Habitudes de vie

La culture de la médiocrité

posted by Paléo Québec juin 18, 2015 1 Comment
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À chaque fois que je pense écrire un article spécialement inflammatoire, cela n’est jamais la tempête escomptée. Peut-être que le lectorat de Paléo Québec a une opinion trop proche de la mienne pour s’offusquer d’opinions que perturberaient peut-être la personne politiquement correcte moyenne. Cette semaine, j’aborde de ce que je considère étant la « culture de la médiocrité » telle qu’appliquée à la santé et à la forme physique.

Psychologie populaire

Commençons par un peu de psychologie populaire. Êtes-vous d’accord avec les affirmations suivantes?

  • Vous devriez être à l’aise dans votre peau.
  • Vous devriez vous aimer tel que vous êtes.
  • Vous devriez être capable de vivre vieux sans douleurs musculosquelettiques ou maladies.
  • Vous devriez être capable de faire les activités physiques qui vous plaisent sans douleurs musculosquelettiques ou maladies.

Si vous n’êtes pas d’accord avec l’une ou l’autre de ces affirmations, cela veut probablement dire que vous trouvez acceptable de vivre dans un corps qui ne vous plaît pas, affligé de douleurs et d’inconforts musculosquelettiques, physiologiques ou neurologiques. À part quelqu’un à tendance mégalomane ou narcissique qui se ferait obéir au doigt et à l’oeil à cause de ses maladies, je n’imagine personne qui serait en désaccord avec les affirmations ci-haut. Le mot-clé de ces affirmations est le mot « devriez« . Si vous « devriez » être à l’aise dans votre peau, vous aimer tel que vous êtes et de vivre vieux et en santé, cela implique que si vous ne l’êtes pas, vous avez à fournir des efforts pour le devenir.

Le moindre effort

Connaissez-vous le principe du moindre effort? C’est un principe à travers plusieurs disciplines qui postule que l’être humain prendra toujours le chemin « de la moindre résistance » pour arriver à ses fins. C’est pour cette raison que vous sacrez à chaque fois que quelqu’un tourne sans mettre son clignotant, que vous écumez de la bouche lorsque les gens ne montent pas les escaliers mobiles du métro et pour laquelle vous remettez toujours à plus tard des choses pourtant essentielles comme faire vos impôts.

Disons aussi que scientifiquement, tous les systèmes cherchent l’équilibre. Perturber cet équilibre est difficile – la tendance initiale du système est de vouloir retourner à son état initial. Avec des stimuli suffisamment intenses, long ou fréquents toutefois, le système pourra atteindre un nouvel équilibre. Pensez à quel point entamer une vie active est difficile pour la personne qui n’a jamais fait de sport! Aménager son horaire et la souffrance de l’effort physique sont quelques obstacles qui peuvent suffire à empêcher le nouveau sportif de persister. Si la persistance dure toutefois, les séances d’entraînement deviennent de plus en plus faciles. Le nouvel équilibre du système s’installe.

Le moindre effort en santé

Appliquons ces deux principes à la santé. D’une part, nous avons une tendance biologique à ne pas faire d’effort tant que nous objectifs sont atteints. D’autre part, nous avons une tendance biologique de ne pas perturber l’équilibre de notre corps. Les statistiques disent qu’environ le deux tiers des Nord-américains souffrent d’embonpoint ou d’obésité, et en comprenant ces deux principes, ce n’est guère surprenant.

Ce n’est pas non plus surprenant de voir que les Américains ont dépensé 30 milliards de dollars en 1992 sur l’industrie de la perte de poids, pour environ 60 milliards en 2012 (lien). Le taux d’obésité ne diminue cependant pas. C’est une pure spéculation mais je pense que l’obésité est corrélée au nombre de magazines traitant de la perte de poids. Une autre corrélation spéculée? Ce qui augmente aussi est le nombre de magazines qui vous suggèrent de vous aimer tels que vous êtes. Si l’un ne marche pas, vous pourrez toujours vous rabattre sur l’autre.

La société comme système

La société aussi est un système – pas biologique, mais presque. Auparavant, la tendance de société était que l’on voulait atteindre une maigreur extrême. Le système a été perturbé – la tendance est maintenant au « aimez-vous comme vous êtes » – le problème est que je pense que l’on a poussé le système à s’adapter trop loin, ce qui mène à des couvertures de magazine ou l’on voit des modèles comme ça : (lien).

Savez-vous pourquoi on ne voit pas de personnes âgées souffrant d’obésité morbide? Parce qu’en général, elles meurent 8 à 10 ans avant la moyenne. Parce que leur risque de mort est 2,5 fois plus élevé que la moyenne. Je ne pense pas créer un débat de société trop grave en disant que des modèles en surpoids créent une mauvaise image au même titre que les mannequins trop maigres ou, admettons-le, trop musclées.

Ceci étant dit, ce balancier « d’acceptation de soi » fait qu’aujourd’hui :

  • a) Perdre du poids est physiologiquement difficile (principe de l’équilibre du corps).
  • b) Faire l’effort pour perdre du poids est difficile (principe du moindre effort).
  • c) Afin de ne pas se culpabiliser, la société baisse ses standards de beauté.
  • d) On se complaît dans les standards abaissés.

A + B + C + D = culture de médiocrité.

Si je devrais résumer en moins de cent mots comment être en santé?

  • Mangez des aliments les moins transformés possibles.
  • Cuisinez ces aliments vous-même au maximum.
  • Marchez quelques kilomètres chaque jour.
  • Faites de la musculation ou levez des poids à l’occasion.
  • Dormez 8h par nuit dans une chambre noire.
  • Entretenez de bonnes relations avec vos amis.
  • Ayez un hobby qui vous passionne.

C’est simplifié, mais la majorité des gens appliquant ces lignes directrices vont observer une amélioration de leur santé. À quel prix? Pas à un prix très élevé, si vous êtes capables d’accepter que de Netflixer jusqu’à 2h du matin n’est pas une activité essentielle de votre vie. La composition corporelle atteinte par ces gens sera probablement entre ces deux extrêmes :

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Chris Pratt lors de « Guardians of the Galaxy » et lors de « Parks and Recreation ».

Conclusion

Bref, n’importe qui vous regardant ne verra certainement pas un athlète de Crossfit, mais elle devra admettre qu’elle voit quelqu’un en santé.

Ne vous détrompez pas : changer d’habitudes de vie, ce n’est pas aussi facile que de changer de chemise. Toutefois, on ne garantit pas la facilité… mais on garantit que ça vaut la peine.

À bas la médiocrité!

Vincent

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1 Comment

Pierre juin 20, 2015 at 9:00 am

Il y a le volet médicaments qui est passé sous silence.

Combien de gens en surpoids sans nécessairement être obèse morbide se gavent de médicaments et pour avoir un semblant de santé.

Sans compter bien sûr les pèlerinages réguliers chez le médecin et des visites aux hôpitaux .

Avec les boomer qui vieillissent malades, je me demande comment le système de santé va tenir?

Le système va être complètement engorgé.

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