Nutrition

Pourquoi on n’engraisse pas des cochons avec de l’huile de coco

posted by Paléo Québec novembre 24, 2016 0 comments

On a déjà mentionné les vertus délicieuses de la noix de coco dans le passé. Personnellement, si j’avais à me nourrir de 5 aliments seulement, la noix de coco serait sur la liste (avec le cacao, le boeuf, les agrumes et les bananes plantain, évidemment). C’est délicieux, polyvalent et extrêmement nourrissant de plusieurs façons différentes.

Des noix de coco et des rois: l’économie politique d’un aliment d’exportation

Récemment je suis tombé* sur un article scientifique fascinant de 1992 concernant l’histoire de la noix de coco aux Philippines, un des plus grands producteurs mondiaux (#1 en 1992, maintenant en 2ème place derrière l’Indonésie).

* Et par « je suis tombé », je veux dire « ma copine a trouvé une citation de l’article, j’ai cherché l’article complet, je ne l’ai pas trouvé, j’ai demandé à mes amis avec des accès universitaires de les chercher, ils n’ont rien fait, Vincent a suggéré et chercher sur un site russe où un hacker a volé des articles de recherche dans plusieurs grosses banques de données pour les redonner au peuple, et je l’ai trouvé ».

L’article explore plusieurs aspects historiques de la culture de la noix de coco, comme un édit espagnol de 1642 qui a forcé chaque habitant à planter de 100 à 200 cocotiers, propulsant la noix de coco de simple aliment de subsistance à un produit exportable en grande quantité. Sont aussi survolés la grande volatilité des prix de la noix de coco sur le marché mondial et la compétition féroce (et désastreuse pour l’environnement) des compagnies de combustibles fossiles, qui veulent remplacer les produits dérivés de la noix de coco par des alternatives à base de pétrole.

Ce qui est apparent avec l’article, c’est que les Philippines ont été un pays pionnier dans l’exportation de noix de coco. Tellement que dans les années 40 les États-Unis, forts d’un partenariat avec les Philippines, se sont retrouvés avec plein de noix de coco pour pas cher. Assez pour que des éleveurs considèrent en donner à leur bétail.

Des cochons minces

Ray Peat, un docteur en biologie de l’Université de l’Oregon, raconte l’anecdote suivante sur son blogue: comme les noix de coco contiennent beaucoup de gras, des fermiers se sont dits que nourrir leurs cochons avec du gras de coco serait efficace pour les engraisser. Résultat? Des cochons plus maigres et plus actifs. Apparemment, des cochons avec une thyroïde en parfaite santé grâce à de l’huile de coco n’engraissent pas bien. Qu’est-ce qui fonctionne très bien pour nuire à la thyroïde des cochons? Les nourrir avec du soya et du maïs.

Le combo parfait pour des pourceaux bien ronds!

J’ai été intrigué par l’anecdote de Ray Peat et j’ai cherché pour plus de sources. Malheureusement, je n’ai pas trouvé grand chose de pertinent. Une recherche Pubmed avec « coconut » et « thyroid » n’a donné que 21 résultats, aucun sur les humains. Rien de mieux en remplaçant « coconut » par « MCT ». Le peu que j’ai trouvé pointe quand même dans une direction intéressante:

  •  Une étude des années 80 qui comparait les effets chez les cochons d’un régime alimentaire régulier à un régime composé à 12% d’huile de coco et un autre avec 12% d’huile de tournesol. Résultats sur la composition corporelle des cochons: 18.6% de gras pour le contrôle, 15.9% pour l’huile de coco et 21.1% pour l’huile de tournesol. À cause du petit nombre de cochons dans l’étude, seule la différence entre l’huile de coco et l’huile de tournesol était significative.
  • Un article qui met en garde les éleveurs de cochons contre l’huile de canola, parce qu’elle nuit à la qualité du gras des cochons et donne un produit final de moins bonne qualité qui rancit plus vite. Note: les cochons nourris à l’huile de coco sont ceux qui ont pris le plus de poids ici (on ne sait pas si c’est du gras ou du muscle) parce qu’ils sont en meilleure santé et digèrent mieux.
  • Étude à part, sur les poulets: remplacer l’huile de soya par de l’huile de coco dans le régimes alimentaires des poulets améliore leur santé métabolique et diminue la quantité de gras dans la viande.

Si on cherche plus large, on voit que plusieurs études démontrent assez clairement que l’huile de coco augmente le métabolisme. Le mécanisme pourrait très bien être une amélioration des fonctions thyroïdiennes, mais je n’ai pas vu assez de recherche pour en être sûr.

Au niveau personnel, ce que j’ai vécu supporte l’expérience des cochons: je prends de temps en temps des smoothies avec deux tasses de lait de coco comme base et à chaque fois je remarque que ma température corporelle augmente significativement dans les 15-30 minutes qui suivent. J’ai aussi envie de bouger plus. Est-ce que ça me fait perdre du gras en plus? Dur à dire, mon taux de gras est généralement bas à l’année longue. Dans le pire des cas, ça ne me nuit sûrement pas beaucoup. Dans le meilleur des cas, ça me garde mince comme un cochon de compétition!

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Quelqu’un vient de prendre son huile de coco

Guillaume

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