Exercice

5 questions (et leurs réponses!) sur le vélo d’hiver

posted by Paléo Québec novembre 30, 2016 1 Comment


Groupe!

D’habitude ma vraie saison d’hiver en vélo commence autour de janvier, mais cette année j’ai déjà reçu un paquet de neige sur le pif (dont une tempête en pleine nuit en Estrie la journée de ma fête, le 22 octobre ?!?!?!?), donc cet article méritait d’être écrit.

J’ai déjà détaillé les raisons pour lesquelles se déplacer à vélo est une action incroyable pour améliorer sa vie (ici et ici), mais je n’ai pas encore abordé le Saint Graal du cyclisme au Canada: le vélo d’hiver. Les gens douillets rangent leur monture à la moitié de l’automne et certains poussent jusqu’aux premiers froids, mais une minorité décident d’entrer dans la légende et se font aller les jambons toute l’année.

Mon vécu

J’ai commencé à me déplacer plus en vélo vers l’âge de 15-16 ans, quand je me suis rendu compte que ça me permettait d’aller travailler sans demander de lift à mes parents. À la fin de ma première année de cégep je me suis rendu compte que si j’allais à mes examens en vélo à la place d’utiliser les transports en commun je sauvais 30 minutes aller et retour. J’aurais continué à pédaler seulement pendant les mois chauds si je n’avais pas passé un été à travailler pour l’organisme Environnement Jeunesse. J’ai croisé quelques personnes motivées qui utilisaient leur vélo toute l’année et ça a cliqué. L’origine de mes actions n’était pas que j’étais contre le vélo en hiver, mais plutôt que je n’avais aucune idée que c’était une chose qui existait. C’est d’ailleurs la réaction que j’ai de mes étudiants quand je mentionne que je suis arrivé au cégep à vélo. « Mais monsieur, c’est l’hiver. (LOL!) » (Le vélo ça se fait l’été voyons!). Ça me fait penser aux histoires d’enfants de 5 ans qui déterminent le sexe de leurs compatriotes selon leurs vêtements. « Elle porte du rose, donc c’est une fille! ».

Je vais être honnête, ma première pensée après avoir commencé à pédaler l’hiver a été « C’est… tout? C’est si facile? Pourquoi est-ce que tout le monde ne fait pas ça? », donc je suis sûrement une grosse exception en terme de mentalité face aux défis. Reste que je crois qu’un paquet de gens surestiment énormément l’effort requis. Bonne nouvelle au moins, la pratique augmente tranquillement. En 2005 mon vélo était le seul sur le support à vélos et maintenant j’en vois une bonne dizaine au cégep. Je croise aussi régulièrement des compatriotes sur la route.

Je reçois aussi souvent un paquet de questions, toujours les mêmes, sur mon pédalage hivernal. Je les ai regroupées et j’y réponds!

Les 5 questions

1. Est-ce qu’il fait froid?

LA question. Je vois ça de trois angles différents.

      • Oui, il fait froid. J’ai déjà eu tellement froid en traversant le pont du boulevard des Laurentides (la rivière faisait un corridor pour le vent) que j’ai dû arrêter dans un magasin pour me réchauffer pendant 30 minutes et que j’ai honnêtement considéré que je pouvais mourir si je restais sur le pont pendant 15 minutes de plus. En revenant j’avais froid aux talons pour la première fois de ma vie. Plus récemment, l’hiver 2015 a été absurdement froid. J’ai remarqué que mon vélo arrêtait de fonctionner (un cossin collait dans la roule libre) en bas de -25C et je me retrouvais à pédaler dans le vide. C’est arrivé plus de 20 fois pendant l’hiver.
      • Non, il ne fait pas froid. 95% du temps je bouge assez pour réchauffer mon corps et je suis assez bien habillé pour résister à une température pas mal basse. Entre -1C et -10C l’humidité descend beaucoup et la perception du froid est moindre qu’entre 0C et 10C. En y pensant, je n’ai même pas de gros manteau d’hiver et la majorité du temps la difficulté est de ne pas avoir trop chaud.
      • Il fait froid et J’EN VEUX PLUS. Quand on roule en voiture dans un état de semi-confort indifférent, il ne se passe rien. Les kilomètres gris s’accumulent et se suivent sans changer. En vélo, les conditions météorologiques transforment mon quotidien en aventure. Quand il pleut tellement que je suis mouillé jusqu’à mes boxers, je ris. Quand il y a tellement de neige que je suis obligé de trainer le vélo sur mon dos je me sens comme un explorateur à la conquête d’un pays sauvage (et je ris des voitures coincées dans la neige elles aussi). Quand il fait beau j’admire les paysages glacés et je réfléchis aux trucs joyeux dans la vie. Quand il fait extrêmement froid, j’apprécie qu’il y ait quelque chose d’encore plus fort que le froid: moi.

2. Est-ce que c’est dangereux?

Probablement plus que faire du vélo l’été, mais la différence n’est plus grande que celle entre rouler en voiture l’été ou l’hiver. Probablement moindre vu qu’on roule plus lentement et qu’on adapte sa conduite (on évite de pencher le vélo en tournant, par exemple). J’ai été des millions de fois plus stressé en roulant sur l’autoroute avec une voiture pendant une tempête de neige que pendant mes pires balades à vélo l’hiver.

3. Est-ce qu’il faut avoir un vélo spécial?

Non, vraiment pas. J’ai voyagé un hiver complet avec un vélo Brault et Martineau (un surplus d’une promo sur les matelas) acheté à 40$. J’ai fait un autre hiver sur un vélo usagé à 100$ retapé par les gens de Re-Cycle à Ottawa. Un vélo de montagne standard fait très bien le boulot. Certaines personnes dans les grandes villes roulent sur des vélos avec des roues minces comme des 10 vitesses, mais personnellement j’aime mieux des pneus plus larges. Pas vraiment besoin de pneus à clous.

Depuis environ 2 ans les « Fat Bikes » (absurdement traduits sous « vélos à pneus surdimensionnés », merci crétins office de la langue française!) ont envahi le marché. Ils ont un look d’enfer, mais pour se déplacer ils sont un gros bof. Il faut pédaler fort pour rouler modérément vite et ils ne sont pas plus immunisés au sel des routes que le vélo moyen. Est-ce que ça vaut la peine de mettre 1500-4000$ sur un fat bike pour qu’il soit grugé par le sel après un seul hiver? Bof.

Le seul vélo spécial que je considérerais est un vélo construit spécifiquement pour durer plus longtemps dans l’eau et le sel. La dernière fois que j’étais dans un magasin de vélos j’ai remarqué un modèle à 1200$ avec les engrenages de vitesse cachés dans le vélo et une chaîne recouverte de caoutchouc. Aucun chance qu’un mécanisme rouille ou que le vélo arrête de pédaler à cause du froid.

4. Est-ce qu’il faut un entretien spécial pour le vélo?

Oui. Le sel mis sur les routes en combo avec la magie de la sloche attaque les vélos les plus solides. J’ai entendu des opinions diverses sur la nécessité de laisser le vélo à l’extérieur ou à l’intérieur pour diminuer les dommages et personnellement je préfère le garder à l’intérieur. Un vélo qui reste à l’extérieur l’été mange toute une claque, je ne vois pas quelle magie se passerait l’hiver pour garder le vélo en bon état.

De loin le meilleur truc que j’ai trouvé est de rincer le vélo à la fin de mes balades de la journée. L’année dernière quand j’y ai pensé la première fois j’ai carrément amené le vélo dans le bain pour le rincer, mais c’était peu pratique et les murs de la douche se retrouvaient pleins d »huile à chaîne. Solution nettement plus pratique: je remplis un récipient avec un peu d’eau chaude et je rince les parties clés du vélo: chaîne, plateaux de vitesse, freins. C’est magique et ça a permis que mon vélo de l’année dernière survive pour être encore utile cette année, une première!
5. Est-ce que tu t’habitues vite à voir ton compte de banque monter avec toutes les dépenses que tu évites?

Heureusement, non. La magie opère à chaque semaine!

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Oink oink!

Conclusion

Le vélo d’hiver prend un minimum d’organisation et rend la vie nettement plus intéressante, aucune raison d’en avoir peur!

Guillaume

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1 Comment

Simon de Magog novembre 30, 2016 at 11:00

Est-ce qu’il fait froid? Non. Il n’y a pas de mauvaises températures. Il n’y a que de mauvais habits. Personnellement, j’ai une grille pour savoir quoi porter selon le degré à l’extérieur. Je ne porte jamais de manteau d’hivers, même pas il y a deux ans dans les -30!

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