Nutrition

Mon expérience avec le jeûne de 24h

posted by Paléo Québec mai 7, 2018 0 comments

Bonjour, groupe! Le moindrement que vous suiviez un peu l’actualité ou si vous êtes actifs sur Facebook, vous avec sûrement aperçu un article (ou plusieurs!) qui parle du jeûne, ou le fait de ne pas manger pendant une période de temps donnée.

Il existe plusieurs types de jeûne, le plus connu étant possiblement le « jeûne intermittent », également appelé « fenêtre d’alimentation restreinte », qui consiste à ne pas consommer de calories dans une période de temps donnée environnant 16h, selon les protocoles.

Toutefois, certains spécialistes vont jusqu’à suggérer des périodes de 24h consécutives de jeûne. VINGT-QUATRE HEURES SANS MANGER, vous dites? COMMENT EST-CE POSSIBLE?

Mon expérience avec un jeûne de 24h

Depuis un mois, je tente l’expérience de périodes de jeûnes de 24h au rythme d’une fois par semaine. Cela a commencé d’une manière assez stupide… je n’avais simplement plus de nourriture pour déjeuner ou dîner! Je me suis dit que plutôt que de stresser pour acquérir de la nourriture, j’allais simplement essayer de ne pas manger jusqu’au souper du lendemain. Ma famille et mes amis me connaissent comme quelqu’un qui est capable de se goinfrer et qui blague régulièrement sur le fait qu’il devient désagréable lorsqu’il en mange pas. Ce qui est vrai, ne vous détrompez pas. Est-ce que j’allais survivre à 24h?

J’avais déjà essayé quelques périodes de jeûne intermittent de 16h, et j’avais toléré avec une relative facilité cette période d’alimentation restreinte. J’ai donc entamé ma première journée expérimentale et, à ma grande surprise, cela n’a pas été aussi pénible que j’anticipais. J’ai eu quelques pics de faim à des heures où j’aurais mangé normalement (au déjeuner et à l’heure du midi),  mais dès que j’étais dans l’action au travail, je ne me rendais pas compte que j’avais faim.

Mon autre moment de faim a été vers le début de la soirée, où approchait la fin de mon 24h – et ce n’étais pas une faim de loup d’un estomac qui gargouille à en réveiller la savane africaine. C’était un petit sentiment de faim, le genre que l’on peut ignorer quand on sait que le souper approche. J’ai mangé par principe, mais j’aurais pu continuer l’expérience.

J’ai donc appris que je pouvais me passer de nourriture pendant 24h. Je n’allais pas en mourir, je n’allais même pas souffrir tant que ça! J’ai même économisé un peu de temps sur la préparation et la consommation de mes repas. Toutefois, je ne me suis pas entraîné intensément – ou bien je ne m’entraînais pas, au plus je faisais des séances d’étirements de 45 minutes.

J’ai re-tenté l’expérience une fois par semaine depuis un mois. À chaque fois, j’ai évité les séances d’entraînement intenses. La faim est devenue de plus en plus tolérable à chaque fois.

Si vous êtes familiers avec Precision Nutrition, son président John Berardi (Ph.D. en nutrition) raconte son histoire de tentatives de jeûnes de 24h à raison d’une fois par semaine. Il désirait perdre du poids, ce qu’il a réussi à faire de façon entièrement tolérable grâce à ce protocole.

Et que dit la science sur le sujet du jeune?

La littérature rapporte plein de bénéfices de jeûne… sur les animaux. Ces derniers sont un peu plus faciles à étudier dans ce contexte que des humains, mais les bénéfices sont potentiellement moins transférables. Toutefois, une revue de littérature a répertorié quelques études où des humains jeûnaient pendant des périodes avoisinant des 24h.

Entre la souris et l'homme, il y a un pas!

souris jeûne intermittent

Il y avait peu de sujets dans ces trois études et leur durée était limitée (1 jour, 2 semaines, 3 semaines) mais en moyenne, les sujets ont perdu du poids (2.5%) et les chercheurs ont observé plusieurs améliorations de marqueurs sanguins comme la glycémie, le taux de triglycérides et le cholestérol. Ces résultats sont intéressants, mais sans intervention structurée, je me questionne si la perte de poids ne pourrait pas être dûe à une perte d’eau (car le corps utilise plus de glycogène, ce qui retient habituellement l’eau).

Un jeûne suffisamment long semble aussi efficace qu’une simple restriction calorique pour améliorer la glycémie chez des diabétiques de type 2 (lien), pour diminuer le stress oxidatif (lien), pour améliorer l’autophagie (le recyclage de nos cellules) (lien), pour diminuer les marqueurs d’inflammation (lien), diminue les symptômes de la chimiothérapie (lien). Jeûner pourrait même avoir le potentiel d’améliorer les capacités regénératives des cellules souches, chez des animaux (lien).

Malheureusement, le jeûne est globalement peu étudié, ce qui fait qu’il est dur de conclure de façon définitive que le jeûne apporte des bienfaits à la santé chez l’être humain autres que la perte de poids.

Et devinez quoi? Jeûner n’est pas la seule façon de perdre du poids! Le corps humain va perdre du poids en situation de restriction calorique – si cette restriction est légère (restriction constante) ou se fait en jeûnant (restriction plus intense). Que vous jeûniez ou non, que vous mangiez riche en glucides ou riche en gras, ce n’est pas grave – ce qui est important, c’est que la personne qui veuille perdre du poids trouve une approche à laquelle elle peut adhérer.

Vas-tu continuer à jeûner, Vincent?

Question légitime! Pour chaque intervention que l’on veut faire, il faut se poser la question : est-ce que cette intervention me permettra d’atteindre mes objectifs?

Je n’ai pas de problèmes de santé particuliers. Je n’ai donc pas de raison de jeûner par périodes de 24h, car les bénéfices ne semblent pas très importants et très garantis (pour l’instant).

Je n’ai pas particulièrement de poids à perdre. Cependant, à 195 livres et à un pourcentage de gras oscillant entre 10 et 12%, cela représente environ une vingtaine de livre de masse adipeuse. C’est personnellement un poids avec lequel je me sens à l’aise et que je suis capable de maintenir sans trop d’efforts… mais dans quelques semaines, nous avons une compétition amicale au gym – et j’ai tout intérêt à maigrir un petit peu pour l’occasion, ce qui me rendrait proportionnellement plus puissant à chaque répétition.

vincent paleo quebec hamfit

Dem quads!

C’est une approche que je trouve pratique, car elle permet de sauver du temps. Je la trouve personnellement plus facile à adopter qu’une approche de restriction calorique où je ne mangerais que quelques centaines de calories – je préfère que cela soit tout ou rien! J’ai aussi appris que je pouvais me passer de nourriture pendant un bout de temps – ce qui fait que je n’aurai pas peur, si jamais je me trouve dans une situation ou je n’ai pas accès à de la nourriture de qualité, de m’en passer.

Sans suggérer à tout le monde d’essayer, si vous tentez l’expérience, vous pourriez être surpris de votre réaction!

 

Vincent

 

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