Habitudes de vie

Paleo Québec a lu pour vous : Move your DNA de Katy Bowman

posted by avril 13, 2015 0 comments

Bonjour, groupe!

Le nombre de livres relatifs à la paléosphère est hallucinant, et quelqu’un qui se mettrait en tête de tous les lire n’en aurait probablement pas assez de toute sa vie. C’est pourquoi Paléo Québec a lu pour vous le livre « Move your DNA » de Katy Bowman.

La prémisse du livre est que le fait de bouger a une influence sur notre corps d’une façon qui a été négligée par la science conventionnelle, et que beaucoup de troubles qui nous affligent – qu’ils soient musculosquelettiques ou physiologiques de nature – peuvent trouver une solution en modifiant notre environnement mécanique. Ces modifications auraient lieu, comme l’indique le livre, en affectant carrément l’expression de nos gènes – ce qu’elle appelle poétiquement le méchanome (par opposition à notre génome).

Pour expliquer la prémisse de son livre, elle cite en exemple le problème des orques – « orcas », en anglais, ces baleines qui sont si populaires dans les parcs d’attraction nautiques comme Seaworld. Si vous avez remarqué, certains de ces orques ont leur nageoire supérieure qui se plie, comme si elle était molle. Cette nageoire caudale sert de giron directionnel lorsque les orques sont en mer et supporter les contrecoups des forts courants marins. Or, même si les orques peuvent nager dans leurs piscines de parc d’attractions, il ne s’agit pas d’un environnement semblable à la mer. Les faibles distances parcourues, en rond, et l’absence de courants font que la nageoire des orques va s’affaiser.

Alors, se questionne Mme Bowman, si les orques ont des nageoires qui s’affaissent, est-ce que nous aussi avons des environnements discordants qui créent des problèmes de santé? La réponse est oui! Mais avant de passer à cela, il faut s’assurer que notre terminologie soit identique.

Exercice vs mouvement

Si je vous demandais « qu’est-ce que le mouvement », vous me répondriez probablement quelque chose du genre « Je bouge lorsque je fais du sport » – alors que rien n’est moins vrai. Lorsque vous prenez vos enfants, vous bougez ; lorsque vous allez à l’épicerie, vous bougez, lorsque vous revenez avec vos sacs, vous bougez encore plus ; lorsque vous êtes assis à votre bureau, vous « bougez » (mais pas assez!).

Vu ainsi, tout exercice que vous pouvez faire est du mouvement, même si pas tous les mouvements que vous faites ne sont pas de l’exercice. Capisce?

Imaginez que tout mouvement que vous faites est un nutriment. L’exercice représente donc une famille de nutriments, mais ne comblent pas l’ensemble du spectre de nutriments dont vous avez besoin. C’est entre autre pourquoi vous pouvez lire des éditoriaux inflammatoires du genre « si on s’asseoit pendant 12 heures dans notre journée, notre risque de mort augmente, même si nous sommes en forme ».

En lisant cela… pensez-vous que vous bougez assez durant une journée?

L’impact du mouvement – ou de l’absence de mouvement – sur notre corps

Les formes de vie obéissent à plusieurs règles. L’une d’entre elles c’est que si nous avons une propriété inutile, on ne cherchera pas à la conserver, car nous allons dépenser de la précieuse énergie. La nageoire des orques étaient maintenues par le courant, et sans courant, elle s’affaissent. Si vous avez pris beaucoup de masse musculaire mais ne faites rien pour l’entretenir, votre corps va lentement mais sûrement la perdre car il ne sent pas qu’il en a besoin.

Le corrolaire plus positif de cette affirmation est que si le corps ne se battra pas pour maintenir une propriété dont il n’a nul besoin parce qu’il ne subit pas de stimulus en conséquence, il va faire le contraire lorsqu’il y a un stimulus approprié. Voyez l’article récent de Guillaume, qui a appris a dormir sur le sol après un processus long mais graduel durant lequel il s’est adapté au sol. La somme des mouvements et leur influence sur notre corps est appellée « méchanobiome ».

Il ne sert donc à rien de blâmer notre génétique si nous avons des problèmes de santé. Nos gènes s’expriment dans une environnement donné, et il faut peut-être plutôt s’intéresser à l’environnement plutôt qu’à nos gènes. Après tout, peut-être qu’ils réagissent exactement comme ils le devraient dans l’environnement qu’on leur donne!

Le cardio, c’est pas juste du tapis

Une des notions qui m’a le plus frappé en lisant Move your DNA est que la circulation du sang dans le corps dépend de bien plus que de la seule action du coeur. Oui, lorsque le corps pompe du sang dans le corps, c’est un mécanisme hémodynamique. Toutefois, il faut aussi tenir compte que le fait de contracter et relâcher des muscles va déplacer du sang dans le corps. La notion comme quoi il faut faire du cardio pour être en bonne santé vasculaire est donc incomplète. Pour être en bonne santé vasculaire, il faut bouger beaucoup, de beaucoup de façons différentes!

Le simple fait d’être assis va modifier la position de nos vaisseaux sanguins – souvenez vous, ces vaisseaux sont souples, et ils peuvent être comprimés. Mme Bowman postule que l’athérosclérose ne proviendrait que partiellement du fait que l’on s’alimente mal, mais aussi parce que si nos petits boyaux voient leur flux perturbé – par la position assise, ou l’absence de mouvement – nos vaisseaux peuvent faire de la « corne » et se densifier.

… et plein plein d’autres choses!

Le livre de Mme Bowman regorge de petites informations épatantes sur laquelle il est possible de prendre action. Par exemple :

Problème : trop s’asseoir limite notre capacité à effectuer une extension de la hanche. Il en résulte une perte de puissance lors de la course et surtout! des fesses plates (ouache!)
Solution : Avoir un poste de travail assi-debout ; priviléger les activités à la marche, même l’épicerie ou des activités familiales

Problème : nos pieds sont enfermés dans des « plâtres » (nos chaussures) et deviennent innefficaces.
Solution : Se procurer des souliers minimalistes ; marcher sur des surfaces plus naturelles et plus variable

Problème : des épaules trop tendues recrutent la cage thoracique pour compenser l’action que nous désirons compléter.
Solution : Progresser avec des « push-ups d’omoplates » pour réapprendre à notre ceinture scapulaire postérieure à se mobiliser.

Problème : toujours avoir une tension musculaire dans le ventre pour le faire disparaître peut créer des problèmes de digestion et de constipation, et on peut s’y adapter de la même façon que certaines femmes s’habituent aux talons hauts à un tel point qu’elles ne peuvent plus porter autre chose.
Solution : Lâchez prise!

Et toi Vincent, qu’as-tu changé après la lecture?

Le style d’écriture clair et le discours scientifique de Mme Bowman est convaincant, et après avoir lu son livre j’ai adopté quelques petites modifications à mon mode de vie et à mes entraînements.

– Lorsque je travaille à la maison, je mets mon labtop par terre ou sur une table basse. Ça me force à bouger régulièrement.
– Lorsque je travaille au bureau, j’alterne plus souvent entre les positions assis et debout de mon poste et j’essaie de m’étirer souvent!
– M’étirer ne signifie plus simplement m’étirer les quadriceps et les ischio-jambiers… c’est de m’étirer les mollets, de me suspendre après des cadres de porte et de me mettre en position « squat » le plus souvent possible.
– Ma prochaine paire de chaussures propres aura zéro talons, et sera la plus minimaliste possible.
– Et surtout, j’attrape les opportunités de bouger tout en faisant autre chose, ou des choses différentes telles que jouer avec des petits enfants et des animaux.

Croyez-moi, après avoir lu ce livre, vous serez également convaincu du besoin de bouger… !

Vincent

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