Opinion

En santé, la science est une nouvelle religion – et vous devriez devenir agnostique

posted by Paléo Québec juillet 12, 2019 0 comments

Bonjour, groupe!

Désolé pour le long hiatus sur ce blogue. Guillaume et moi avons été relativement occupés, et je ne vous cacherai pas que nous avons eu une petite baisse de foi. Des fois, nous avons l’impression que nous avons tout écrit ce qu’il est possible de dire sur le sujet et que nous nous répétons sans arrêt.

Une petite question sur Facebook nous a démontré qu’il y avait encore un intérêt pour le blogue, et j’ai eu la perception (peut-être erronée) que nos lecteurs avaient une préférence pour des articles un peu plus pratiques, un peu plus digestibles.

C’est drôle, cette perception est venue en même temps qu’un espèce d’écœurement pour quelque chose qui, précédemment, m’était assez cher : une validation scientifique. La plupart des articles que nous écrivons essaie d’inclure des références à des articles ou des concepts scientifiques, car nous jugeons qu’il est important d’avoir une validation, que nos concepts sont fondés sur quelque chose de sérieux.

Toutefois, aujourd’hui, j’ai l’impression que les gens attachent plus d’importance à leur identité qu’à un contenu particulier. Argumenter avec un paléo, un vegan, un omnivore-pro-modération, ne débouche que sur une seule avenue : on en ressort fâché que l’autre « ne voie pas la vraie vérité ». Cette « vraie vérité » se fait aujourd’hui à grand coups d’études scientifiques.

Études, identité et notre cas personnel

Vous voulez rire? Je ne me définis même pas comme « paléo ». Je me définis comme quelqu’un qui « mange de la vraie nourriture ». C’est une catégorie plus large et moins controversée : d’être un « agnostique nutritionnel », qui n’adhère pas à un courant particulier, me permet une journée de manger plus ou moins de gras, de glucides, de protéines, selon mes besoins et mes activités, tout en maximisant un apport de micronutriments.

Après 7 ans de paléo, j’ai l’air de quoi? D’un gars de 31 ans, 5’11’, 195 lbs (ou 1,81 m / 88 kg pour nos amis européens!) et 10% de gras, qui est capable d’entreprendre toutes les activités physiques qu’il veut et qui manque rarement de jus à l’effort. Je suis rarement malade. Je n’ai pas de blessures ou de douleurs chroniques. Je suis, selon toute apparence, en excellente santé.

Si je désirais argumenter avec un identitaire vegan ou à un omnivore-pro-modération, je me ferais dire que je suis en train de m’exposer à des risques importants à ma santé. Je me ferais bombarder d’études sur les risques à la santé liés à consommer de la viande et à se priver de produits laitiers, de produits céréaliers et  de légumineuses. Ces études sont légion.

Vous voulez la longue histoire courte? Je m’en contrefous. Je préfèrerais courir un marathon en jeans mouillés trop grands pour moi (et je déteste courir) que d’argumenter.

Mes résultats parlent d’eux-mêmes. Si ce que je fais en ce moment fonctionne de toute évidence bien pour moi, pourquoi est-ce que je changerais drastiquement ma façon de faire?

Le pouvoir de l’anecdote

Lorsque j’ai commencé à adopter un mode de vie paléo en 2012, la science était presque absente sur le sujet. Je n’avais que des anecdotes et des témoignages de gens, des « avant-après » qui avaient l’air fabuleux, et la parole de mon bon ami Guillaume.

J’ai essayé. Cela a fonctionné : ma santé s’est améliorée notablement. Une prise  de sang s’est révélée impeccable, sans céréales ou produits laitiers et avec beaucoup plus de gras dans l’alimentation.

Le scientifique endurci dirait « Des anecdotes n’est pas une preuve scientifique ». Sauf qu’il faut que le scientifique endurci descende de sa tour d’ivoire et l’accepte : ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de preuve scientifique sur un sujet que cela le rend faux ou invalide.

Pire, si l’anecdote contrevient à ses croyances, le scientifique va aller chercher une étude qui confirme ce qu’il pense. C’est plus facile de faire ça et d’éviter de passer à travers le chemin difficile de se remettre en question. La science devient un refuge qui évite de se poser des questions. On adopte des chercheurs qui défendent héroïquement les concepts qui nous sont chers, et on boit leur paroles sans chercher à les contredire.

La science est devenue une religion.

Lacunes d’études scientifiques sur l’être humain

Nous avons déjà mentionné certaines lacunes d’études scientifiques par le passé, mais faisons un bref rappel:

  • Les résultats d’études parlent de moyennes sur des populations, pas d’individus ;
    • Donc, les individus peuvent ne pas répondre exactement comme l’échantillon choisi.
  • Les études sont de qualité variable :
    • Dans leur méthodologie ;
    • Dans le choix de leur participants ;
    • Dans la récolte de données ;
    • Dans l’interprétation qui est faite par les auteurs.
  • Les études sont en retard!
    • Ce qui se fait sur le terrain est testé scientifiquement cinq à dix ans après son application.
    • Comme disait Charles Polliquin : « Si on attend la science, on ne produira jamais d’Olympiens. »
  • Les études peuvent être biaisées :
    • Par la provenance des fonds servant à financer l’étude ;
    • Par les biais personnels des chercheurs ;
    • Par les courants de pensée de domaine scientifique.
  • Les variables sont incontrôlables!
    • La nutrition, l’activité physique, le sommeil, la gestion du stress, l’exposition au sommeil, les maladies et infections, les toxines, la génétique, l’épigénétique, le sexe, sont tout autant de variables infiniment complexes « que l’on contrôle avec un filtre statistique » ? Vraiment?

Pensez-y la prochaine fois que vous lirez le prochain article scientifique coup-de-poing affirmant que les cerises cueillies au clair de lune augmentent la testostérone et règlent  vos problèmes d’argent.

Retrouvez-vous : brisez le moule!

Devenez votre propre sujet d’expérimentation. Essayez différentes stratégies alimentaires, différents types d’entraînement, différents moyens de gérer votre stress! N’adhérez pas qu’à un seul courant de pensée. Dès que vous briserez votre moule identitaire, vous n’aurez plus de barrières à la recherche d’une meilleure santé!

Bonne chance à tester votre santé!

Vincent

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