Nutrition

Pseudoscience ou paléoscience, partie 2

posted by Paléo Québec août 24, 2015 0 comments

Si vous ne l’avez pas lue, vous trouverez la partie 1 ici.

RÉSUMÉ DE L’ARTICLE :

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  • Des études récentes sur le paléo et la nutrition disent que:
  • Le paléo est plus performant que les diètes recommandées pour le syndrome métabolique.
  • Que les graisses saturées ne sont pas associées à des maladies chroniques.
  • Le paléo est plus performant que les diètes recommandées pour le diabète de type 2.
  • Le paléo est aussi performant qu’une diète méditerranéenne pour la glycémie.
  • Un professionnel de la santé qui n’est pas réceptif à la science récente n’est pas un scientifique, c’est un croyant.

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Bonjour, groupe!

Un des plus grands problèmes de la diète paléolithique est son nom. La prémisse de base de la diète paléo est d’imiter ce que les hommes des cavernes mangeaient, mais il y a 2 éléments qui sont absolument déraisonnables : 1) il est déraisonnable d’assumer que nous savons exactement ce que les hommes des cavernes mangeaient et même si nous le savions, 2) il est déraisonnable de penser que nous serions capable de retrouver les aliments que les hommes des cavernes mangeaient véritablement à leur époque. Cependant, pas besoin de les imiter – les émuler, avec des aliments frais et non transformé va aider l’immense majorité des gens à atteindre une meilleure santé. Guillaume a déjà traité de ce sujet dans l’article L’ennemi #1 du paléo.

Ce n’est pas parce que je suis un auteur de Paléo Québec que j’ai un pouvoir de persuasion particulier envers les paléo-sceptiques. Si vous saviez le nombre de gens que je côtoie qui refusent – je répète – REFUSE! d’explorer le mode de vie paléo, ou le rélèguent à une curiosité d’une poignée d’hurluberlus qui cherchent des excuses pour se promener nus pieds et nu torse. Je suis déjà entré en un chaud débat Facebook avec des amis philosophes qui affirmaient que la diète paléo était un « retour vers la nature » en citant Jean-Jacques Rousseau, et que la diète paléo était un sophisme du genre : « plus c’est naturel, mieux c’est ». Permettez moi de vous donner un exemple de sophisme : « Un chat est un mammifère. Un chat a quatre pattes. Un chien a aussi quatre pattes, donc un chien est un mammifère ». Le raisonnement est plus pourri que le film Highlander 3, mais ça n’en demeure pas moins vrai. Comment ai-je réagi à mon homologue? En citant ma philosophie préférée, Taylor Swift :

taylor swift

« Shake it off, Shake it off! »  (Source)

Bon, il y a des esprits quand même plus rationnels dans leur irrationalité, disant des choses comme « Oui mais les études sur le paléo y’en a pas beaucoup! ». Ce qui est vrai (même si ce l’est de moins en moins). Toutefois, l’absence de preuves ou de données ne justifie pas que quelque chose est faux. Par exemple, si vous mentionnez les mots « énergie sombre » à un de vos amis physiciens, vous pourriez les retrouver à se convulser par terre parce que même s’ils ont établi des modèles pour expliquer son comportement, ils n’ont aucune idée POURQUOI elle se comporte comme elle se comporte. Un peu comme le couple Kanye West & Kim Kardashian. Ça ne rend pas l’énergie sombre moins « vraie », même inexpliquée.

kanye west kim kardashian

Le couple West-Kardashian et l’énergie sombre, même combat. (source : Wikipedia Commons).

Voyez, le problème avec les études sur la diète paléolithique sont que :

  1. Les études nutritionnelles coûtent cher à faire, car il faut nourrir les sujets.
  2. Les études nutritionnelles sont difficiles à contrôler, et les variables sont difficiles à isoler.
  3. Y’a pas d’argent à faire avec une intervention nutritionnelle.
  4. Il n’y a pas de recherche sur le sujet, donc pas d’incentive de faire plus de recherche sur le sujet.

Jusqu’à l’arrivée en scène d’une méta-analyse intitulée Paleolithic nutrition for metabolic syndrome: systematic review and meta-analysis / Alimentation paléolithique et syndrome métabolique : revue systématique et méta-analyse. Comme son nom l’indique, cette analyse répertoriait les études sur la diète paléo et le syndrome métabolique contre des « recommandations nutritionnelles approuvées au niveau national ». Cette étude regroupait 4 études dénombrant 159 participants et visait à étudier les variables propres au syndrome métabolique. Il advient que la diète paléo était supérieure en tout points à leur diète correspondante :

  • Circonférence de la taille (-2.38 cm de différence vs diète de contrôle)
  • Triglycérides (-0.40 mmol/l vs diète de contrôle)
  • Cholesterol HDL (+0.12 mmol/l vs diète de contrôle)
  • Pression sanguine systolique (-3.64 mm Hg vs diète de contrôle)
  • Pression sanguine diastolique ( -2.48 mm Hg vs diète de contrôle)
  • Glycémie à jeun (-0.16 mmol/L vs diète de contrôle)

Les méta-analyses sont des « compilations » d’études sur un même sujet et permettent d’avoir une meilleure idée de l’effet d’une intervention sur un type de population plus nombreux que les études individuelles. Dans le cas qui nous occupe, c’est un « Big Shiny Tunes : Paléo edition ».

 

Un coup parti, un autre méta-analyse, cette fois-ci sur les matières grasses : Intake of saturated and trans unsaturated fatty acids and risk of all cause mortality, cardiovascular disease, and type 2 diabetes: systematic review and meta-analysis of observational studies / Effet de la consommation de graisses saturées et trans versus le risque de mort tout cause confondues, de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2 : une revue systématique et une meta-analyse d’études observationnelles.

Conclusions :

  • La consommation de gras saturés n’est pas associée à un risque de mortalité toute cause confondue ;
  • n’est pas associée à un risque de maladies cardiovasculaire plus élevé ;
  • n’est pas associée à un risque de maladies coronariennes plus élevé ;
  • n’est pas associée à un risque d’accident vasculu-cérébral plus élevé;
  • n’est pas associée à un risque de diabète de type 2 plus élevé.
  • Les gras trans sont associés à des risques de mortalité tout cause confondue et de maladies coronariennes.

Bref – un autre mythe à enterrer.

monty python paleo

Sorteeeeeez vos moooooorts! Le premier qui me dit d’ou provient cette citation a droit à une tape d’encouragement virile mais sympathique dans le dos.

Une autre étude, cette fois-ci sur des patients diabétiques : Metabolic and physiologic effets from consuming a hunter-gatherer (paleolithic)-type diet in type 2 diabetes / Effets métaboliques et physiologiques de la consommation d’une alimentation de type chasseur-cueilleur (paléolithique) chez des gens atteints de diabète de type 2. Résultat net : amélioration plus significative du profil lipidien.

Sur la glycémie, le marqueur Hb1Ac : A Mediterranean diet improves HbA1c but not fasting blood glucose compared to alternative dietary strategies: a network meta-analysis / Une diète méditéranéenne améliore le HbA1C mais pas la glycémie à jeun comparée à des stratégies diététiques alternatives : une méta-analyse en réseau. La ligne qui tue : « The Mediterranean diet reduced HbA1c significantly compared to usual care but not compared to the Palaeolithic diet« . La diète méditéranéene a diminué significativement le HbA1c comparée au traitement usuel mais pas comparée à une diète paléo. Autrement, c’est au moins aussi bon que la diète méditerranéenne.

 

Quand je lis des articles de toutes sortes de sources citant des nutritionnistes disant que « les graisses saturées, c’est mal », je n’ai PAS LE CHOIX que de me dire : « Ces gens-là opèrent avec des concepts obsolètes. Leur propos ne sont pas crédibles et sont d’une utilité limitée ».

Quand je vois des semi-célébrités dire que le gluten est inoffensif « sauf pour les cœliaques », je ne peux que me gratter le fond de la tête et me dire « Est-ce qu’ils sont ignorants ou ils le font exprès? » ou encore « Est-ce qu’ils disent au public ce qu’ils veulent entendre pour avoir plus de sympathie? ».

Parce que voyez vous les copains, avoir des lunettes teintées avec un certain biais, c’est correct. C’est le choc des idées qui permet de faire émerger les meilleures. Sauf que réfuter la science récente pour ne pas perturber le statu quo ou pour faire rigoler les gens, cela fait de toi quelqu’un de mauvaise foi. Au sens on ne peut plus littéral : les croyances sont mauvaises.

Ne vous inquiétez pas, ce n’est rien de personnel. Au moins, quand je fais de la recherche, j’ai la prétention de ne pas vous infantiliser, chers lecteurs, et d’essayer de trouver des études récentes et solides pour appuyer mes dires. Si demain une étude de 100,000 personnes sort disant que la diète paléo est pire qu’une diète nord-américaine moyenne, Guillaume et moi fermerons le site et vous pourrez nous trouver sur une ferme de noix de coco en Équateur. Faut être cohérent, dans la vie.

La belle vie.

La belle vie!

Bref, si on vous annonce que la diète paléo n’est pas bonne parce qu’il n’y a pas assez d’étude, souvenez-vous :

  1. Ce n’est pas parce que c’est mal connu que c’est faux ;
  2. La recherche sur la diète paléo ne fait que commencer, et celle qu’il y a est plutôt favorable.

Vincent

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