Nutrition

L’intolérance au gluten : le mythe et la réalité

posted by Paléo Québec août 4, 2014 4 Comments
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Ma famille, mes collègues et mes amis sont très respectueux de mon mode de vie : ils me comprennent et tentent de m’accommoder au possible en cuisinant des repas avec des aliments sans gluten, en se procurant des alternatives sans gluten, ou en choisissant des restaurants où je peux me débrouiller correctement pour m’alimenter. Je suis assez chanceux – aller dans un restaurant et entendre « j’ai une intolérance au gluten » ou « avez-vous un menu sans gluten » entraîne beaucoup de roulement d’yeux et de l’incrédulité.

Une nouvelle étude

Une publication récente (étude complète ici) n’aidera certainement pas cette perception. L’article est intitulé « Absence d’effets du gluten chez des patients avec des sensibilités au gluten self-rapportées après la réduction de glucides à chaine courte fermentables à faible absorption ».

L’étude a été menée sur 37 sujets, des hommes de 24 à 61 ans, souffrant du syndrome du colon irritable. Ils ont d’abord été placés sur une diète réduisant les glucides à haute teneur en fermentation dans l’intestin (« FODMAP) pendant 2 semaines, puis ils se sont vu attribuer l’un des trois groupes de suppléments : 16g de gluten, une combinaison de 2g de gluten et 14g de protéines de Whey, ou 16g de Whey pendant une semaine, puis sont revenus à leurs habitudes pendant 2 semaines. Les marqueurs d’inflammation ont été mesurés chez les sujets.

Les résultats abrégés sont que les symptômes liés au colon irritables se sont améliorés suite à l’élimination des FODMAPs dans l’alimentation – et que l’addition des suppléments en gluten, en gluten mélange ou de whey uniquement ne voient pas de différence significative dans leurs symptômes.

Les chercheurs ont donc conclu que le gluten n’occasionne pas d’effets spécifiques chez des gens ayant une sensibilité au gluten non coeliaque.

Quelqu’un qui regarde cette étude pourrait la lire et conclure que de se priver de gluten, ce n’est qu’une grosse farce…. mais ce n’est pas le cas.

Le gluten

D’une part, le premier constat que l’on devrait tirer de cette étude, c’est qu’à l’aide de la privation initiale de FODMAPs (dont le blé en contient un, le fructans), les participants à l’étude se sont trouvés mieux! Ainsi, les gens souffrant du syndrome du côlon irritables pourraient gagner à éliminer de produits de glucides fermentables de leur alimentation. Cela inclut le blé mais aussi beaucoup de fruits et légumes paléos : Mark Sisson rapporte qu’entre autres les asperges, le brocoli, le chou, le chou-fleur, les pommes, les avocats, les mangues, le melon d’eau et mêmes les saintes patates douces en contiennent.

Effectuons un 2ème constat. Quand, dans la nature, trouve-t-on du gluten isolé? Je pense que la seule possibilité est de manger du seitan, une espèce de pâte faite entièrement de gluten de blé. Toutefois, aux dernières nouvelles, les magasins végétaliens ne poussaient pas dans la nature. Autrement dit, les découvertes effectuées par ces chercheurs ont une validité scientifique indéniable qui est intéressante à un niveau physiologique, mais que pour vous et moi, ces conclusions ne sont guère applicables. À moins que vous n’ayiez toujours rêvé de vous faire des p’tites lignes de gluten?

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Si vous vous identifiez à Al Pacino dans cette scène, nous compatissons.

Plus que le gluten

Remarquons que le blé n’a pas que le gluten comme agresseur. La protéine de blé qu’est le gluten contient une portion de gliadine, qui peut stimuler des réactions auto-immunitaires. Elle contient aussi du « Wheat Germ Agglutinin », une lectine (moyen de défense des plantes) a un impact sur la taille du pancréas (à la hausse) et du thymus (à la baisse) et favorise le stockage de glucides dans les cellules adipeuses. Le blé contient également des opioïdes qui ne nous rendent pas drogués, mais nous affament.

La prochaine fois que quelqu’un mettra en doute le phénomène derrière l’intolérance au gluten, même non diagnostiquée, vous pourrez vous rabattre sur le fait que le blé est un agresseur incontestable à l’être humain : l’autisme (1,2,3), la diabète de type 1 (1,2,3), la dépression et l’ataxie sont tout autant de conditions qui se voient améliorées par l’adoption d’une diète « sans gluten » – en plus de l’amélioration de symptômes gastro-intestinaux.

De toute façon, vous avez le choix – vous pouvez tentez l’expérience de couper le blé et toutes les sources complètes de gluten, ce qui ne vous coûtera rien à part un carême d’un mois – ou continuer comme vous l’avez toujours fait et vivre avec l’incertitude d’être passé à côté de quelque chose.

Vincent

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4 Comments

L’intolérance au gluten : le mythe et la réalité… suite. | Paléo Québec août 11, 2014 at 8:52

[…] peine notre précédent article paru (« L’intolérance au gluten : le mythe et la réalité« ) qu’un article  paraît dans The Gazette (rien de moins!) décrivant les « mythes » des […]

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Devriez-vous vous méfier des instances traditionnelles en nutrition? | Paléo Québec novembre 17, 2014 at 5:41

[…] le gluten n’est peut-être pas l’inoffensive protéine de blé qu’on connaît (voici notre premier article sur le sujet, voici notre second) et que vous le rapportez à cette nutritionniste… […]

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Lettre ouverte aux pro-gluten | Paléo Québec janvier 26, 2015 at 7:48

[…] L’intolérance au gluten : le mythe et la réalité & L’intolérance au gluten : le mythe et la réalité… suite. : Ces articles détaillent certains aspects un peu moins agréables du gluten, ou des études établissent des corrélations entre le gluten et différentes maladies, surtout auto-immunitaires.. même chez des gens qui ne sont pas diagnostiqués comme étant coeliaques ou intolérants au gluten. […]

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Le mythe du mythe de l’intolérance au gluten | Paléo Québec mars 16, 2015 at 3:07

[…] un mythe, ce qui nous avait incités à écrire deux articles successifs sur le sujet (disponibles ici et ici). Ils ne représentent qu’une fraction de l’iceberg des articles que nous avons écrits […]

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