Nutrition

Mangez de la viande, sauvez la planète

posted by Paléo Québec octobre 6, 2015 3 Comments

Bonjour, groupe!

Je sais que juste en lisant le titre, je vais avoir 3 types de réactions de votre part:

  1. Ceux qui vont écumer de la bouche et vociférer « C’est des mensonges » et frapper leur écran
  2. Ceux qui vont hausser les sourcils, perplexes et continuer la lecture
  3. Ceux qui nous lisent depuis un bout de temps et qui savent que même si nous sommes à contre-courant, on défend notre opinion avec plus que juste du vent.

Peu importe à quelle catégorie vous appartenez, vous savez probablement que le portrait global de l’élevage des animaux dont la viande est destinée à la consommation humaine n’est pas rose, tant du point de vue écologique qu’éthique. On parle de destruction de milieux naturels pour faire place à des animaux ; de conditions d’élevage médiocres où les animaux sont entassés car l’espace, ça coûte cher ; on parle d’antibiotiques pour les animaux car étant en si grande proximité, ils développent facilement des maladies, et les antibiotiques les font grossir plus vite. Vous avez aussi possiblement vu des statistiques effrayantes, du genre : il faut 15,415 litres d’eau pour produire 1 kg de viande, et 28 calories de combustiles fossiles pour produire 1 calorie de viande.

Dans le contexte actuel, ou le pétrole représente une source d’énergie non renouvelable, ou l’eau devient une ressource de plus en plus convoitée, c’est un mode de création de ressource qui n’est pas durable dans le temps.

La solution qui est mise de l’avant est de manger moins de viande. C’est certainement louable – a-t-on réellement besoin de manger un kilo de viande chaque jour? Probablement pas. Ceci étant dit, devrait-on s’en passer, quand on sait que la viande demeure un aliment dense en nutriments et qui, contrairement à la croyance populaire, n’augmente pas le risque de mort prématurée s’il s’agit de viande non transformée? La réponse d’un paléo : sûrement pas! (nos articles sur le sujet ici, ici, ici).

Comment réconcilier manger de la viande et ne pas endommager la planète alors?

Premièrement il faut savoir que les milieux naturels ne fonctionnent pas par silos, mais par systèmes – des écosystèmes. Promenez-vous en pleine nature et regardez autour de vous. Vous allez voir quoi : des arbres, des mousses, des lichens, des champignons, des fougères, des fleurs, des insectes, des araignées, des oiseaux, des petits rongeurs, peut-être des prédateurs. Chaque espèce joue un rôle dans l’écosystème et aide à sa survie. Ne pensez qu’aux abeilles qui vont polléniser un champ de fleurs et permettre leur reproduction, ou aux oiseaux qui peuvent transporter des graines pour permettre à une espèce végétales de se répandre géographiquement.

Là où je vais avec ça, c’est que les animaux d’élevage représentent aussi un rouage important dans un écosystème de pâturages. Que font-ils de bon à part se promener? Eh bien, tout en se promenant, le troupeau va déféquer (lire : faire du fertilisant), piler dans ses bouses, ce qui va faire entrer le fertilisant dans le sol en retournant la terre, ce qui va permettre à l’eau de ruisseler dans le sol. Autrement dit, juste en laissant des animaux d’élevage suivre leurs instincts, on fait à coût nul ce que des tracteurs s’évertuent à faire en épandant du fertilisant et en retournant la terre.

Autrement dit, si on utilise des méthodes d’agriculture plus « naturelles », tout en associant des avancées technologiques impensables il y a cent ans comme des secteurs délimités par des grillages électrifiées qui font une rotation ou des poulaillers mobiles. Il est possible d’obtenir une agriculture plus saine et plus durable. Vous avez peut-être entendu parler de telles fermes durables, par exemple Polyface Farms, aux États-Unis, dont le propriétaire Joel Salatin élève des bovins, des porcs et des poulets et fait une culture complètement bio sans aucun fertilisant.

Mais est-ce que ça va vraiment sauver la planète?

La planète tend à se désertifier – et le réchauffement de la planète n’améliore pas le portrait. Cependant, si vous avez 20 minutes à investir à écouter un TED Talk, écoutez celui-ci : « Comment transformer nos déserts en prairies et inverser le changement climatique. » Le Dr Allan Savory (PhD en écologie) a mené des expériences en intégrant des animaux dans des écosystèmes DÉSERTIQUES et a réussi à faire pousser de la végétation de façon durable dessus.

Comment encourager de telles initiatives? Le meilleur moyen, c’est de se procurer des viandes élevées dans des conditions de pâturages. Souvenez-vous que le marché va où l’argent va – si tout le monde se met à se procurer de la viande provenant d’élevages de pâturages, ce marché va commencer à devenir très rentable, cela va stimuler la création de nouvelles fermes similaires pour augmenter l’offre et ce, au détriment des fermes traditionnelles.

Consultez notre Registre des Fermes pour savoir ou vous en procurer.

Je ne trouve pas éthique de tuer des animaux pour me nourrir!

Voilà un argument qui est assez impénétrable, parce que c’est un dilemme éthique – ce n’est pas une réponse quantitative grâce à laquelle on peut dire que quelqu’un a raison ou a tort.

Si la perspective qu’à cause de vos choix alimentaires on tue des animaux, élargissez un peu votre perspective pour inclure les autres choses que les humains mangent qui contribuent à rendre la planète moins agréable. La destruction d’habitats naturels pour planter des champs de soya est un exemple. La demande mondiale de quinoa a tellement augmenté que des habitants de pays sud-américains ne peuvent plus se permettre d’en acheter. Il y a également un débat assez virulent sur la simple récolte des légumes et produits céréaliers qui entrainerait la mort de petits animaux comme des souris et des lapins. Est-ce une hécatombe? Peut-être pas, mais c’est une possibilité plus certaine qu’une agriculture et une élevage plus naturel.

Autrement dit, le simple fait d’exister et de consommer crée des morts plus bas dans la chaine alimentaire. Si on achète de la viande dont on connait la provenance et l’élevage (et qu’il est naturel), il est possible de diminuer son impact écologique et éthique. En plus, si vous suivez les meilleures pratiques paléo, vous mangez également des abats et vous minimisez encore plus votre impact écologique, car vous mangez plus de calories à partir d’un seul animal.

Le futur

On fait beaucoup dans le pessimisme à propos du futur, mais il n’en demeure pas moins qu’on vit mieux à notre époque que l’on vivait dans les époques précédentes. Moins de mortalité infantile, une espérance de vie plus longue et un accès relativement démocratisé à des technologiques inimaginables il n’y a pas 100 ans. Même le plus humble des fermiers d’Afrique peut obtenir un cellulaire et parler instantanément à des kilomètres à sa famille, ce qui était impensable il y a 50 ans.

Certains affirment que notre dépendance à la technologie – toujours plus! Toujours mieux! – sera la perte de la race humaine, et c’est difficile de dire le contraire aux millions de personnes qui sont menacées de déportation si les niveaux de la mer continuent d’augmenter. Imaginez un instant que tout le monde participe à encourager des principes de reforestation et de permaculture? Que cette technologie soit mise au service de la nature, tout en faisant bénéficier les humains?

Si ce message ne vous emplit pas d’optimisme, je ne sais pas ce qui le fera!

 

Bonne semaine!

Vincent

Articles connexes

3 Comments

Pierre octobre 10, 2015 at 3:00

Le livre de Lierre Keith décrit justement ce que tu dis.

http://fr.sott.net/article/4030-Le-mythe-vegetarien

Reply
Agriculture et environnement: comprendre les enjeux globaux actuels | LeSceptique.ca novembre 2, 2015 at 5:29

[…] et critiques que j’ai vues dans les médias et dans des livres (exemples: ici, ici, ici, ici). Ayant travaillé les trois dernières années à l’Université McGill sur des […]

Reply
Agriculture et environnement: comprendre les enjeux globaux actuels | LeSceptique.ca – Enjeux énergies et environnement mars 28, 2016 at 12:39

[…] recommandations et critiques que j’ai vues dans les médias et dans des livres (exemples: ici, ici, ici, ici). Ayant travaillé les trois dernières années à l’Université McGill sur des sujets […]

Reply

Leave a Comment