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La sécrétion d’insuline et la prise de poids

posted by décembre 21, 2012 1 Comment

Bonjour à tous mes p’tits hommes et femmes des cavernes. Vincent qui vous parle!
Vous avez peut-être vu nos vidéos #8, 9 et traitant d’insuline et de perte de poids (Numéro 8 ici. 9 ici et 10 ici). Nous expliquions que l’insuline était une hormone qui engageait les mécanismes permettant le stockage de gras – et nous voulons apporter quelques précisions après les récents articles de Stephan Guyenet. Vous connaissez peut-être le Dr Guyenet par son blogue Whole Health Source. Or, il a récemment écrit un article posant la question suivante : « Est-il temps de ré-écrire les livres sur l’insuline et l’obésité? » (En anglais). Il semble remettre en question le principe selon lequel l’hyperinsulinémie (sécrétion excessive d’insuline) est requise pour devenir obèse.

Commençons par établir grossièrement le mécanisme qui est communément proposé et accepté. Prenons un être humain normal qui mange un repas nord-américain typique de 70% de glucides, 20% de protéines et 10% de gras. Les glucides sont digérés dans l’estomac et les polymères sont réduits à leur plus simple expression (glucose ou fructose). Ces molécules franchissent la barrière de l’intestin et se retrouvent dans le sang. Le corps humain étant un milieu très strictement réglementé, le taux de glucose sanguin ne peut varier beaucoup. Le pancréas sécrète alors de l’insuline, hormone qui s’assure que le glucose puisse entrer dans les cellules et que les taux sanguins restent stables.

Si jamais les cellules ont besoin de glucose – par exemple les cellules musculaires pendant l’exercice – l’insuline sert de messager, et fait entrer du glucose aux endroits requis en s’attachant sur les récepteurs des cellules concernées. Si toutefois aucune cellule n’a besoin de glucose, on ne peut pas le laisser traîner dans l’organisme (trop haut et c’est toxique!). Il est donc transformé en triglycérides (en gras!), qui sont par la suite stockés et accumulés dans nos belles réserves de mou. Sachant que la personne moyenne bouge trop peu et consomme trop de glucides, on comprend pourquoi les gens engraissent petit à petit.

Pour quelqu’un de métaboliquement sain, on pourrait représenter ça par le fait de fermer votre porte de maison derrière vous (l’insuline) et que vous réalisez au même instant que vous n’avez pas vos clés. Votre conjoint est à l’intérieur, mais la sonnette est brisée – vous allez cogner, peut-être l’appeler, pour qu’il ou elle vienne vous ouvrir. Le conjoint arrive, c’est un aléa de la vie de 30 secondes, on n’en parle plus. Mais pour quelqu’un qui a des problèmes métaboliques, on voit souvent une cellule qui est résistante à l’insuline – ce qui est l’équivalent d’avoir un conjoint dur d’oreille. Vous avez oublié vos clés et vous appelez votre conjoint en cognant. Pas de réponse. Qu’est-ce que vous faites? Vous allez cogner plus fort, vous allez crier comme un défoncé jusqu’à ce que Monsieur ou Madame daigne vous ouvrir. Vous êtes essoufflé, et vous vous dites qu’il serait rudement temps de réparer cette satanée sonnette.

Chez les gens obèses, on voit très souvent de la résistance à l’insuline et une hyperinsulinémie (une surproduction d’insuline pour compenser la résistance à l’insuline) et plusieurs chercheurs ont commencé à croire que la résistance à l’insuline et l’hyperinsulinémie étaient nécessaires à la prise de poids. Or, les recherches semblent indiquer de plus en plus que tant que la sécrétion d’insuline est supérieure à la résistance, on va voir une augmentation de la prise de poids.

Ce que dit Stephan Guyenet, c’est qu’un sujet parfaitement sensible à l’insuline et avec un métabolisme sain peut très bien prendre du poids et devenir obèse s’il mange en assez grande quantité. Un métabolisme endommagé n’est donc pas absolument nécessaire pour prendre du poids et peut même ralentir le processus. Avec les diabétiques de type II, chez qui la résistance à l’insuline devient plus grande que la production d’insuline, on voit même une perte de poids!

Qu’est-ce qu’on retient de tout ça? Qu’on peut être parfaitement sensible à l’insuline et être obèse quand même si on mange trop de calories. Heureusement, la diète paléo est remplie de sources de protéines et de gras qui aident énormément à gérer la faim et à éviter la prise de poids. Mangez avec joie et ne vous privez pas des bons aliments, mais si vous êtes rendus à votre 3ème livre d’amandes cette semaine, il est possible qu’un peu de mou apparaisse.

Vincent

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Ceci n’est pas une calorie | Paléo Québec septembre 23, 2013 at 9:50

[…] Comprenons d’abord que notre corps peut absorber une quantité limitée de glucides. Notre sang peut tolérer d’avoir un certain niveau de glucose circulant – trop peu et nous souffrons d’hypoglycémie, trop haut et c’est toxique pour nos cellules. Lorsque l’on mange du sucre, notre corps veut tenir le niveau de glucose circulant dans un certaine fourchette et stocker/brûler le fructose. Il sécrète de l’insuline pour les faire entrer dans les muscles (glucose) et le foie (glucose et fructose) sous forme de glycogène. Si nos muscles et notre foie sont complètement remplis de glycogène, le stockage se fait sous forme de gras, car le corps ne veut pas tolérer un niveau de glucose sanguin trop élevé. Nous en parlons un peu plus en détails ici. […]

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