Maladies chroniques

Un aliment pro-cancer?

posted by Paléo Québec mars 28, 2016 0 comments

Bonjour, groupe.

Qui ne connaît pas quelqu’un qui a eu le cancer? Cette maladie touche environ une personne sur trois au courant de leur vie et presque tout le monde, famille, amis, sont affectées, par la bande. On ne contrôle pas ce qui nous arrive, dans la vie. On en contrôle beaucoup, mais des fois, il peut nous arriver malheur à nous et nos proches. Vous pouvez vous apitoyer sur votre sort, mais si vous lisez ce blogue, vous êtes probablement le genre de personne qui se prend en main.

Je vais répéter notre avertissement de notre page principale ici, car spécialement pour cet article, je pense qu’il doit être répété : l’information présentée ici est à titre indicatif. Consultez votre médecin avant d’adopter des changements dans votre mode de vie.

Qu’est-ce que le cancer?

Le « cancer » est en fait une maladie ou les cellules affectées ne contrôlent plus leur croissance. Normalement, nos cellules vieillissent et meurent en envoyant un signal qui dit « S’en est fini de moi les copains, démantelez-moi et utilisez mes parties utiles pour la survie de l’organisme! ». C’est l’apoptose, et c’est diablement gentil de la part de nos cellules. Toutefois, à cause d’une mutation qui peut survenir pour de nombreuses raisons, la cellule voit son mécanisme d’apoptose inhibé – elle n’a pas le goût de s’auto-détruire. En plus, les mutations empêchent la cellule de corriger le problème et de réparer son ADN.

À ce titre, le cancer a plusieurs points en commun avec l'Agent Smith, dans La Matrice.

À ce titre, le cancer a plusieurs points en commun avec l’Agent Smith, dans La Matrice.

On a donc un double problème : les cellules ne sont pas conformes, et en plus elles se multiplient! Plus ça va, pire c’est. Si certains amas de cellules (les « tumeurs ») sont bénignes et ne sont que des amas de chair, certaines sont malignes. Elles vont se répandre dans le corps par expansion, ou à travers le sang ou le système lymphatique, jusqu’à causer la mort.

L’expansion extrêmement rapide de ces tumeurs et la modification du métabolisme des cellules cancéreuses nous donne toutefois un indice sur comment les combattre par d’autres moyens que de la chimiothérapie ou de la radiothérapie.

L’Effet Warburg

Dans nos cellules se trouvent des structures appellées « mitochondries », qui servent à générer de l’énergie pour nos cellules. En présence d’oxygène, les mitochondries peuvent efficacement utiliser des lipides et des glucides comme source d’énergie. Si l’oxygène est absent, c’est aussi possible d’utiliser le glucose comme source d’énergie, mais c’est très peu efficace.

Otto (Heinrich) Warburg (1883-1970) est un lauréat du prix nobel de la médecine en 1931, et qui a été nommé 37 fois.

Et aussi possiblement le scientifique le plus sexy de People Magazine 1931.

Et aussi possiblement le scientifique le plus sexy de People Magazine 1931.

Le Dr Warburg a postulé que la cause du cancer était que les cellules cancéreuses étaient capable d’utiliser les glucides (glycolyse) à une niveau d’efficacité extrême, et ce, en l’absence d’oxygène. Voilà une des clés de voûte du problème : les cellules cancéreuses se produisant à une rythme anormalement élevé, il n’est pas facile pour elles de se faire irriguer par les vaisseaux sanguins – apportant du bon oxygène qui augmenterait l’efficacité de l’extraction de l’énergie des glucides. Le cancer semble donc s’alimenter presque exclusivement de glucides, sans oxygène, sans se servir de ses mitochondries.

La théorie prévalant aujourd’hui est que ce n’est pas la cause du cancer, mais l’observation de Warburg demeure valide : les cellules cancéreuses sont très friandes de glucides. La question logique est alors : si le cancer se nourrit préférentiellement de glucides, qu’arrive-il si on l’en prive?

Cette hypothèse est impensable dans l’oeil du public, parce les glucides sont soit-disant des nutriments essentiels. C’est vrai dans une certaine mesure : notre cerveau utilise aussi du glucose comme source d’énergie. Toutefois, ce serait négliger le fait que notre cerveau peut aussi utiliser une autre source d’énergie : les corps cétoniques (ketone bodies).

Corps cétoniques

Les corps cétoniques ont très mauvaise presse pour une raison spécifique : lors de diabètes de type 1 mal contrôlés, le corps crée un excédent de corps cétoniques et plonge le corps dans un état d’Acidocétose. Il ne faut toutefois pas jeter le bébé avec l’eau du bain : les corps cétoniques peuvent être créés par n’importe qui lors de périodes de jeûne ou de famine ou avec des diètes ultra-restreintes en glucides (50g de glucides, souvent moins). Si on pense à nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, qui pouvaient passer des hivers sans voir un seul fruit plein de glucides, pouvaient donc nourrir leurs cerveaux bourgeonnants avec ce mécanisme.

Avec les aliments d'aujourd'hui, une alimentation cétogénique n'est pas obligatoirement monotone.

Avec les aliments d’aujourd’hui, une alimentation cétogénique n’est pas obligatoirement monotone.

Est-ce sécuritaire? Les diètes cétogéniques sont connues et utilisées depuis le début des années 1900 pour traiter des cas d’épilepsie, et 45 à 60% des enfants qui la suivent réduisent leur nombre de crises de 50 à 90% (1). Chez des patients obèses, en 6 mois cela a amené une amélioration de marqueurs métaboliques comme le poids(-15 kg), le LDL (-0.8mmol / L), le HDL (+0.25mmol / L), le taux de triglycérides et la glycémie (2). Chez des patients ayant un trouble génétique d’un transporteur de glucose, une diète cétogénique a été suivie 5 ans sans avoir détecté de problèmes de santé (3). Cinq ans ce n’est pas long pour un être humain, mais c’est encourageant.

L’aliment à proscrire?

Vous me voyiez venir gros comme le bras, hein?

Vous me voyiez venir gros comme le bras, hein?

Ceux qui s’intéressent beaucoup à la musculation parmi vous êtes familiers avec l’acronyme IGF-1 – insuline growth factor 1 ou facteur de croissance dû à l’insuline. L’insuline est cette hormone sécrétée par notre pancréas qui indique à nos cellules de stocker des glucides. C’est aussi l’hormone déficiente chez les diabétiques de type 2, qui ont tellement sécrété d’insuline que leur pancréas est à toute fins pratiques en épuisement professionnel. L’IGF-1 est également une hormone dont la production est augmentée dans notre corps lorsqu’il y a de forts niveaux d’insuline, et l’IGF-1 est anabolique, bref, elle contribue à la croissance.

Quand on est jeune et que l’on veut grandir, c’est l’fun. Quand on a le cancer, c’est moins l’fun. C’est possiblement une des raisons pour lesquelles l’obésité semble être un facteur de risque si probant pour développer le cancer (4). D’ailleurs, les diabétiques de type 2 qui se font donner de la metformine, un médicament qui contribue à contrôler la glycémie, sont moins prompts à avoir le cancer (5). Un autre indice : il semblerait que les gens n’étant pas dotés de récepteurs à l’IGF-1 sont pratiquement immunisés contre le cancer (6).

Une étude chez les souris a comparé une diète riche en sucrose (du sucre blanc) versus une diète contenant des amidons naturels. Les chercheurs ont constaté une augmentation de la taille et de la métastase des tumeurs chez le groupe sucrose. (7) Pour les tumeurs du cerveau, chez les souris encore, une diète cétogénique améliore la survie des sujets (8).

Concrètement…

Concrètement, même si nous avons beaucoup d’études épidémiologiques et d’études avec des modèles animaux, les glucides raffinés semblent jouer un rôle important dans la physiologie du cancer. Personne ne serait perdant d’éliminer tous les sucres raffinés de leur alimentation, encore moins les gens atteints d’un cancer. Pour ce qui est d’une diète cétogénique, le jury délibère encore, certains cancers semblent être plus sensibles que d’autres à cette intervention.

Somme toute, souvenez-vous que la plupart des chercheurs attribuent à l’environnement 90% de nos cancers – et 30 à 35% d’entre eux seraient dûs à notre style de vie (alors que le tabac en compte pour 25 à 30%!). C’est énorme! Le meilleur moyen de ne plus avoir le cancer est de ne jamais l’avoir eu en premier lieu. Gardez-vous en forme, mangez bien, dormez bien… bref, vivez paléo!

 

Bonne semaine!

Vincent

 

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