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Politique et santé: que font nos partis?

posted by mars 31, 2014 0 comments

Chers lecteurs,

Vous qui lisez ce blogue depuis quelque temps (si vous êtes nouveau, bienvenu!), vous savez que nous tentons de supporter nos billets de blogue par des articles scientifiques, des études ou au minimum des raisonnements scientifiques qui vont vous servir à établir des balises à l’intérieur desquelles vous pourrez poser des actions concrètes pour agir.

C’est assez simple : nous écrivons sur notre blogue que les gras naturels, la viande rouge et le sel ne sont pas aussi dangereux que la sagesse conventionnelle voudrait nous le faire croire, que couper les aliments transformés et limiter son apport en sucres raffinés peut avoir des bénéfices pour la santé (tel que suggéré par des études scientifiques) et que se priver de gluten (Gasp!) est probablement bénéfique pour la santé, mais… il faut aussi du concret. Connaître l’information ne suffit pas, il faut aussi la mettre en application. Il faut faire des tests avec soi-même, comme augmenter ou diminuer sa consommation de glucides, comme l’expliquait Guillaume dans un article récent.

Donc, si vous ne mettez pas l’information en application… à quoi bon?

Portrait de la population

Ce qui m’amène à mon sujet principal, et si vous décidiez de décrocher rendu ici, je ne vous blâme pas : on va parler de paléo en société et d’élections.

Je le répète souvent qu’un de mes « buts » avec Paléo Québec est d’améliorer la visibilité de ce mode de vie qui semble apporter une meilleure qualité de vie à tant d’individus. La somme de ces individus, en société, fait une masse de gens qui sera moins malade, plus productive, et qui va contribuer à une société plus forte et plus écologique. À ce jour, nous avons quelques 1300 fans sur Facebook ; nos amis de Manger Paléo en ont un peu plus que 2100. Nous avons sûrement beaucoup de recoupements peut-être quelques « likes » qui sont des « spam » mais soyons optimistes : supposons que nous avons environ 10,000 paléos à la grandeur de tout le  Québec. C’est 0,125% de la population totale d’environ 8 millions. C’est très peu! En termes entreprenauriaux, on dirait qu’on a une pénétration de marché insignifiante.

Savez-vous combien il y a de diabétiques au Canada, en 2012? Il y en a 488 122, selon Statistique Canada. 6,1% de la population.

Des hypertendus? (pression systolique <144 mm Hg)? 1 199 513. (15%).

Embonpoint ou obésité? (IMC < 25)? 3 091 296. (38,6%).

On en comptait 150,000 nouveaux cas de cancer (Au Canada) en 2007 (ce qui me semble beaucoup, mais à en croire les statistiques, c’est bel et bien ça.) Saviez-vous que l’obésité est un facteur de risque pour développer le cancer? Sachant que l’obésité n’est pas en train de reculer, c’est un phénomène archi inquiétant.

Tout ça fait qu’en 2013-2014, on estime que le gouvernement Québécois va dépenser 32,7 milliards en santé. Ceci tient forcément compte d’un paquet de programmes sociaux (ex. de l’aide aux personnes âgées) que l’on a brochés à ce chiffre.

Prévention avant réaction

Puisque nous sommes en sol canadien, utilisons une citation de Wayne Gretzky: « Soyez là ou la puck va être, pas où elle est ». En ce moment, j’ai l’impression que les politiciens sont en mode réactif – c’est-à-dire qu’ils agissent de façon à boucher les trous en trouvant des modes d’exploitation du système de santé qui sont optimisés, en ouvrant des programmes répondant à des besoins spécifiques pour désengorger les urgences, en ouvrant plus de places dans les université en médecine. « Là où la puck est en ce moment », c’est qu’on a un manque de ressources dans le système de santé en raison de maladies chroniques qui les accaparent. « Là où la puck va être » – c’est la même situation, mais en aggravé. La population du Québec vieillit et grossit et va devenir plus diabétique. Malheureusement, ajouter des médecins et de l’argent est lune guerre que nous allons perdre, car on ne fait que traiter le symptôme, pas la cause.

Les politiciens parlent beaucoup de santé – en promettant de réduire les listes d’attente et en promettant un accès plus facile à un médecin. Peut-être que l’accès aux médecins serait plus facile si on avait moins de gens malades, qui ont bien besoin de voir leur docteur régulièrement, au détriment des patients. Les politiciens parlent également beaucoup d’emplois. Créer de la richesse, c’est beau, c’est bien, et les capitalistes, les socialistes, les néo-bourgignonnistes (peu importe comment se dénomment les groupes du moment) se mettent d’accord sur le fait qu’il faut en créer. Mon argument est que l’on sauverait beaucoup d’argent public si on n’avait pas à le dépenser en premier lieu – en ayant, encore une fois, moins de gens malades.

Et vous, êtes-vous aussi là où la puck va être?

Intervention à faire

Une intervention préventive à l’échelle de la province – et il va falloir que ça aille un peu plus loin que le Défi 5-30, on s’entend – ça n’est absolument pas vendeur politiquement. Ça n’a aucun flash, aucun glamour qui aide les politiciens à se faire élire. En plus, imaginez si l’intervention connait beaucoup de succès – c’est peut-être un gouvernement formé par un autre parti, des années plus tard, qui récolterait les bénéfices de cette intervention! Ce n’est pas très payant politiquement – il n’y a donc aucun incitatif de la part des « meilleurs d’entre nous » à agir.

À ce titre, voici les engagements que j’ai dégagés en épluchant les plate-formes des principaux partis :

PLQ : S’assurer que l’argent soit investi le plus possible aux soins aux patients. Diminuer la bureaucratie. Diminuer le coût des médicaments.

PQ : Leur article 23 de leur plateforme stipule qu’ils désirent (extrait carrément de leur site)

  • adopter, après consultation, une politique nationale de prévention en santé qui permettra, entre autres, d’agir sur les individus par la promotion de saines habitudes de vie, et sur l’environnement par l’amélioration des milieux de vie;
  • doter le Québec d’une politique nationale du sport, du loisir et de l’activité physique s’adressant à tous les citoyens du Québec, de tous âges et de toutes conditions;

CAQ : Veulent modifier la rémunération des médecins, qui est à l’acte, pour passer à la performance ; restructurer les rôles des intervenants pour dégager une meilleure efficacité.

QS : Promettent un accès 24h/24 à l’aide de l’implication de CLSC.

J’ai été étonné en voyant que même 1 parti avait au moins un embryon d’idées dans son programme. Remarquez toutefois qu’il est écrit « Après consultation publique »… bref, on est pas sortis du bois.

Il y a plusieurs mesures possibles et faciles à appliquer pour tenter d’instaurer et de maximiser une campagne de prévention des maladies chroniques :

– Crédit d’impôts pour activités sportives, pour tous, peu importe l’activité ;
– Inciter les compagnies d’assurances à rembourser les frais de kinésiologues et nutritionnistes (même s’ils ne sont pas paléos, un pas dans le bon sens c’est un pas dans le bon sens);

– Réinstaurer des cours « d’économie familiale » dans les écoles (cuisine, nutrition) ;
– Maximiser des cours d’éducation physique dans les écoles ;
– Forcer les cafétérias scolaires à adopter des menus santé ;
– Crédits d’impôts aux entreprises qui incitent leurs employés à s’entraîner sur les lieux de travail ;
– Créer des « parcs pour adultes » dotés de structures extérieures ou semi-extérieures sportives

Vu la situation assez critique dans laquelle on se trouve, des mesures coercitives aurait peut-être également leur place… au même titre qu’on a agi sur la cigarette il y a tant d’années. Attention aux dérapages anti-gras saturés comme ça s’est vu au Danemark.
– Émettre des taxes supplémentaires sur la malbouffe ;
– Limiter les pubs sur la malbouffe. J’entends aussi par là le placement de produits dans les émissions ;
– Forcer les épiciers à mettre les produits de piètre qualité nutritionnelle sur les étagères inférieures (pourquoi pensez-vous que certaines marques sont à hauteur des yeux?) ;

Ces possibilités sont multiples et la plupart sont très raisonnables. Le parti qui aura une vision assez grande pour proposer ces mesures sera celui qui aura mon vote. D’ici là, chacun de vos gestes a quand même un impact. Plantez des arbres. Impliquez-vous au niveau municipal en demandant des parcs et des pistes cyclables. Installez des modules d’entraînement sur votre terrain. Plantez un jardin devant votre maison. Demandez à votre employeur des supports à vélo. Votez avec votre argent et achetez des produits biologiques.

Continuez à donner le bon exemple, et ne désespérez jamais! Chaque geste compte, qu’il soit politique ou non!
-Vincent

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