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Les 4 aspects du survivalisme paléo

posted by août 25, 2014 1 Comment
paleo abri

Résumé de l’article

– Du survivalisme paléo, est-ce possible? Absolument.
– Ayez des ressources prêtes en tout temps pour survivre environ trois jours.
– Ayez des bouteilles d’eau ou des pompes filtrantes pour traiter de l’eau.
– L’huile de coco, des cannages, du « jerky », des végétaux déshydratés ou lactofermentés et même des boîtes de conserve de légumineuses (diantre!) vont vous aider à survivre en cas de situation extrême.
– Les suppléments ne sont certainement pas prioritaires en situation de survie extrême.

 

Bonjour, groupe!

Un des défauts d’avoir accès à Netflix est l’abus de téléséries – de la téléindigestion, si vous voulez. Entre la rédaction d’articles inflammatoires sur le gluten, des exercices pour récupérer d’une vilaine blessure aux côtes ou photographier mes plats sur Instagram, je passe également du temps (beaucoup trop) à écouter The Walking Dead.

L’hypothèse d’un monde habité de zombies est absolument farfelue, mais combien de fois a-t-on vu des émissions parlant de survivalistes aux États-Unis se préparant à toutes sortes de catastrophes qui les isolerait de tout secours. Je ne compte pas juger de la probabilité ou non d’une telle catastrophe, mais être prêt – juste un peu – n’est pas déraisonnable.

Ceci étant dit, le monde paléo semble incompatible avec la préparation de survie : la nourriture fraîche naturelle est aux antipodes de la survie, qui compte sur des aliments préservés de diverses façons pour rester bonne indéfiniment. Alors si vous vouliez vous préparer « Paléo »… Comment faire?

1) Durée recommandée de réserves
Le gouvernement Canadien recommande lui-même d’avoir des réserves pour un minimum de trois jours. Une fois que ce minimum est atteint, soyez guidés par votre niveau de risque.

2) L’eau
De plus, sachez que si le corps humain peut se passer de nourriture pour une période allant jusqu’à un mois, il ne peut se passer d’eau que pendant 3 jours. Tentez d’avoir idéalement 2 litres d’eau par personne par jour. Si les paléos tentent d’éviter les bouteilles d’eau à cause des composés xenoestrogènes qu’elles contiennent, un survivant paléo n’a pas ce luxe. Les bouteilles d’eau ne coûtent pas cher et se gardent théoriquement un an, tant qu’on ne les ouvre pas.

Si vous n’avez pas beaucoup d’espace, il existe des pompes plus ou moins complexes (1, 2, 3) qui peuvent filtrer l’eau et la rendre potable. Le seul inconvénient d’une telle pompe est qu’il faut avoir de l’eau en premier lieu. Tout dépendant du type d’approvisionnement en eau que vous avez, vous pourriez par exemple remplir votre bain d’eau. Si c’est une pompe électrique, vous pourriez ne même pas avoir d’accès à l’eau.

Il existe également des pastilles de purification d’eau, mais vous ferez face au même problème – est-ce que vous aurez de l’eau, même non potable?

La plupart des autres liquides ne vous serons d’aucune utilité. Les jus, sodas, cafés, boissons énergisantes et alcools vous déshydrateront plus que quoi que ce soit d’autre. Les produits laitiers (et substituts) ne se conserveront pas. Mention honorable aux boissons sportives: si elles m’ont pas trop de sucre, elles vous donneront quelques ions.

3)  Nourriture
Les êtres humains ont depuis toujours tenté de trouver des moyens de préserver la nourriture. Le moyen le plus évident que nous connaissons est la congélation, qui est à oublier vu que dans un cas de survie nous perdons l’électricité. Que reste-il alors?

Le moyen le plus évident est ce que l’on appelle en bon québécois le « cannage ». D’une part, les conserves commerciales vont très bien faire l’affaire et ce sont les seules qui sont vraiment fiables pour conserver les viandes, telles que les poissons (thon, saumon, sardines) ou l’infâme corned beef. Remarquez que les cannages de fruits et légumes maison sont faciles à faire et se conservent tant et aussi longtemps qu’il n’y a pas de signe de pourriture – ce qui peut être des années! Il se trouve plein de tutoriels sur internet (en anglais).

L’être humain a également trouvé comme moyen de préservation des aliments la lactofermentation – les bactéries lactobacille consomment des glucides pour créer de l’acide lactique. En créant un milieu avec des glucides (contenus dans les végétaux), du sel, en créant un milieu sans oxygène, les légumes fermentent et se conservent assez longtemps. Choucroute, cornichons, kimchi, choisissez vos aliments pour maximiser la quantité de calories par pot – pour ne pas avoir une bibliothèque de pots Masson à moitié remplis!

Une autre façon de conserver des aliments serait de les déshydrater – et contrairement à la croyance populaire, pas besoin de se procurer un déshydrateur (quoi que cela facilite certainement le processus!) Les fruits et les légumes sont des choix évidents de produits à assécher, l’avantage étant qu’ils vont retenir leur fibres, leurs minéraux et certaines vitamines (A, B, mais pas la C). L’autre option est de faire votre propre « beef jerky » (boeuf séché). Ce n’est pas vraiment sorcier : il s’agit de prendre une viande assez maigre (l’oeil-de-ronde de boeuf fait assez bien le travail), d’en couper des lanières minces de 1 pouces par 2 pouces environ, de les mariner avec au minimum de l’huile d’olive et du sel (mais vous pouvez ajouter plein d’autres bonnes choses comme de la sauce tamari, du miel et des épices) et de les disposer une grille assez étroite à 165 degrés Farenheit au four pendant deux à trois heures. Une fois le jerky fait, il est fortement suggéré de l’entreposer dans un endroit sec et isolé – quoi de meilleurs que nos éternels pots Masson?

Saviez-vous également que votre huile de noix coco va se conserver, même à la température pièce, tant que vous prenez des précautions pour ne pas qu’elle se contamine (utilisez des ustensiles propres ou dédiés pour vous en servir des portions). On s’entend, ce n’est pas un repas de roi que de prendre une cuillérée d’huile de coco… mais à 9 calories par gramme, c’est extrêmement dense en calories! Parfait pour survivre longtemps.

Si vous n’avez pas de crainte de manquer de temps, d’eau et de sources d’énergie (électricité ou propane), sachez que certaines légumineuses gagnent une place, aussi timide soit-elle, dans les rangs de l’alimentation paléo. Vous nous avez entendu dire que les légumineuses ne faisaient pas le poids en tant que famille alimentaire, et que si certaines de ces critiques demeurent vraies (pas extrêmement nutritif), pour survivre, eh bien… ça va faire le travail! Si vous avez le temps de les faire tremper et de les faire cuire, vous êtes un survivaliste de luxe! Les boîtes de conserve sont beaucoup plus probables, et sachez que pour quelque temps, elles ne vous seront pas aussi nocives qu’un sachet de gruau.

4) Vitamines, minéraux, suppléments

Si vous allez à penser jusque-là, vous êtes très pessimiste sur les chances qu’on vienne vous aider! Toujours est-il que si vous êtes extrêmement inquiets de souffrir d’une carence quelconque en raison d’une absence de fruits et légumes frais qui composent une part essentielle du menu paléo, les multi-vitamines vont vous tirer de ce mauvais pas, physique ou psychologique.

Vous avez probablement déjà en votre possession des suppléments d’oméga-3 – si vous êtes en situation de survie extrême mais coincé chez vous, prenez-les, mais sinon, ne perdez pas de temps à en apporter avec vous. Même chose pour la vitamine D – c’est plaisant d’en avoir mais peu utile comparé à de la nutrition.

De façon similaire, les poudres de protéines comme le Whey sont ne vous seront pas d’une énorme utilité. Oui, elles sont denses en protéines – mais pas en calories. Elles ne contiennent pas d’acides gras essentiels ou de nutriments spécifiques autres que des acides aminés. En situation d’alimentation restreinte, il va être préférable d’éviter d’obtenir l’immense majorité de ses calories sous forme de protéines (maigres) de peur de souffrir de ce qu’on appelle en anglais le « rabbit starvation » (ou, « le mal du caribou »). Bref, si vous avez du Whey sous la main, super! D’autant plus qu’il se garde longtemps. Il ne s’agit toutefois pas d’une priorité.

 

Bref?

Comme vous pouvez le constater, en situation de survie, on fait quelque entorses au mode de vie paléo « idéal ». Ne soyez pas surpris ou même inquiets des recommandations émises ici et gardez en tête que l’on parle de situation EXTRÊMES – soit vivre ou mourir. Souvenez-vous que certaines personnes mangent du pain et des sucres raffinés et vivent quand même assez vieux pour passer leur gènes à la prochaine génération, et c’est également ce que vous devriez faire. Les petits écarts paléos ne comptent pas pour grand chose lorsque l’on considère l’ensemble de la situation.

N’empêche qu’il demeure possible de survivre assez longtemps tout en étant raisonnablement paléo… mais comme toute chose en ce bas monde, cela demande un peu de préparation.

Croisons les doigts pour que vous n’ayiez jamais besoin de ces conseils!

-Vincent

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1 Comment

Survival Gear juin 3, 2015 at 3:20

Il est clair qu’en situation de « survie » ou tout du moins d’urgence, il faut savoir mettre son régime alimentaire de côté. Un très bon article où j’ai eu l’occasion d’apprendre le terme québecois « cannage » 🙂

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