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Pourquoi je n’aime pas les plans alimentaires

posted by Paléo Québec novembre 27, 2018 0 comments

Les plans alimentaires sont à la mode! Il ne sort pas un livre de nutrition, d’alimentation ou de style de vie qui ne soit pas assorti d’un plan alimentaire qui vous promet d’accomplir vos rêves les plus fous, que ce soit d’entrevoir vos abdominaux ou de sortir avec Brad Pitt.

Toutefois, je ne suis pas un grand amateur de plans alimentaires. Pourquoi?

Le plan alimentaire moyen est rigide. La vie, non.

Si seulement la vie était aussi sympa que Jason Momoa.

De par mon travail, j’ai un horaire qui est variable de semaine en semaine. D’établir une routine qui serait toujours la même de semaine en semaine relèverait du miracle. Oui, j’aime faire mon épicerie le samedi et cuisiner le dimanche, mais devinez-quoi, ça n’arrivera pas à toutes les semaines! Je n’ose pas imaginer les parents qui ont des enfants et qui doivent gérer les activités de tout le monde.

Un général prusse du nom de Helmuth van Moltke a déjà dit, grosso modo, « Aucun plan de bataille ne survit au contact avec l’ennemi ». Je ne doute pas qu’un plan alimentaire est rédigé avec la meilleure des intentions, et que la personne qui doit le suivre a également la meilleure des intentions de le suivre, mais à moins que le plan soit doté d’une certaine flexibilité, il ne survivra pas à la vie quotidienne. Ce qui m’amène à mon point suivant…

Un plan alimentaire est un excellent moyen de devenir neurotique

Charlie Brown qui suit un plan alimentaire.

Plusieurs personnes m’ont déjà demandé un plan alimentaire et j’ai presque systématiquement refusé, un peu comme ceux qui se proposent de vérifier leur apport calorique quotidien, d’ailleurs.

Pourquoi? Parce que le plan alimentaire peut être interprété comme un dogme à suivre duquel il ne faut pas déroger. Si on en déroge (ce qui va systématiquement arriver, voir point #1), nous sommes obligatoirement en situation d’échec. Imaginez le dialogue interne de quelqu’un qui échoue à suivre son plan de se faire un souper maison et qui prend une option de restauration rapide à la place.

« J’aurais dû être mieux préparé ».

« Je suis tombé dans la facilité. »

« Je suis vraiment mauvais. »

« Je me sens vraiment coupable. »

« Puisque j’ai triché, autant tricher plus, j’ai déjà échoué ».

Si vous travaillez un peu dans la formation ou l’éducation, vous savez qu’on essaie d’éviter de placer nos apprenants en situation d’échec. Alors pourquoi mettre quelqu’un en situation presque garantie d’échec – et potentiellement de dialogue interne négatif –  en lui mettant un plan alimentaire dans les pattes?

Un plan alimentaire ne développe pas, ou peu, d’habiletés
Plan alimentaire trump

Sans commentaire!

La mode actuelle est forte sur le développement personnel. « Comment devenir une meilleure personne », « penser en mode croissance », et tout ça. Ce courant a vraiment beaucoup de bons côtés, même s’il a son lot de parasites (ne me partez pas sur les « coaches de vie », s’il-vous-plaît » !). L’amélioration de la santé physique a sa place dans le développement personnel des gens, mais je ne crois pas qu’un plan alimentaire est le meilleur outil pour le faire.

Si vous êtes en mode « développement personnel », un de vos objectifs devrait être de modifier vos comportements, parce que devinez quoi? Si vous adoptez les bons comportements, inévitablement, les bons résultats vont suivre. Un de ces comportements est d’être axé sur l’apprentissage de nouveaux talents et de nouvelles aptitudes.

Or, quelle aptitude développe-t-on à suivre un plan alimentaire? L’aptitude majeure est… d’apprendre à suivre un plan alimentaire.

Qu’arrive-il si le plan alimentaire cesse de répondre à nos besoins et à nos objectifs? S’il n’était pas adéquat au départ? S’il nous déplaît? On a investi du temps, et probablement de l’argent, pour rien.

Rendons à César ce qui appartient à César – peut-être que quelqu’un peut suivre un plan alimentaire et apprendre des recettes, des aptitudes en cuisine, apprendre à faire du « meal prep » – mais dans un cadre généralement rigide, qui peut ou peut ne pas se prêter à développer la flexibilité nécessaire à la vraie vie, le transfert d’apprentissages risque d’être pauvre.

Ok, tu proposes quoi à la place d’un plan alimentaire?

Bon, dire que certains plans alimentaires sont inadéquats, c’est une chose, mais il faut être prêt à offrir une alternative. Le problème est que l’alternative n’est pas aussi facile à suivre qu’un plan alimentaire.

1. Cherchez à améliorer vos connaissances en alimentation

Plutôt que de suivre un plan sans chercher à comprendre pourquoi… il faut chercher à comprendre « pourquoi ».

La science de la nutrition est jeune et contradictoire. Certains éléments sont toutefois grosso modo factuels. Par exemple, les macronutriments (glucides, lipides et protéines) ont des valeurs caloriques établies. Les glucides valent 4 calories par grammes, les lipides 9 calories, les protéines 4 calories (mais sont plus satiétantes que les 2 autres macronutriments). À partir de ces connaissances, vous pourriez par exemple chercher à répondre aux questions suivantes :

  • Une portion d’un de ces macronutriments représente quel volume, ou quel poids, environ?
  • Ces portions sont-elles adaptées à ma réalité et mes objectifs? (perte de poids, gain de masse, volume et intensité d’activité physique, etc.)
  • Les aliments que je mange couramment sont composés de quels types de macronutriments?
  • Est-ce que les aliments transformés contiennent plus ou moins de ces macronutriments?

Si vous savez ce que vous vous mettez dans la bouche, vous avez une longueur d’avance, que vous mangiez un repas maison ou au restaurant.

2. Cherchez à améliorer vos connaissances de vous-même.

« Se connaître soi-même? Vincent, tu commences à sonner comme un coach de vie! », vous dites-vous. Wô! Je fais référence à la glorieuse inconscience qu’ont les gens d’eux-mêmes. Posez-vous la question…

  • Est-ce que j’ai des déclencheurs d’envie de manger qui ne sont pas dûes à la faim? (ennui, soif, stress, émotions?)
  • Est-ce que j’ai un style de vie qui me prédispose à avoir un comportement alimentaire non optimal? (ex. un travail ou des obligations qui forcent à manger extrêmement rapidement)
  • Est-ce que j’ai un style de vie compatible avec ce que je mange (ex. pratique d’activités physiques très intenses qui nécessitent un peu de glucides pour bien récupérer et performer).

Si vous vous connaissez vous-même, faire le choix approprié selon la situation devient beaucoup plus facile.

 

Le plan alimentaire : un outil, pas un style de vie

Bref, vous avez pu constater que je ne suis pas un grand fan de plans alimentaires. Ils peuvent être utiles pour les gens qui ont le mode de vie et la discipline compatibles avec les plans, mais pour la plupart des gens, il est préférable d’investir du temps pour obtenir les connaissances et la flexibilité nécessaires pour développer des habitudes alimentaires qui s’accordent avec notre mode de vie.

L’alimentation est un facteur non négligeable de la santé, mais souvenez-vous : avec les bons comportements, les résultats sont inévitables.

Vincent

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