Habitudes de vie

Paléo par paresse

posted by Paléo Québec août 5, 2015 3 Comments
paresse paléo québec


J’ai une confession à faire: je suis paresseux. Le plus possible. J’adore la paresse. Mon cerveau utilise la majorité de son énergie à calculer comment ne pas dépenser le reste.

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Mon animal totem

Bill Gates est connu pour avoir dit « Si j’ai un problème difficile à résoudre, je vais trouver quelqu’un de paresseux pour le faire, parce qu’il va trouver la solution la plus facile ». C’est là que ma paresse sert: je suis obsédé par trouver le meilleur moyen de jouir d’une vie excellente, sans avoir à me forcer plus que nécessaire. Je veux être en super santé parce que c’est plus paresseux qu’être malade et que c’est une façon facile d’avoir un avantage déloyal sur les autres. Et je suis paléo parce que c’est le moyen le plus efficace (et paresseux) d’être en bonne santé.

Quelquefois, c’est une compétition

Je suis un fan de la coopération et de la création de richesse, mais je dois quand même accepter que certaines situations sont des « zero sum games »: si j’ai quelque chose, ça veut dire que quelqu’un ne l’a pas. Même si je n’aime pas ça, je suis en compétition contre d’autres personnes pour certaines ressources.

Par exemple, j’ai pris la mauvaise décision de vie (et pas assez lâche en plus) d’étudier en éducation physique, un domaine où 2x trop de gens sont diplômés chaque année depuis au moins 30 ans. Sans blague, le taux de placement dans les années 90 était d’environ 3%. En ce moment, en Estrie, ça me prendrait au moins 8-10 ans de suppléance et de contrats à temps partiel pour avoir une permanence. J’ai eu la chance d’entrer au cégep, où les ressources humaines reçoivent entre 50 et 100 CV par contrat de remplacement qui s’ouvre. Maximum 5 entrevues par poste. Pour chaque entrevue où j’ai été appelé, entre 9 et 19 personnes ne recevaient pas d’appel. Bref, quelquefois, ce n’est pas seulement des calinours et des calins.

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L’éducation physique: un milieu compétitif

Santé

Où est-ce qu’être en santé offre des avantages pour les aspects compétitifs de notre vie? Simplement qu’une personne active qui se nourrit bien a des avantages ridicules sur quelqu’un qui ne le fait pas.

  • Meilleure concentration.
  • Meilleure récupération et capacité à relaxer.
  • Plus de motivation.
  • Plus de résistance au stress et moins de maladies.
  • Plus d’intelligence.
  • Plus de sex-appeal. Ça compte en entrevue!
  • Plus d’amis

À voir certaines personnes abuser de leur santé, on se doute qu’ils considèrent que les efforts à faire sont trop grands. Pourtant, le ratio effort/bénéfices en vaut la chandelle. Je soupçonne que c’est la peur des maths et des calculs à faire.

Calculer son retour sur effort

Un des problèmes avec l’effort, c’est que la plupart des trucs qui payent à long terme demandent un effort MAINTENANT. C’est un concept très facile à comprendre rationnellement, mais pas émotionnellement. « Wow, ce bateau a l’air si cool. J’en ai envie maintenant. Ok je vais devoir travailler en temps supplémentaire pendant 6 mois pour le payer… pffff non ok je l’achète, ma cinquième carte de crédit a encore un peu de place ». Il y a aussi le problème qu’on ne connait pas les conséquences négatives qu’on évite. Peut-être que dans une autre vie je serais mort d’une crise cardiaque à 24 ans si j’avais survécu sur des Cheetos et du Pepsi, mais je ne le saurai jamais.

Je me rappelle clairement d’une soirée chez un voisin où j’avais 13 ans et je discutais avec des adultes fumeurs sur la cigarette. J’ai juré que je ne fumerais jamais, mais ils insistaient avec des « tu vas voir, quand tu vas être plus vieux ça va être différent ». Ils n’avaient pas compris que j’avais fait un simple calcul dans ma tête: fumer ça coûte cher, ça sent mauvais, ça gâche la vie de tout le monde autour, ça gâche la santé et ça n’offre absolument aucun avantage. Ça me semblait évident, mais ça a pris plusieurs années avant que je ne comprenne que peu de gens voyaient les habitudes de vie de cette façon.

Voici quelques calculs que j’ai faits, qui demandent des efforts au quotidien, mais qui payent à long terme.

  • Ne pas fumer: le meilleur retour. Je doute qu’une seule personne qui aime la page fume, mais je le mets parce que c’est le calcul le plus facile à faire. Comme mentionné plus haut, fumer n’apporte pratiquement que des désavantages. Mon seul effort à faire initialement est d’accepter que mon ami de 13 ans avec les jeans trop grands et une moustache molle ne va pas me trouver cool. Si j’ai déjà commencé à fumer ça devient plus dur, mais rationnellement, arrêter est la seule chose à faire.
  • Me déplacer à vélo: excellent retour. Même en hiver. Oui c’est dur de temps en temps, mais considérez ceci: le Québécois moyen dépense 1/3 de son salaire sur sa voiture. Quelqu’un qui réduit ses coûts de transport à 1/8 de son salaire (ou même moins) peut empocher la différence, l’investir et prendre sa retraite 15 ans plus tôt. C’est aussi un moyen de faire de l’exercice sans y penser, de réduire son empreinte environnementale et de devenir tough*.

* J’ai toujours trouvé important d’être relativement dur à tuer. Quand (pas si) les zombies vont arriver, j’aimerais bien survivre quelques semaines et ne pas mourir par manque de cardio. À part les zombies, je trouve toujours ça pratique d’avoir une bonne réserve d’énergie quand je fais de la randonnée, ou quand il faut que je fasse des activités demandantes physiquement, comme déménager quelqu’un. C’est beaucoup plus paresseux de déménager quelqu’un quand c’est moins fatigant parce qu’on est en forme.

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Règle # 1: Cardio

Extra pour l’activité physique: je suis certain que plusieurs personnes qui m’observeraient au quotidien diraient que mon régime d’activité physique est difficile à suivre, et loin d’être celui de quelqu’un de paresseux. Pourtant, je trouve que c’est l’option facile. Quand je vois un obèse qui a de la difficulté à marcher plus de 15 minutes sans s’asseoir, ou qui doit penser à changer de T-shirt après avoir monté deux étages d’escaliers au bureau, je sais tout de suite qui a la vie la plus pénible. Si mon corps est une machine de guerre résistante et efficace, toutes mes actions quotidiennes sont plus faciles.

  • Bien manger: excellent retour. Tout le monde doit manger, donc l’effort de base de se procurer de la nourriture et de la mâcher sont les mêmes, qu’on mange bien ou terriblement mal. Les efforts supplémentaires requis sont d’acheter des aliments sains à l’épicerie et de cuisiner un peu plus. Le retour sur investissement est incroyable: super santé, meilleure composition corporelle, tout le tralala. Même en comptant les pressions sociales, ça reste trop fort pour ne pas le faire. Ça demande moins d’efforts me faire juger parce que je ne mange pas de beigne au bureau qu’être obèse et diabétique. Sainte paresse!
  • Travailler ma mobilité: bon retour. Ce que je veux dire avec ce point, c’est d’incorporer dans mon quotidien et mes entraînements des exercices pour garder une bonne amplitude de mouvement et des articulations en santé. Du yoga, de la gymnastique, … C’est ennuyant quelquefois, mais je travaille dans un domaine de sportifs et je vois les dommages cumulatifs de l’activité physique chez les gens qui ne font pas de prévention/réadaptation. La majorité de mes collègues ont des problèmes de dos/épaules/genous/hanches/épaules éventuellement, assez pour les empêcher de travailler pendant plusieurs mois, voire années.

Le problème avec certains sports, comme le soccer ou le tennis, c’est qu’on peut tricher temporairement et compenser pour des mauvais patrons moteurs ou des faiblesses musculaires/articulaires. Ça rattrape avec les années par contre. C’est nettement moins fatigant faire quelques mouvements d’étirement avant mes entraînements que passer 18 mois à faire de la physio après une opération au genou. P-A-R-E-S-S-E wiiiiiiii!

  • Travailler mon agilité: bon retour. Exemples: apprendre à jongler ou apprendre à faire des roulades/roues latérales/kicks fancy. C’est dur quand on commence et qu’on se sent nul, mais c’est payant à long terme. Si je bouge mieux, je me sens mieux et j’apprends les nouvelles activités plus vite. Rester actif est beaucoup plus facile quand on se sent compétent dans ce qu’on fait, qu’on s’amuse et qu’on a beaucoup de possibilités. Danser du swing, faire du surf et jongler avec des couteaux (en feu) est nettement plus amusant que faire de l’elliptique sur place comme un hamster.

Bonus: le cerveau se développe encore plus quand l’activité physique qu’on fait est complexe. Un cerveau plus gros rend les tâches quotidiennes plus faciles. Donc je peux siester plus.

paresse paléo québec

Garfield a sûrement un QI de 180

  • Boire moins d’alcool: retour correct. Je dors mieux et je me réveille plus reposé, mais c’est un gros élément des rencontres sociales. Plus jeune, je considérais que l’élément social était plus important. Maintenant que je suis extrêmement vieux et ennuyant, j’ai changé d’opinion. Je trouve ça trop dur récupérer d’une brosse à mon âge.

Effets cumulatifs à long terme

Certains choix, malgré le fait qu’ils soient clairement les meilleurs à faire, restent difficiles sur le moment. Je vais ajouter une motivation supplémentaire: les bons choix de vie font boule de neige et nous amènent dans un cercle vertueux (contraire de cercle vicieux).

Pour revenir à ma carrière de pousseux de ballon: j’ai eu des bonnes notes et des bourses au bac. Qui m’ont donné des bourses à la maîtrise. Qui m’ont donné un bon CV. Qui m’ont permis d’avoir une entrevue et de me faire engager dans un cégep. Quand j’ai eu de l’expérience dans un cégep, je me suis fait rappeler plus facilement par les autres cégeps. Facilité = paresse. Boule de neige!

Si je reviens aux habitudes de vie: je mange mieux, donc ma composition corporelle s’améliore. Ma composition corporelle s’améliore, donc j’ai envie de bouger plus et je suis plus motivé à continuer à bien manger. Mes amis voient mes résultats et commencent à mieux manger aussi, donc mon entourage commence à encourager mes bonnes habitudes. Je dois faire de moins en moins d’efforts pour garder mes bonnes habitudes (paresse, hourra!). Boule de neige!

Le petit changement que vous faites aujourd’hui peut être ce qui va faire la différence entre être diabétique et obèse ou mince et en santé dans 10 ans. Et va vous permettre de siester et de vous gratter le toin-toin à deux mains en même temps.

Conclusion

La vraie paresse, c’est de faire des bons choix qui demandent des efforts maintenant, mais qui vont rendre notre vie plus facile dans le futur. Le bonus de faire des bons choix avec ses habitudes de vie, c’est que les retours sur investissement sont énormes, et qu’on compétitionne contre les autres dans un domaine où ils sont faibles. C’est trop avantageux pour passer à côté.

Guillaume

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3 Comments

Simon de Magog août 5, 2015 at 8:50 pm

Amen!

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Jo août 6, 2015 at 1:15 pm

Je crois que tu confonds paresse et efficience… La vraie paresse, c’est de ne rien faire JAMAIS et de mourir de ses plaies de lit…

Reply
Tous nos articles | Paléo Québec janvier 22, 2016 at 3:42 pm

[…] août 2015 – Paléo par paresse – (bill gates, efficacité, paresse, […]

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