Nutrition

La « rigidité » de la diète paléo (AJOUT)

posted by Paléo Québec novembre 2, 2015 2 Comments

Bonjour, groupe!

Savez-vous ce que les gens aiment encore plus que les listes du genre « les 10 plus petits bikinis de janvier 2015? » Les guides alimentaires.

Bon, peut-être pas… toutefois, il est sécurisant pour des gens d’avoir un paquet de lignes directrices à suivre sans avoir à se poser trop de questions. Les guides alimentaires en sont un bon exemple : ceux qui adhèrent à leur recommandations peuvent s’y fier grossièrement et ont la gratification instantanée d’être des bonnes personnes, car elles ont suivi ce que dit le Guide dit. Le « Guide » – que ce soit le Guide alimentaire Canadien, un programme commercial comme le Weight Watchers, ou un idéologie comme Atkins ou la diète Paléo, devient un gourou.

Le site du Guide Alimentaire fait plus que détailler le Guide, il offre aussi des ressources diversifiées, par exemple « comment choisir ses aliments ». Malheureusement, les conseils sont assez génériques : respectez les portions, respectez votre faim, bougez, évitez les gras, évitez le sel. Des conseils inutiles parce qu’ils sont trop généraux ou obsolètes.

Il faut de plus se rendre à l’évidence : le Guide ne donne pas les résultats escomptés. En 2010, 13,1 millions de Canadiens étaient en surpoids ou obèses. En 2014, ce chiffre est passé à 14,2 millions, selon Statistique Canada – sur une population de 36,4 millions, soit 39% des citoyens. Côté obésité, nous sommes 6e – après les États-Unis, le Mexique, la Nouvelle Zélande, la Hongrie et l’Australie. Avec le Royaume-Unis, nous formons 7 pays avec un taux d’obésité supérieur à 25%.

Pourquoi le Guide alimentaire échoue

Si les gens ADORENT les articles du genre « les 10 plus petits bikinis de janvier 2015 », ils détestent les dogmes et les idéologies ultra-rigides qui ne laissent pas de place à l’interprétation ou à la modération.

N’est-ce-pas la beauté du Guide Alimentaire, sa flexibilité, son interprétation et sa modération? Pour un adulte :

  • 7 à 10 portions de fruits-légumes par jour (les jus, les fruits en boîte et les fruits séchés sont des portions)
  • 6 à 8 portions de produits céréaliers par jour (les céréales-déjeuners ou les muffins commerciaux sont des portions)
  • 2 portions de produits laitiers par jour (les yogourts sans gras mais pleins de sucres, le lait de soya sont des portions)
  • 2 à 3 portions de viandes et substituts  (du tofu est une portion? des noix? des légumineuses?)
  • Minimisez les sucreries.

Il serait théoriquement possible de se nourrir entièrement d’aliments transformés et atteindre nos cibles du Guide – indépendamment du contenu en sucre ajouté ou en huile hydrogénées. Simulons :

  • 250 mL de jus de fruits, 125 mL de jus de légumes pour dîner, 2 poignées de fruits séchés en collation et des patates en sachet pour souper ;
  • Un bol de céréales pour déjeuner, 2 tranches de pain multigrain dans le sandwich du midi et des pâtes pour souper ;
  • Le lait dans les céréales et le café, un yogourt pour dessert au dîner et de la crème glacée pour souper ;
  • De la viande de charcuterie pour dîner, de la sauce à la viande pour souper.

C’est le genre de menu que je pouvais avoir dans mon jeune temps pré-paléo – le niveau de transformation commerciale des aliments est présent presque partout, mais je ne me sentais pas mal : c’était conforme au Guide, donc, « Santé ». C’est vrai, des fois, je trichais : je mangeais quelques biscuits additionnels, ou une 2e portion de dessert. C’est là d’où vient la faiblesse du Guide et de ses principaux défenseurs : à force de banaliser notre approche de l’alimentation, à force de permettre n’importe quoi à petites doses de façon exceptionnelle, on commence à intégrer n’importe quoi à grandes doses de façon exceptionnelle… et cela déboule.

Je me souviendrai toujours d’un de mes amis qui me « reprochait » de m’entraîner à presque tous les jours en me disant, « tu es bien assez en forme comme ça ». J’avais mille réponses en tête : « J’aime ça! », « je veux être en santé », « je veux atteindre un objectif », etc. J’ai compris plus tard que l’intervention de mon ami n’avait même pas rapport avec moi. Il était jaloux que j’aie fait le choix de m’entraîner régulièrement alors qu’il ne le faisait pas.

Si vous faites le choix de manger paléo, beaucoup de gens vont tenter de vous décourager. « Ça n’est pas prouvé par la science », « c’est dangereux », « c’est plate », « c’est difficile de cuisiner pour toi », etc. Posez-vous la question : est-ce que vous êtes VRAIMENT au centre de leur préoccupations, ou est-ce qu’ils projettent sur vous une façon de se déculpabiliser de ne pas essayer quelque chose de différent?

Le « secret » du mode de vie Paléo

Beaucoup d’adeptes du mode de vie paléo vont être absolument confortables avec l’idée d’avoir des lignes directrices rigides à ne pas franchir. Une fois acceptée, la prémisse paléo est RASSURANTE pour les adeptes paléo, qui vont se sentir en sécurité dans ces choix – surtout s’ils en voient les bénéfices.

Même sans être paléo, quelqu’un pourrait améliorer significativement sa santé en suivant ces quatre principes :

  • Éviter le gluten
  • Éviter les sucres raffinés
  • Éviter les huiles hydrogénées
  • Manger des aliments non transformés que l’on prépare soi-même.

Quelqu’un qui se donne comme mot d’ordre ces quatre principes limite le stress lié à l’indécision et l’incertitude et maximise ses chances de consommer des aliments moins riches en calories mais plus denses en nutriments.

Le Guide Alimentaire Paléo

Plusieurs personnes ont essayé d’établir des « Guides Alimentaires Paléo » avec des portions ou « une assiette paléo » avec une représentation visuelle des portions (exemple canadien ici). Je pense que c’est un exercice un peu périlleux, car il y a beaucoup de variantes possibles d’une diète paléo selon notre niveau d’activité physique et notre état de santé. Notons par exemple :

  • Quelqu’un de très actif physique ajoute peut-être plus de glucides dans son alimentation :
  • Quelqu’un souffrant de maladies auto-immunitaires évite peut-être certains légumes (tomates, patates, aubergines, poivrons) ;
  • Quelqu’un souffrant de surpopulation intestinale de bactéries évite  peut-être les sources de FODMAPs ;
  • Quelqu’un souffrant d’alzheimer ou de maladies neurodégénératives suit peut-être une diète cétogène.
  • Etc.

Et il y a de nombreuses autres variantes, qui demeurent toutes « paléo ». Je préfère néanmoins utiliser les principes suivants (en plus des quatre que vous avez vus plus haut) plutôt que des portions ou des proportions :

  • Des légumes à tous les repas ;
  • Une source de gras à tous les repas (huile/gras de cuisson, avocats, noix).
  • Des protéines à tous les repas.

Tricher

Est-ce que vous allez voir des adeptes du paléo tricher? absolument. Je serais surpris d’apprendre que cela n’arrive jamais. Personne n’est parfait, il paraît même qu’un végétarien sur trois mange de la viande lorsqu’ils sont saoûls.

Toutefois, contrairement au Guide alimentaire canadien, la diète paléo ne se fait pas d’illusions : on ne « triche » pas en modération. Pour citer le grand Louis CK :

Vous ne comprenez pas. Quand je mange un beigne, je ne "mange pas un beigne". Ça commence par un beigne et ça finit avec une prostituée morte dans le caniveau." (source : wikipedia.org)

Vous ne comprenez pas. Quand je mange un beigne, je ne « mange pas un beigne ». Ça commence par un beigne et ça finit avec une prostituée morte dans le caniveau. »
(source : wikipedia.org)

En espérant que cela ne vous arrive jamais…!

Vincent

 

AJOUT

Peu après la publication de cet article, il est venu à nos oreilles (à nos yeux) l’article suivant : « Eat Everything in Moderation? Not so fast, says new study » , ou en français : « Manger de tout en modération? Pas si vite, dit une nouvelle étude« .

L’article décrit une étude réalisée auprès de 6800 personnes de différents groupes ethniques. Les gens mangeant les diètes les plus variées avaient également la plus grande quantité de malbouffe dans leur alimentation – résultant en une augmentation du tour de taille de 120% de ceux mangeant moins de nourriture.

Le mot de la fin appartient au chercheur principal, qui dit : (traduction libre)

« Les américains mangeant les diètes les plus santé mangent une très petite proportion d’aliments santé. Les résultats suggèrent que dans les diètes modernes, « manger de tout en modération » est pire que de manger un petit nombre d’aliments, mais qui sont santé. »

Orthorexie, quand tu nous tiens…

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2 Comments

Pierre novembre 3, 2015 at 9:58

« Si vous faites le choix de manger paléo, beaucoup de gens vont tenter de vous décourager. »

Tu peux rajouter la maladie mentale comme objection.

« L’orthorexie, quand manger santé devient une obsession »

http://ici.radio-canada.ca/emissions/bien_dans_son_assiette/2015-2016/chronique.asp?idchronique=388230

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