Nutrition

Viande rouge: la fin de la guerre?

posted by Paléo Québec février 3, 2015 3 Comments
rouge paléo québec

On a déjà parlé de la viande rouge et des problèmes avec les titres sensationnalistes dans les journaux comme « 100% des gens qui mangent de la viande rouge MEURENT*!!!!!! ». Une revue de littérature parue en novembre intitulée « Viandes rouges: temps pour un changement de paradigme dans les conseils nutritionnels » vient d’ailleurs de paraître et mérite qu’on revienne sur le sujet.

* Majuscules fournies par le département « À la une » du Journal de Montréal.

Franchement, j’aurais pu carrément copier/coller l’article ici, mais malheureusement, il est en anglais, je vais donc traduire les parties les plus intéressantes.

Sans plus tarder

  • Les études récentes ont (enfin) commencé à découvrir l’importance de faire une différence entre la viande rouge transformée et la viande rouge non-transformée.
  • Deux grosses récentes études de population en Amérique de Nord et en Europe n’ont trouvé aucun lien entre la consommation de viande rouge non transformée et de mortalité totale, maladies cardiovasculaires ou cancer. C’est cohérent avec les résultats de grosses méta-analyses qui n’ont trouvé aucun lien entre la viande rouge non transformée et les maladies cardiovasculaires.
  • Des études randomisées ont montré que la viande rouge maigre et la viande blanche ont les mêmes effets sur les niveaux de cholestérol LDL (effet neutre).
  • La viande rouge contient un profil très riche de macronutriments et de micronutriments essentiels à une bonne santé.
  • Les recommandations de réduire la consommation de viande rouge datent de plusieurs décennies et étaient basées sur l’idée qu’il était nécessaire de couper dans la consommation de gras saturé. Cette théorie n’est pas basée sur des données valides.
  • Les recommandations de réduire des aliments riches en nutriments essentiels comme le boeuf, le lait ou les oeufs a contribué à une augmentation de la consommation de gras (dont les gras trans) et de sucre transformés, contribuant ainsi à l’augmentation des problèmes d’obésité et de maladies chroniques.
  • Un petit extra Canada: Une étude comparant l’alimentation des Canadiens entre 1938 et 2011 a montré que la plus grande différence était les aliments peu transformés (comme la viande, le lait, les oeufs, les légumes, les fruits, les noix et les graines) ont été remplacés par une consommation d’aliments prêts-à-manger très transformés. Les calories provenant d’aliments prêts-à-manger sont passées de 29% de l’alimentation à 62%, en lien avec une augmentation de l’obésité et des maladies chroniques.

Quoi en retenir

Pas besoin de se rouler dans la viande rouge, mais pas besoin de l’éviter non plus. Faites juste vous dire que, si ce n’était d’une erreur il y a quelques décennies, « éviter la viande rouge » ne voudrait sûrement rien dire.

Attention: la viande transformée est systématiquement associée à des problèmes de santé. Si vous tenez quand même à tout recouvrir de bacon, achetez-en de qualité et pensez à passer à la version non-transformée, le flanc de porc (tout aussi délicieux quand c’est bien cuit).

Si vous êtes préoccupés par la provenance de votre viande, faites un tour dans notre registre de fermes heureuses. Les suggestions sont d’ailleurs toujours bienvenues!

Conclusion

Après le cholestérol alimentaire, les gras saturés et le sel, il semble que… oups, la nutrition conventionnelle se soit aussi trompée sur la viande rouge. Quelquefois je me demande s’il n’y a pas un paquet de vieux nutritionnistes en train de pleurer de rire après tous les trucs aléatoires qu’ils ont réussi à nous faire croire.

rouge paléo québec

Et après je leur ai dit « Le gluten donne une bonne texture au pain et fait partie d’une alimentation équilibrée »

Guillaume

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3 Comments

François mars 26, 2015 at 4:10

test

Reply
François mars 26, 2015 at 8:21

Je vais avoir l’air de vouloir faire mon avocat du diable, mais j’aimerais soulever des points importants non-mentionnés dans votre article, que je pense que vous devriez prendre en considération. Vous avez l’air d’avoir un bon esprit scientifique, je veux vous présenter des évidences que vous devriez, tout au moins, prendre en considération dans vos conclusions.

Tout d’abord, les évidences, pour la consommation de viande rouge non-transformée et les CVD et la mortalité sont loin d’être exonérante comme l’article le laisse sous-entendre. Une autre méta-analyse publiée en 2014 arrivait à des résultats contraires :

Association between total, processed, red and white meat consumption and all-cause, CVD and IHD mortality: a meta-analysis of cohort studies

 »The results of the present meta-analysis indicate that processed meat consumption could increase the risk of mortality from any cause and CVD, while red meat consumption is positively but weakly associated with CVD mortality. »

Toutefois, le point le plus important non mentionné ici est le lien entre la consommation de la viande rouge non-transformée et le cancer du colon pour lequel les évidences sont unanimes : la viande rouge augmente le risque de cancer du colon, et les mécanismes sont bien connus. Assez que cet article a été publié dans le même journal que l’article que vous citez :

Red meat and colon cancer: Should we become vegetarians, or can we make meat safer?

Dans une lettre à l’éditeur de ce journal (1), les auteurs disaient ceci :

 »First of all we would like to agree, that when it comes to meta-analyses,
the results uniformly associate red meat intake with increased
risk of colorectal cancer »

et plus loin

 »The potential link between red meat consumption and CRC risk from
experimental data points towards several carcinogens formed as a result
of haeme catalyzing the formation of toxic nitrosamines or cytotoxic
lipoperoxides in the lower gut (Bingham, Hughes, & Cross, 2002;
Bingham et al., 1996; Pierre, Tache, Petit, Van der Meer, & Corpet,
2003), or heterocyclic amines and PAH formed during processing
(Abid, Cross, & Sinha, 2014; Felton & Knize, 2006). A large part of the experimental
data also supports a cause-and-effect relationship as detailed in the consensus paper. »

Je doute qu’on puisse dire d’un aliment qu’il est santé lorsque sa consommation est fortement associé au développement d’un type de cancer.

La viande rouge est riche en fer hémique qui est très pro-oxydatif.

Vous dites:

 »La viande rouge contient un profil très riche de macronutriments et de micronutriments essentiels à une bonne santé. »

Quels nutriments essentiels? La carnitine? la taurine? la créatine? aucun de ces nutriments n’a été démontré dans des études cliniques comme diminuant le risque de maladie chronique. Il n’y a aucun nutriment dans la viande, excepté la vitamine b12, qu’on ne peut retrouvé ailleurs et qui est essentiels à une bonne santé. Y’a énormément d’athlète et de non-athlète vegan pour le prouvé et de toutes façon, la littérature appui fortement les diètes avec faibles consommation de viande comme diminuant le risque de maladie chronique. Toutes les populations des  »blues zones », les endroits avec le plus haut taux de longevité, avait des diète avec une faible consommation de viande. Indirectement ça démontre au moins que de manger peu de viande ne nuit pas à la santé.

Vous dites :

 »…la consommation de gras saturé. Cette théorie n’est pas basée sur des données valides. »

J’imagine que vous avez en tête la méta-analyse de 2010 en disant ça, et peut-être plus récemment celle de 2013, mais ces deux méta-analyse avait des problématiques méthodologiques majeures, notamment, pour celle de 2010, un sur-ajustement du niveau de cholestérol dans la majorité des études incluses, diluant le lien qu’exerce les AGSs sur le cholestérol sanguin et ainsi sur le risque de MCV.

Je vous invite fortement à lire la critique de Jeremiah Stamler

http://ajcn.nutrition.org/content/91/3/497.full

ainsi que cette excellente critique par un blogger

http://healthylongevity.blogspot.ca/2013/01/diet-heart-problematic-revisit.html

De plus, les acides gras saturés ont plusieurs effets négatifs sur la santé:

Ils sont pro-inflammatoire, ils sont plus facilement stocké sous forme de graisse, il favorise l’accumulation de graisse au niveau viscéral, il on un effet négatif sur la flore intestinale, favorisant l’obésité et linflammation, et ils semblent exercer un effet négatif sur la sensibilité à l’insuline. (voir références)

Vous dites :

 »…la nutrition conventionnelle se soit aussi trompée sur la viande rouge. »

Honnêtement, la nutrition conventionnelle ne s’est pas trompée sur grand chose. Tous les organismes de santé mondiaux s’entendent sur ce qu’est une bonne alimentation et la majorité des évidences scientifiques sont cohérentes et vont dans le même sens : la meilleure alimentation est une alimentation basée sur des aliments non-transformés principalement de nature végétale avec peu d’aliment d’origine animale. (whole food, plant-based en anglais)

Je sais que vous êtes investis dans ce mode de vie et c’est d’autant plus important pour vous de rester conscient que vous avez probablement moins de chance d’être critique par rapport à vous-même à cause de ça.

Personnellement je m’intéresse à la science et pas à un mode de vie en particulier. Je ne suis pas vegan et pas paléo, pas low-carb, pas low-fat. Mais je ne suis pas d’avis que la science est du côté des diètes qui favorisent une forte consommation de viande.

J’espère que vous gardez l’esprit ouvert et scientifique malgré tout!

Ça me ferait plaisir qu’on échange sur ces points. Je ne dis pas que j’ai les réponses mais je pense que la littérature ne supporte pas une alimentation riche en viande.

(1) Letter to the Editor: Colorectal cancer risk and association with red meat – Is it inconsistent? Answer to the letter by Carpet, De Smet and Demeyer

Références sur les gras saturés que je vous invite à lire

Overfeeding Polyunsaturated and Saturated Fat Causes Distinct Effects on Liver and Visceral Fat Accumulation in Humans.

Saturated fat stimulates obesity and hepatic steatosis and affects gut microbiota composition by an enhanced overflow of dietary fat to the distal intestine

Whole body oxidation of dietary fatty acids : implications for energy utilization

Differential oxidation of individual dietary fatty acids in humans

Increasing dietary palmitic acid decreases fat oxidation and daily energy expenditure

Consumption of Saturated Fat Impairs the Anti-Inflammatory Properties of High-Density Lipoproteins and Endothelial Function

A saturated fatty acid–rich diet induces an obesity-linked proinflammatory gene expression profile in adipose tissue of subjects at risk of metabolic syndrome

Effects of meals rich in either monounsaturated or saturated fat on lipid concentrations and on insulin secretion and action in subjects with high fasting triglyceride concentrations

Reply
Mangez de la viande, sauvez la planète | Paléo Québec janvier 20, 2016 at 5:26

[…] non transformée? La réponse d’un paléo : sûrement pas! (nos articles sur le sujet ici, ici, […]

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