d’esprit dans lequel je me trouve lorsque je suis en position de stress. La manière la plus simple d’aborder le problème à mon avis est de me poser la question : Est-ce que j’ai du contrôle sur la situation stressante?

  • Si oui – qu’est-ce que je peux faire pour y remédier?
  • Si non – qu’est-ce que je fais à m’en soucier?

N’interprétez pas que je vais sciemment me lancer dans des situations stressantes pour ensuite essayer de les ignorer. Au contraire, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter de me retrouver dans ces situations en tentant de prévoir les coups. Toutefois, le monde étant imprévisible, si j’y suis confronté, je suis beaucoup plus confortable dans l’action que dans la réaction.

Comme le dit la blague, « Comment mange-t-on un éléphant? »

Une bouchée à la fois.

Comment boucle-t-on un projet?

Une étape à la fois.

Toute chose a un début et une fin, et on se rend souvent compte que finalement, ce n’était pas si grave que ça. Autant prendre le taureau par les cornes : si le stress était si grave que ça, il passera plus vite. S’il n’était pas si grave que ça, le problème est réglé.

Pour citer un homme fictif qui portait du mascara : « Le problème n’est pas le problème. Le problème est ton attitude à propos du problème ».

Corrigez votre attitude, et lors de votre prochain workout vous pourriez avoir l’air tout aussi frais et dispos :

C’est pas vrai. C’était juste le 1er tour du AMRAP de 20 minutes, ce qui explique ma tête de con.

L’exercice physique est encore une fois un moment où j’ai l’occasion de développer ma résilience. C’est un moment contrôlé de ma vie où je peux pousser un peu plus loin les limites pour voir jusqu’où est-ce que je peux aller. C’est possible de pousser son corps au bout du rouleau, mais je sais que mon plus gros blocage est mental. C’est loin d’être facile de repousser les limites en « allant un peu plus vite » ou en faisant « une répétition de plus », mais chaque petit effort contribue à me rendre plus fort mentalement et plus résilient.

Jusqu’à sourire comme un con, même en pleine compétition.

En cas de stress incontrôlé?

Et si nous ne sommes pas en contrôle du stress? Il n’y a malheureusement pas mille solutions. Chaque chose a un début et une fin. La source de stress va passer éventuellement.

En attendant, cela ne rend pas le moment beaucoup plus agréable. Autant j’entraîne « la dureté de mon mental » en situation de stress contrôlé, je dois faire l’opposé en cas de stress incontrôlé : je dois apprendre à lâcher prise.

Dans notre vie occidentale confortable, les situations de vie ou de mort sont relativement rares. Je me pose la question : est-ce que l’évènement stressant va être important dans une semaine? Dans une mois? Dans un an? La réponse est la majeure partie du temps : non. Je me lance une séance de Headspace (une application de méditation, iTunes et Google Play) et je tente de me détendre.

Si votre stress provient de la peur du jugement des autres (qu’il soit réel ou suspecté), souvenez-nous qu’en tant qu’êtres humains, nous sommes remarquablement centrés sur nous-mêmes et on oublie que les autres… font pareil! La broutille qui vous fait perdre le sommeil a probablement été oubliée par tout le monde dans votre histoire.

Et surtout, même si vous êtes de mauvaise humeur, faites semblant d’être de bonne humeur. Au pire, vous aurez réussi à faire passer à ceux autour de vous une plus belle journée. Au mieux, ils vont rendront la pareille!

Passez une bonne semaine… pas trop stressante!

 

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1 Comment

Sylvain novembre 13, 2017 at 6:45 pm

comment mange-t-on…
comment boucle-t-on…
J’espère que ça te stresse pas trop…

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