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Rafale 6 – L’éthique et le goût des aliments

posted by décembre 22, 2013 0 comments

Bonjour, groupe!

En rafale cette semaine :

L‘éthique? L’ancienne éditrice en chef du New England Journal of Medecine (un des plus importants/prestigieux journaux de recherche) affirme qu’il n’est plus vraiment possible de croire la recherche épidémiologique publiée et le jugement des institutions en raison des biais des auteurs et des groupes d’intérêt. Cela demeure l’opinion d’une personne, mais d’une personne qui est l’une des mieux placées pour émettre un tel jugement.

D’une part, nous ne sommes pas surpris… un exemple parmi tant d’autres : une étude menée par Kellogg démontre que ses céréales sont efficaces pour promouvoir la perte de masse grasse. Saviez-vous que selon une étude menée par mon chat, la quantité de nourriture est trop petite pour subvenir à ses besoins? Soyons sérieux, le biais du juge et jury n’est que trop évident. Les nutritionnistes reçoivent sans cesse des infolettres de compagnies alimentaires pour les « informer »… par exemple, le groupe Pepsico qui a envoyé cette lettre à notre nutritionniste paléo préférée, Aglaée Jacob.

Donc, pas surpris, mais déçus. La science ne devrait pas pouvoir être biaisée : on teste des hypothèses, on mesure des résultats et on les interprète pour comprendre, schématiser et paramétrer le monde qui nous entoure. Il ne faut donc pas jeter le bébé avec l’eau du bain : les études dont le protocole est solide (« randomized control trial » – essai contrôlé randomisé) et qui semblent exemptes de biais ne devraient pas être ignorées. Les conclusions des études devraient toujours être ignorées au profit de l’analyse des chiffres – il faut regarder ce que les auteurs des études ont observé comme ayant un effet significatif (identifié par une mention p < 0.05) et s’assurer que les conclusions des auteurs sont cohérentes avec leur résultats.

Paléo Québec va donc continuer de se fonder sur des études pour appuyer ses dires… mais méfiez-vous des titres d’articles de journaux trop retentissants! Vous pourriez vous en mordre les doigts.

Un article qui vient tout juste d’être publié a étudié un phénomène intéressant: ce qui se passe avec la santé de participants qui consomment des arachides de différentes saveurs. Au niveau métabolique, les participants qui étaient plus à risque de maladies cardiaques ont vu une amélioration de leur profil (baisse des triglycérides, baisse du cholestérol, baisse de la pression sanguine diastolique), mais pas ceux qui étaient en meilleure santé. C’est bien, mais ce n’est pas la raison pour laquelle je parle de l’étude.

Ce qui est vraiment intéressant, c’est la façon dont les participants ont reçu leurs portions d’arachides. Chaque participant recevait 42g d’arachides en 3 portions quotidiennes de 14g. Certains avaient la même saveur trois fois, d’autres avaient trois saveurs différentes. Les participants qui avaient des saveurs différentes ont pris légèrement (c’était significatif) plus de poids que les autres sujets. Le gain de poids de plus n’était que de 400 grammes sur 3 mois, mais avec une consommation quotidienne de seulement 42g d’arachides, on pouvait difficilement s’attendre à plus.

La raison pour laquelle les gens prennent plus de poids sur un régime alimentaire moderne ne sont pas encore claires. Stephan Guyenet a comme théorie que les aliments modernes stimulent plus la faim à cause de leur texture, de leur contenu et de leur goût. L’étude sur les arachides s’aligne bien avec cette théorie. Les participants ont tous reçu la même quantité de calories des arachides, ce qui veut dire que ceux qui ont mangé différentes variétés ont mangé plus durant le reste de la journée. Est-ce que plus de variété de goût dans l’alimentation pousse le cerveau des gens à manger plus? Ça semble plausible. Ça mérite de rester à l’affût des études sur le sujet dans le futur!

D’ici là, gardez la forme!

Vincent et Guillaume

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